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Marie Rabaud, fondatrice de l’agence réceptive Oleaday : « Ce que nous vivons est d’une violence extrême »

Elle a créé son agence réceptive loisirs et MICE, basée en Corse, il y a deux ans et doit faire face, comme tous les acteurs du secteur, à une tempête sans précédent. Marie Rabaud raconte comment elle gère la crise du Covid-19.

Ca ne fait pas si longtemps que Marie Rabaud s’est lancée dans le secteur du tourisme. Oleaday est née de l’envie de changer de vie, après un solide parcours dans le secteur du luxe – Marie Rabaud a fait ses armes chez Christian Dior et Mouton-Rothschild notamment – où l’attendait sans doute une très belle carrière. Mais la jeune femme, diplômée d’une école de commerce et passée ensuite par l’Escaet, a eu envie d’autre chose. En 2018, elle lance Oleaday, agence réceptive basée à Bonifacio qui développe une offre loisirs et MICE en Corse et dans le sud de la France en s’appuyant sur un parti pris : se focaliser sur le tourisme hors-saison.

“C’est un créneau novateur, j’ai voulu prendre à contrepied l’offre actuelle, notamment dans un souci écologique, explique la jeune femme, qui croit aussi fermement au développement du tourisme de proximité. Plus qu’un voyage expérientiel, ce que je veux, c’est proposer des voyages transformationnels, en permettant à mes clients de faire des vraies rencontres, notamment avec les producteurs, car notre offre est très axée sur l’art de vivre et la transmission de savoir-faire. L’été, les producteurs locaux sont très occupés à vendre. Le reste de l’année, ils produisent, et ont plus de temps pour partager leur métier avec nos clients.” 

Ces derniers jours, Marie Rabaud prévoyait de lancer une campagne de crowdfunding destinée à porter le développement de son activité. Un projet qu’elle vient de décider de reporter, le temps de laisser passer la crise du Covid-19. En espérant pouvoir passer le cap. Comme pour tous les acteurs du secteur, le carnet de commandes fond à vue d’œil, les annulations s’accumulent. Mais la jeune femme veut se battre. “Il est hors de question de faire faillite, lance-t-elle. Je n’ai pas passé deux ans à monter tout ça pour plonger.” Et pour ça, elle active tous les leviers : demande de suspension de charges URSSAF, de prêt bancaire, du loyer… Sans avoir aucune certitude sur la suite qui sera donnée à ses demandes pour le moment. “J’ai également rempli le formulaire Urgence Covid de la Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi)”, ajoute-t-elle.

« D’un seul coup, l’électrocardiogramme est plat »

“Je dois reconnaître qu’on est entouré, assure Marie Rabaud. Aussi bien par les Entreprises du Voyage que par l’APST, qui communiquent quotidiennement et nous disent comment on doit procéder. Après, s’il faut reconnaître que le gouvernement a activé très rapidement certaines mesures, j’attends tout de même de voir leur concrétisation”.

Le coup de massue est d’autant plus rude que les affaires marchaient bien jusqu’à présent. “Il y a encore dix jours, c’était l’effervescence, les voyants étaient au vert, raconte la jeune femme. Nous avions rentré de très beaux projets. D’un seul coup, l’électrocardiogramme est plat. C’est d’une violence extrême pour de jeunes indépendants comme moi. Sur le MICE, les entreprises vont tellement souffrir qu’on risque de payer les pots cassés une fois que la crise du covid-19 sera passée.”

Encore a t-elle la possibilité de positionner davantage le curseur sur le loisir, marché sur lequel elle s’attend davantage à un effet rebond. “Je pense que les gens vont avoir envie de partir dès que ça sera à nouveau possible, mais pas trop loin. Je suis déjà en train de produire de nouvelles offres que je vais proposer à mes distributeurs. » Sur le loisirs, Oleaday distribue exclusivement son offre en ligne, via Copines de Voyage et Voyages Privé. La jeune femme espère aussi que les entreprises et les voyageurs pourront se montrer solidaires et reporter, plutôt que d’annuler. “Nous devons en tout cas gérer au cas par cas, souligne-t-elle. Je sais que je peux compter sur l’empathie et la fidélité de mes clients et que dans la mesure où cela leur sera possible, ils répondront présents. »

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