Le 28 février 2026, les frappes américano-israéliennes sur l’Iran déclenchent la plus grande paralysie de l’aviation civile régionale depuis des décennies. En quelques heures, les espaces aériens du Qatar, des Emirats arabes unis, de Bahreïn et du Koweït sont fermés. Les chiffres sont brutaux : au plus fort de la crise, Qatar Airways annule jusqu’à 93% de ses vols, Etihad près de 80%, Emirates plus de 54%. Quarante mille vols supprimés en trois semaines ; des dizaines de milliers de passagers bloqués entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe, sans recours juridique clair.
Neutraliser les risques
Cinq mois plus tard, les trois grandes compagnies opèrent de nouveau 90% de leur capacité d’avant-guerre. Mais la question n’est plus technique : elle est commerciale. Remettre des avions dans le ciel ne suffit pas à les remplir : c’est le défi de la confiance que les compagnies du Golfe affrontent aujourd’hui. La réponse la plus visible est d’abord venue d’Emirates. Le 17 juin, la compagnie a lancé sa Comprehensive Travel Cover, présentée comme la couverture voyage la plus complète jamais proposée par une compagnie aérienne. Elle intègre une protection contre les conflits armés – jusqu’à 25 000 dollars de frais médicaux – ainsi qu’une extension de séjour gratuite de 30 jours en cas de perturbation majeure. Le message est explicite : les passagers qui redoutent de se retrouver à nouveau bloqués disposent désormais d’un filet de sécurité, contractuellement garanti par la compagnie elle-même. Etihad a adopté une stratégie similaire : depuis le début du mois de juillet, et jusqu’en décembre 2026, tout passager international se rendant à Abu Dhabi bénéficie automatiquement d’une assurance médicale gratuite de quinze jours. L’initiative vise autant à rassurer les voyageurs qu’à soutenir l’attractivité touristique d’Abu Dhabi, durement affectée par la crise. Ces méthodes répondent à un vide juridique réel : contrairement aux passagers d’une compagnie européenne, ceux qui transitent par Dubaï ou Doha depuis un pays tiers ne bénéficient d’aucune protection obligatoire. Un déficit que les compagnies du Golfe tentent donc de combler avec des offres commerciales.


