ADN Tourisme : Christelle Chassagne donne une nouvelle impulsion et envisage un changement de nom
La nouvelle présidente d’ADN Tourisme, Christelle Chassagne, a partagé sa feuille de route pour les trois prochaines années.
Christelle Chassagne ne manque pas d’idées, et les partage déjà pour essayer d’embarquer son équipe et les adhérents d’ADN Tourisme. Pour mémoire, le conseil d’administration l’a élue présidente le 2 juillet.
Renforcer l’influence et le lobbying
La présidente du Comité régional du tourisme (CRT) de Nouvelle-Aquitaine, qui succède ainsi à Stéphane Villain, a organisé le 7 juillet une conférence de presse. Histoire de partager sa feuille de route, qu’elle détaillera lors des Rencontres du réseau les 1er et 2 octobre. Influer, outiller, animer et aider à la décision : c’est son quadruple mantra.
« Je souhaite que ce soit une fédération qui ne regarde pas passer les décisions, mais une fédération qui pèse dans les décisions », indique la présidente. Parmi ses sujets de prédilection figurent la révision du Code du tourisme mais aussi la taxe de séjour. « ADN doit embarquer tout l’écosystème face à un gouvernement qui veut remettre la main sur la taxe de séjour. » Une discussion qu’elle devrait engager aussi avec le ministre du Tourisme Serge Papin ou son équipe.
Une convention avec Atout France ?
Christelle Chassagne souhaite également finaliser le projet de convention avec Atout France. « C’est important d’envoyer un message où nous sommes alliés et non ennemis, alliés et non concurrents. De conforter les rôles de chacun, de bien redéfinir nos missions. »
« On se doit d’être la grande maison des destinations », a insisté Didier Leprince, le vice-président d’ADN Tourisme. Comprenez l’incarnation des offices de tourisme, des comités départementaux et régionaux du tourisme. À l’attention de tous ces adhérents, l’organisme compte développer de nouveaux services dont la formation, et ainsi générer des recettes complémentaires aux adhésions. Avec l’idée de rendre les destinations plus compétitives, en s’appuyant sur le partage de données, de connaissances et de partenariats. C’est un défi, à l’heure où certaines structures se transforment, se regroupent ou disparaissent.
« Nous devons nous réveiller. La destination France est en danger. Sur les salons, regardez les investissements de l’Espagne et du Maroc. (…) L’Espagne est un exemple majeur d’une destination avec une remontée du rapport qualité prix et des expériences de plus en plus positives. »
Une équipe resserrée
Si elle ne manque donc pas d’ambitions, la nouvelle présidente devra composer avec des moyens resserrés et un changement de direction. Christophe Marchais, l’actuel directeur général adjoint, quitte ses fonctions dans quelques mois, tout comme le directeur général par intérim Marc Richet. ADN cherche désormais un directeur général, la fiche sera bientôt publiée. Christophe Marchais ne sera donc pas remplacé. Les équipes en place (18 salariés) hériteront de certains dossiers.
Pour mener à bien leurs missions, Christelle Chassagne compte également s’appuyer sur de nouveaux relais départementaux ou régionaux.
Des relais bénévoles ? Oui, répondent-ils en choeur. « Nous sommes tous bénévoles, souligne-t-elle. Qu’on ne me parle pas de cumul des mandats. Le fait qu’il n’y ait pas d’indemnités témoigne d’ailleurs de notre engagement. »
Une « maison des destinations »
« Il faut qu’on rende plus visible et plus lisible la fédération », martèle la dirigeante, qui souhaite aussi créer des ponts avec le secteur privé. Cette quête de reconnaissance et d’image devrait passer par un changement de nom, pour une appellation plus explicite auprès de ses différents publics : le grand public, le secteur institutionnel et privé, ainsi que le réseau.
La fédération s’appellera-t-elle la Maison des destinations, termes employés par Didier Leprince, par ailleurs président d’Aube en Champagne Attractivité ? Ou encore la Maison de la France ? Les paris sont ouverts pour cette fédération regroupant 1200 structures.
En attendant, la présidente compte rencontrer les candidats à la présidentielle à compter de décembre, et les inciter à mettre le tourisme au coeur de leurs programmes.