Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Un an après le premier confinement : retour sur une année noire pour le tourisme

C’était il y a un an, la France débutait son premier confinement et le secteur du voyage se trouvait brutalement mis à l’arrêt. Une crise d’une violence inédite que les pros du tourisme traversent, jour après jour. A l’occasion de ce triste anniversaire, L’Echo touristique revient sur ces 12 mois qui resteront gravés à jamais dans les mémoires.

Janvier 2020 : Wuhan est placée en quarantaine, l’inquiétude grandit

Avec stupeur, le monde voit Wuhan se mettre sous cloche le 23 janvier. Pour essayer de contenir la propagation de celui qu’on appelle encore « le virus chinois », les autorités décident de suspendre tous les moyens de transport dans la ville. Plus personne n’est autorisé à quitter Wuhan. Suite à cette décision, le Quai d’Orsay recommande de reporter tout déplacement dans la région. Plusieurs pays mettent en place des contrôles dans les aéroports. La vitesse de propagation du virus inquiète. En quelques jours, il atteint plusieurs continents. Le 30 janvier, l’OMS déclare que l’épidémie est une urgence de santé publique de portée internationale.

Début mars : le Quai d’Orsay recommande de différer les déplacements à l’étranger

Alors que les recommandations portaient jusqu’alors sur les seuls pays les plus touchés par l’épidémie, le Quai d’Orsay invite au début du mois de mars 2020 à différer l’ensemble des “déplacements à l’étranger, dans toute la mesure du possible”. C’est un coup de tonnerre pour l’industrie du tourisme, les cellules de crise se multiplient chez les pros du secteur. Le ministère de l’Education nationale prend de son côté la décision de suspendre tous les voyages scolaires à l’étranger, et d’interrompre ceux en cours. Les voyages prévus en France vers les zones de “cluster” sont également suspendus. Autres coups de semonce : le 4 mars, Israël interdit l’entrée de son territoire aux voyageurs français. Il s’agit du premier pays à leur fermer ses frontières. Quelques jours plus tard, Donald Trump prendra la décision de suspendre pour trente jours de l’entrée aux Etats-Unis de tout étranger ayant séjourné en Europe afin d’endiguer la pandémie de nouveau coronavirus. « C’est de là qu’arrivent les cas. Pour dire les choses clairement, l’Europe est la nouvelle Chine », déclare alors l’ex-président des Etats-Unis.

17 mars : la France se confine

A 12h00 précise le mardi 17 mars, la France se confine. Au même moment entre en vigueur la fermeture des frontières à l’entrée de l’Union européenne et de l’espace Schengen, décision prise en commun par les pays membres de l’UE (leur réouverture se fera de façon nettement moins concertée). Conséquence de cette mesure : les pros et le gouvernement organisent le rapatriement d’environ 130 000 Français ; le Seto prolonge sa recommandation de reporter les voyages jusqu’au 30 avril. Lors de son intervention, le chef de l’Etat annonce que les taxis et les hôtels pourront être “mobilisés” pour les déplacements et l’hébergement des soignants. Un nouveau train de mesures pour aider les entreprises est annoncé et avec notamment le Prêt Garanti par l’Etat (PGE) et l’élargissement du chômage partiel.

Témoignage : Ce que nous vivons est d’une extrême violence

25 mars : l’ordonnance sur les avoirs dans le voyage

Alors que le secteur du voyage est très durement impacté, c’est une « course contre la montre » qui s’engage pour soutenir les entreprises du secteur. Avec l’objectif d’éviter des faillites en cascade, le gouvernement publie le 25 mars l’ordonnance n° 2020-315 sur les avoirs dans le voyage (disponible ici), qui couvre les annulations de contrat du 1er mars au septembre 2020. Les Entreprises du Voyage (EdV) avaient déjà anticipé en demandant aux agences d’émettre des avoirs, sans attendre l’ordonnance. Une ordonnance qui sera attaquée en juillet par l’association UFC-Que Choisir devant le Conseil d’Etat. L’association sera déboutée.

Témoignage : « On oublie trop souvent les guides conférenciers »

11 mai : un déconfinement progressif

Après un mois et 25 jours de confinement, la mesure sanitaire est levée progressivement, certaines restrictions demeurent. Des zones rouges et vertes sont établies, qui conditionnent la reprise de certaines activités, comme les cafés et les restaurants. Les Français ne peuvent se déplacer dans un rayon supérieur à 100 km. Mais déjà, le sujet des vacances d’été est dans toutes les têtes. En témoigne la reprise immédiate des réservations lors de l’allocution d’Edouard Philippe, alors Premier ministre, le 2 juin. Reste que les vacances d’été s’annoncent très franco-françaises et les chèques cadeaux et autres bons vacances se multiplient un peu partout dans l’Hexagone pour séduire les touristes de proximité. Les pros planchent sur leurs protocoles sanitaires pour rassurer et tentent de sauver la saison.

Lire aussi : Vacances d’été : « la reprise du tourisme ne pourra être que concentrique » en France

Témoignage : Nicolas Dayot (FNHPA) : « Pour les campings, cette saison, ce sera quitte ou double »

15 juin : réouverture des frontières intérieures de l’Europe

Le sujet est épineux et suscite de vives tensions au sein des Etats membres. Le 15 juin, les Européens retrouvent la possibilité de voyager plus facilement d’un pays à l’autre. Mais pas encore partout, et, parfois, sous certaines conditions. L’UE lance un site pour informer les voyageurs. Au final, l’ouverture des frontières internes à l’UE se fait en ordre dispersé, certains pays tentant de prendre les devants le plus rapidement possible, espérant relancer un secteur vital pour leur économie. La réouverture des frontières aux voyageurs en provenance des pays hors de l’UE sème aussi la pagaille. Le 1er juillet, l’UE rouvre ses frontières à 15 pays… dont certains refusent toujours les voyageurs étrangers. Le début d’une longue cacophonie que les professionnels du secteur dénonceront à de multiples reprises.

Lire aussi : ÉDITO. Réouverture des frontières : une cacophonie qui dépasse les bornes

Témoignage : « Faire l’impasse sur l’été serait catastrophique »

26 juillet : Jean-Baptiste Lemoyne reste secrétaire d’Etat au Tourisme

Les pros du secteur gardent le même interlocuteur. Après un long suspens, Jean-Baptiste reprend finalement les commandes du tourisme dans le nouveau gouvernement Castex. Le Premier ministre qui avait d’ailleurs érigé le tourisme en priorité nationale lors de sa déclaration de politique générale le 15 juillet. « Nous veillerons à soutenir les secteurs les plus touchés par la crise, notamment le tourisme, le sport et la culture », a-t-il assuré dans ce discours ponctué 14 fois du mot « relance »… Pour les pros et les voyageurs, l’été sera marqué par la galère des tests PCR requis pour se rendre dans certains pays, alors que les labos sont à cette époque saturés. L’été est aussi marqué par les annonces de plans sociaux d’envergure chez des géants du secteur, comme celui de TUI ou d’Accor. Le voyage d’affaires souffre aussi gravement, comme en témoignera le plan social d’Egencia. Dans les agences aussi, des pros sont contraints de faire leurs cartons.

Interview : Covid-19 : JB Lemoyne répond à L’Echo touristique, DeplacementsPros.com et TOM.travel

Automne : le retour des restrictions

Les restrictions de voyage et les fermetures de frontières se multiplient dans le monde face à la recrudescence de l’épidémie. Plusieurs pays en Europe reconfinent, les espoirs de reprise s’amenuisent pour l’industrie touristique, l’OMT qualifie 2020 de « pire année dans l’Histoire du Tourisme« , avec une chute de 74% des arrivées internationales.

30 octobre-2020-15 décembre : 2e confinement.

Un nouveau confinement est décrété dans l’Hexagone, plus souple que le précédent. Les restaurants doivent fermer leurs portes, les lieux culturels et les sites touristiques aussi. A partir du 15 décembre, le confinement est levé mais un couvre-feu reste en vigueur, à partir de 20h, ensuite avancé à 18h. Des reconfinements locaux seront annoncés en mars 2021. S’ils s’efforcent de la préparer, les professionnels de la montagne voient arriver avec inquiétude la nouvelle saison. Le 11 décembre, la décision est prise de ne pas démarrer les remontées mécaniques pour Noël, déclenchant une pluie d’annulations. La saison sera blanche.

Interview : J.-L. Boch (ANMSM) : « La moitié de l’écosystème montagne pourrait disparaître »

Mi-janvier 2021 : « les voyages non essentiels strictement et totalement déconseillés »

Le 16 janvier, le Quai d’Orsay déconseille les déplacements internationaux, sans les interdire. En raison de la propagation des variants, la septaine est imposée aux voyageurs venant des pays hors UE, un test PCR exigé aux voyageurs européens. Les voyages de/vers les pays hors espace européen et de/vers les Dom-Tom sont ensuite interdits, sauf raison impérieuse. Un peu partout dans le monde, les campagnes de vaccination démarrent, laissant espérer une sortie de crise, même si le chemin est encore long. La question du passeport vaccinal ou passeport sanitaire se pose avec de plus en plus d’insistance, en France, les professionnels du secteur réclament un certificat sanitaire sur le modèle du Danemark. Certaines destinations, comme les Seychelles ou plus tard l’Islande, lèvent les obligations de quarantaine et autres restrictions pour les voyageurs vaccinés. Mais pour l’OMS, l’immunité collective ne sera pas atteinte avant la fin de l’année. La patience reste de rigueur.

A lire aussi : Emmanuel Macron évoque un pass sanitaire

Mars 2021 : vers un nouvel été tricolore ou européen

L’UE planche sur un certificat sanitaire européen qu’elle espère pouvoir déployer avant juin pour sauver la saison estivale. En concertation avec les organisations du secteur, le gouvernement prépare un plan de réouverture en 3 phases des cafés et des restaurants. Aucune date précise n’est encore donnée, mais l’on sait déjà que la reprise d’activité sera soumise à deux indicateurs, le nombre de cas de contamination par jour et le nombre de personnes vaccinées. La première phase concernerait les restaurants d’hôtels et autoriserait leurs clients à prendre leur petit déjeuner dans la salle de restauration. La seconde phase serait marquée par l’ouverture des terrasses des cafés et des restaurants ainsi que de leurs salles à l’intérieur de l’établissement dans la limite de 50% de leur capacité d’accueil (y compris pour les restaurants d’hôtel). La 3e phase serait un retour à la situation d’octobre dernier et une ouverture compète des établissements sans jauge mais toujours dans le respect toujours du protocole sanitaire renforcé, détaille l’Umih.

En ligne de mire désormais, une saison estivale qui s’annonce à nouveau tricolore

Laisser un commentaire

Dans la même rubrique