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Aéroports européens : Bruxelles et le secteur aérien cherchent une issue aux retards de l’EES

Afin d’endiguer les files d’attente liées au nouveau contrôle biométrique, la Commission européenne rencontre le secteur aérien ce mardi 7 juillet.

Ce mardi 7 juillet, les représentants de la Commission européenne et les acteurs du transport aérien se réunissent pour tenter de résoudre la congestion qui frappe les aéroports du continent. Au cœur des discussions : le système d’entrée et de sortie (EES) de l’Union européenne, dont les récents ratés logistiques font craindre une paralysie des terminaux durant la saison estivale.

Plus de cinq heures de queues pour le contrôle aux frontières

Le 1er juillet 2026, trois organisations majeures – l’Airports Council International (ACI) Europe, l’Airlines for Europe (A4E) et l’Association internationale du transport aérien (IATA) – ont adressé une lettre ouverte à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Les professionnels y décrivent une situation opérationnelle critique, avec des temps de passage aux frontières pouvant désormais atteindre jusqu’à cinq heures lors des pics d’affluence.

 « Les passagers ont déjà été contraints de faire la queue de longues heures à l’extérieur des terminaux et sur des aires de stationnement, car les services de contrôle aux frontières ne parviennent pas à traiter les arrivées assez rapidement », déplorent les signataires.

Alors que les mois de juillet et d’août draineront environ quarante millions de passagers supplémentaires par rapport au printemps, les compagnies et les exploitants aéroportuaires demandent l’instauration d’un mécanisme de sauvegarde. Ils exigent de pouvoir suspendre temporairement l’EES en cas de saturation des infrastructures, afin de revenir provisoirement aux contrôles manuels prévus par le code frontières Schengen.

Engorgement massif

Les causes de cet engorgement massif sont multiples. Pourtant en préparation depuis une décennie, l’EES souffre d’une accumulation de bugs techniques, de retards de mise en œuvre et d’évaluations erronées. En pratique, l’enregistrement de chaque passager prend 90 secondes au lieu des 70 prévues. Un retard d’autant plus problématique que les aéroports manquent souvent d’espace pour installer des bornes biométriques supplémentaires, dont certaines ne sont toujours pas opérationnelles. Les systèmes informatiques nationaux, particulièrement en France, peinent à se connecter de manière fiable à la base de données européenne. Enfin, l’application mobile de pré-enregistrement, conçue pour faire gagner du temps aux voyageurs, reste incomplète et n’est pour l’instant disponible qu’en Suède et au Portugal.

Dans un premier temps, les autorités européennes ont minimisé ces dysfonctionnements. La Commission imputait la formation des files d’attente à des facteurs externes, pointant notamment la concentration des vols sur des créneaux trop restreints par les compagnies aériennes. L’institution rappelait également le bilan sécuritaire de la mesure : plus de 108 millions de personnes enregistrées sans incident et près de 44 000 refus d’entrée prononcés, majoritairement faute de « motif valable » justifiant le séjour.

« Il y a encore beaucoup à faire »

Toutefois, la perspective d’une détérioration durable des conditions de voyage a contraint l’exécutif européen à revoir sa copie. Vendredi dernier, lors d’un déplacement en Irlande, Ursula von der Leyen a publiquement reconnu les limites actuelles du dispositif. Admettant qu’il y avait encore « beaucoup à faire » pour résorber ces files d’attente, la dirigeante a souhaité rassurer l’industrie. « Nous travaillons avec les États membres pour que ces problèmes techniques soient résolus », a-t-elle déclaré, marquant ainsi une rupture avec le discours défensif des semaines précédentes.

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