Surtourisme : le Parc des Écrins resserre les règles du bivouac
Les règles entourant le bivouac changent dans le Parc national des Écrins, en vertu d’un nouvel arrêté. Le directeur se réserve le droit d’établir des quotas.
Cette photo d’ouverture, postée par Samuel Sempe, directeur par intérim du Parc national des Écrins, avait fait le buzz sur les réseaux sociaux. On dénombrait environ 215 tentes en bivouac en simultané près du Lac de la Muzelle (les Deux-Alpes). Il s’agissait d’une « fréquentation inédite », reconnaissait Samuel Sempe, en cet unique week-end de trois jours de l’été 2025.
Cet exemple illustre un grand défi pour les acteurs qui accueillent les visiteurs l’été et pose de nombreuses questions. Comment faire pour sensibiliser, réguler, voire réprimer ? Avec un objectif évident : préserver les sites naturels, tout en permettant leur découverte.
Une pratique encadrée du bivouac
Le Parc national des Écrins vient d’apporter sa réponse à travers un arrêté du 16 juin 2026. Le site s’engage à « maintenir » la pratique du bivouac « tout en veillant à ce qu’elle reste compatible avec la préservation des patrimoines naturels exceptionnels qui fondent sa mission », précise-t-il.
Le respect de la tranquillité des sites pour les usagers est également recherché, alors que le bivouac se développe. Sur certains sites emblématiques, le parc observe un doublement du nombre de tentes observé entre 2021 et 2025 sur plusieurs secteurs de référence.
« Cet arrêté n’est pas un texte d’interdiction, souligne Samuel Sempe. C’est un outil de protection et de clarification pour garantir que la montagne reste un espace partagé, où la tranquillité de la faune sauvage et la fragilité des milieux sont pleinement respectées. »
Rappel des modalités du bivouac
Dans une démarche pédagogique, le nouvel arrêté rappelle les grands principes pour les pratiquants. Il précise notamment la définition du bivouac, en distinguant cette pratique du campement, interdit dans le cœur du parc national.
Le texte rappelle également les principes du bivouac : installation après 19h, démontage avant 9h, caractère itinérant de la pratique. Et bien sûr, limitation à une seule nuit sur un même site. Enfin, les tentes devant rester « à plus d’une heure des limites du cœur de parc ou des parkings ».
La nouvelle réglementation établit aussi des limitations. Sur les rives des lacs du Lauvitel et de la Muzelle, le bivouac s’avère « interdit à moins de 500 mètres du bord du lac à l’exception des zones dédiées au bivouac délimitées par une signalétique implantée sur ces sites », précise-t-elle.
Une ouverture sur les quotas et la réservation
Par ailleurs, l’article 5 précise que « le directeur du parc national peut, par décision particulière » « limiter le nombre maximal de bivouacs ou de tentes autorisés sur certains sites ». Ou encore qu’il peut « instaurer un dispositif de réservation préalable ou d’autorisation nominative ».
Ces deux options permettraient au site d’éviter que le scénario du 15 août 2025 ne se reproduise.
L’arrêté qui court sur trois pages vient d’entrer en vigueur. Il remplace celui de 2014, autrement plus sommaire (une page).