Elle a un profil atypique, et de nombreuses passions. Guide conférencière, Chloé Cazaux Grandpierre est aussi VTCiste, diplômée en œnologie et Saké sommelière… La jeune entrepreneuse a fondé Chloé&Wines en 2013, une micro-entreprise devenue Sarl en 2017. Chloé&Wines propose des tours axés notamment sur le vin, le terroir et la gastronomie dans le Sud-Ouest. Sollicitée pour son expertise en la matière, la jeune femme donne aussi des cours dans des écoles spécialisées en œnotourisme, vins et spiritueux. Un agenda bien rempli habituellement donc, mais ces dernières semaines, son carnet de commandes s’est vidé au fil des mesures prises par les différents pays pour faire face au Covid-19. Habituellement, 95% de sa clientèle est américaine, les 5% restant sont des voyageurs en provenance de Hong Kong ou Singapour. Ce sont donc des vagues d’annulations qu’à dû essuyer Chloé Cazaux Grandpierre depuis plusieurs semaines. “J’ai un peu de quoi tenir. Mais j’ai aussi beaucoup de tours réservés en direct, pour lequel on me demande un remboursement… J’ai utilisé tous les leviers mis en place par l’Etat. J’ai notamment demandé la suspension de mon prêt pour mon véhicule VTC, ce qui a été accepté par ma banque, pour ne pas grever ma trésorerie.” Sa polyvalence lui est d’une aide précieuse pour traverser cette violente crise. “Je pense avoir les moyens de tenir grâce aux cours. Sans cela et sans les aides de l’Etat, je n’aurais pas tenu”, affirme-t-elle. “Pour ma part, j’ai pris le parti de rembourser les clients qui le demandaient, ajoute-t-elle. Et 99% me l’ont demandé... Les propositions du gouvernement (sur les avoirs, ndlr) sont très intéressantes, mais elles n’incluent pas le transport. Or moi, par exemple, étant guide et VTC, quand je facture, je facture les deux prestations ensemble…."
Le "dernier maillon" de la chaîne
Mais au-delà de son cas personnel, c’est sur la situation de l’ensemble de la profession que Chloé Cazaux Grandpierre veut alerter. Également vice-présidente de l'Association des Guides de Nouvelle-Aquitaine, la jeune femme dépeint en effet un tableau inquiétant. “Pour tous les guides conférenciers qui sont en auto ou micro-entreprise, c’est très complexe. Ils n’ont pas le droit au chômage. Pour certains, la situation est critique." "Depuis plusieurs années, notre profession de guide conférencier est mise à rude épreuve, souligne un communiqué rédigé par l’association. Nous sommes en très grande majorité des indépendants ayant une activité relativement saisonnière et nous sommes souvent le dernier maillon de la chaîne." Autant dire que ces dernières semaines ont été rudes pour les professionnels qui ont vu leur activité se réduire progressivement à peau de chagrin. “Un questionnaire a été envoyé à nos membres* pour connaître leur situation et le nombre d’heures annulées sur mars, avril et mai. Les premiers chiffres sont désastreux, et ils ne comptent que les heures confirmées, et non les demandes de dernières minute que nous n’avons jamais reçues au regard de la situation, mais qui sont légion en temps normal. Difficile donc de mettre un chiffre réel sur la situation.” En mars, le nombre d’heures annulées s’élève à 1456, il grimpe à 3035,5 pour avril et déjà 1993 pour mai.
