Union Européenne : aéroports et compagnies exigent une révision du système EES avant l’été
Les représentants du secteur aérien européen anticipent des perturbations majeures pour la saison estivale 2026.
Dans une lettre commune adressée à Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures, l’ACI Europe, Airlines 4 Europe (A4E) et l’IATA mettent en garde Bruxelles. Selon eux, le déploiement actuel du système EES (Entry/Exit System) risque de provoquer de graves blocages cet été si aucune flexibilité n’est accordée. Ils demandent ainsi des aménagements immédiats, craignant une congestion des aéroports.
Quatre heures d’attente dans les aéroports
Les signataires évoquent un risque concret : des files d’attente aux frontières pouvant atteindre, voire dépasser, quatre heures durant les pics de trafic estivaux.
Le système EES, qui substitue l’enregistrement biométrique (visage et empreintes) aux tampons manuels pour les ressortissants de pays tiers, est partiellement opérationnel depuis octobre 2025. Alors que le dispositif ne concerne pour l’heure que 35 % des passagers visés, les temps de traitement aux frontières ont déjà considérablement augmenté. Des attentes allant jusqu’à deux heures sont rapportées dans certains hubs aéroportuaires.
C’est dans ce contexte tendu que doit intervenir la généralisation du système. Le calendrier actuel impose l’enregistrement de 100% des passagers éligibles dès le 10 avril 2026. Une échéance que les professionnels jugent irréaliste à l’approche de la haute saison, période où le trafic double traditionnellement en Europe.
Défaillances techniques
Les organisations pointent trois facteurs structurels. Elles soulignent d’abord l’insuffisance des effectifs de police aux frontières face à la lourdeur des nouvelles procédures biométriques. Et relèvent également des problèmes techniques persistants, affectant notamment les sas automatisés et les bornes d’enregistrement.
Enfin, selon les organisations, l’application mobile de pré-enregistrement conçue par Frontex ne remplit pas son rôle de fluidification. Son adoption par les États membres reste trop fragmentaire et son utilisation par les voyageurs marginale.
Demande de moratoire
Face à la réalité opérationnelle observée sur le terrain, qu’ils opposent à la perception des institutions européennes, les représentants du secteur formulent une exigence précise. Ils demandent à la Commission de garantir aux États membres la possibilité de suspendre, partiellement ou totalement, l’application de l’EES jusqu’à la fin octobre 2026.
Le règlement en vigueur prévoit la suppression progressive de ces mécanismes de flexibilité dès le début du mois de juillet. Une perspective inenvisageable pour ACI Europe, A4E et l’IATA, qui estiment que le maintien de ces mesures de suspension est indispensable pour éviter la paralysie des terminaux et préserver l’attractivité de la destination.
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