Croisière : on a testé Le Lapérouse de Ponant

Premier navire de la gamme des « Ponant Explorer », Le Lapérouse allie luxe discret et confort exceptionnel. Nous l'avons testé, dans le cadre du séminaire en mer organisé par Ponant en février 2026, entre Rotterdam (Pays-Bas) et Bergen (Norvège).

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Eglantine L’Haridon

Eglantine L’Haridon

15 mai 20268 min de lecture

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Le Lapérouse est l'un des six navires "Explorers" de la compagnie.© Ponant - Julien Fabro

On a testé Le Lapérouse, de Ponant Le Lapérouse est l'un des six navires "Explorers" de la compagnie. © Ponant - Julien Fabro

Navire de poche

Le Lapérouse compte 92 cabines, et peut accueillir jusqu’à 184 passagers – « mais en accueille rarement plus de 150 », nous précise-t-on à bord. De fait, « certaines cabines étant réservées par une seule personne, ou converties en suite ». S’il semblera imposant aux habitués du bateau Ponant, qui accueille depuis 2022 32 passagers par croisière, Le Lapérouse un navire de poche, comparé aux grands paquebots sortis de Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire ou au plus grand paquebot au monde (5 610 passagers).

Le bateau compte sept ponts, dont deux réservés aux 112 membres d’équipage. Il est doté d’une coque certifiée glace 1C, ainsi renforcée pour naviguer en toute sécurité dans des eaux froides jonchées de morceaux de glace.

Cap au Nord

Au cours de l’année, le Lapérouse passe des îles britanniques au fjords scandinaves. Il traverse la mer Egée ou descend l’océan Atlantique, pour relier les îles Canaries à Dakar (Sénégal). Grâce à son faible tirant d’eau, le navire se faufile là où les gros paquebots ne peuvent pas aller. C’est sur la mer du Nord que nous l’empruntons, entre Rotterdam (Pays-Bas) et Bergen (Norvège), lors d'un séminaire organisé par la compagnie.

Le navire se démarque par un charme confidentiel. Dès l’embarquement, l’équipage est aux petits soins. Une serviette humide nous est proposée, puis on nous accompagne à notre cabine.

Cuisine raffinée et intérieurs feutrés

Différents espaces communs permettent aux croisiéristes de se retrouver. De part et d’autre du pont numéro 3 se trouvent le théâtre qui, côté proue, accueille conférences et projections, et le grand salon Le Némo, vaste espace de 200 mètres carrés. Durant notre séminaire, le groupe naviguera entre les deux espaces – notamment au gré de la houle qui, en mer du Nord, ne pardonne pas.

Dans le grand salon, un bar sert, à toute heure de la journée, des boissons chaudes, alcoolisées ou non. Le Némo accueille également les lève-tôt avant l’ouverture du petit-déjeuner, les spectacles et soirées dansantes. Dans sa prolongation se trouve une terrasse, un grill extérieur et la piscine, chauffée. Entre Rotterdam et Bergen, rares seront les courageux à s’y aventurer.

On a testé Le Lapérouse, de Ponant La terrasse du pont numéro 3. © Eglantine L'Haridon

Au pont numéro 4 se trouve le restaurant Le Nautilus (70 couverts), où l'on prend tous les repas. Une terrasse permet également de manger à l’extérieur. Loin des buffets très diversifiés des navires de grande capacité, le restaurant de Ponant cultive cette atmosphère intimiste propre à la compagnie : service à table et buffet sont proposés, avec un menu différent à chaque repas.

Bar panoramique

L'offre culinaire suit le concept Ducasse Conseil, déployé sur l'ensemble de la flotte. Les plats sont ainsi préparés à partir de produits issus des marchés locaux, dans une démarche de tourisme durable.

Enfin, au pont numéro 6, le salon observatoire Jules Verne accueille les passagers qui aspirent au calme. Un bar y permet de se faire servir des boissons à toute heure de la journée, avec vue panoramique sur l’océan. Dans le cadre de notre séminaire, les passagers en profitent pour échanger et se rencontrer. Pour les estomacs les plus fragiles, prendre de la hauteur sur l’océan aide également à passer les moments les plus tempétueux.

On a testé Le Lapérouse, de Ponant Le salon observatoire Jules Verne. © Eglantine L'Haridon

Bien-être à bord

Au pont numéro 7 se trouvent les espaces de bien-être. Un sauna accueille les passagers durant la journée, qui peuvent également réserver des soins en tout genre (coupe, brushing, massages, manucures…) auprès des équipages dédiés. Sur place, tout est au rendez-vous pour passer un moment de détente : eau détox, thé, serviettes et fauteuils… On nous demandera même de ne pas y parler trop fort, pour préserver l’ambiance relaxante de l’espace.

On trouve également au pont numéro 7 une salle de fitness – sommaire, mais qui a le mérite d’exister. Les plus courageux – ou disciplinés – peuvent y profiter de plusieurs machines de cardio (tapis de course, rameur, vélo…), quelques tapis et quelques poids.  Sur les croisières les plus ensoleillées, les voyageurs peuvent franchir la porte du pont soleil, pour rejoindre le pont extérieur et ses chaises longues.

On a testé Le Lapérouse, de Ponant Le spa, au pont numéro 7. © Eglantine L'Haridon / © Ponant - Nick Rains

L'innovation : le salon "Blue Eye"

La star des Explorer, ce sont aussi les salons « Blue Eye », situés dans la coque des bateaux. Conçu en étroite collaboration avec l'architecte et membre de l'Académie française Jacques Rougerie, cet espace représente une authentique prouesse technique. Pour garantir une sécurité et une résistance absolument identiques à celles du reste du navire, le verre des hublots a été intégré dans une armature en acier, elle-même directement fusionnée à la structure de la coque.

Ce repaire confidentiel n'ouvre ses portes qu'en soirée. Les passagers peuvent alors s’y glisser et découvrir un bar intimiste, baigné d'une lumière bleutée. L'attraction principale réside dans ses deux hublots profilés en forme d'œil de cétacé, offrant une fenêtre directe sur fonds marins, illuminés par des projecteurs sous-marins non intrusifs. Un mur vidéo retransmet en direct le ballet aquatique capté par trois caméras extérieures.

Les passagers sont également invités à prendre place sur des canapés « Body Listening », qui vibrent au rythme des sons de l'océan, offrant une écoute presque sensorielle.

On a testé Le Lapérouse, de Ponant Le salon Blue Eye. © Ponant - Alexandre Moulard

Les cabines

Le Lapérouse propose sept catégories d'hébergement, des cabines balcon aux suites les plus exclusives. Les cabines balcon – déclinées en pont inférieur et pont supérieur – constituent l'entrée de gamme du navire, sans pour autant sacrifier au confort : baignées de lumière naturelle, elles prolongent l'espace intérieur sur un balcon privatif, idéal pour observer le passage des côtes ou le lever du soleil en mer. Y sont mis à disposition un mini-bar, un coffre-fort, peignoir et chaussons, sèche-cheveux, produits cosmétiques…

Signature esthétique

Les Suites Deluxe, Prestige et Privilège offrent des prestations progressivement plus généreuses, tant en superficie qu'en équipements. Au sommet de la hiérarchie trônent la Grande Suite et la Suite de l'Armateur, véritables appartements flottants, avec matériaux nobles et vue imprenable.

Dans tous les cas, la signature esthétique du navire reste cohérente : tons de bois clairs, touches de cuir blanc, mobilier soigné. Une atmosphère qui reflète l'identité même du Lapérouse – luxe sans ostentation, élégance sans démesure.

Le navire dispose d'une réception accessible en permanence, d'un centre médical et d'une passerelle de navigation dont la visite peut être organisée à la demande.

On a testé Le Lapérouse, de Ponant Une cabine "Prestige". © Ponant - Laure Patricot

Ce qu’on en pense

Le Lapérouse est incontestablement un superbe produit, pour les amateurs de voyages maritimes d’exception. Nous avons aimé son luxe élégant et discret, son niveau de confort exceptionnel et le service irréprochable à bord, garanti par la présence de près d'un membre d'équipage par passager.

Le Lapérouse propose des croisières diverses et variées : Dakar - Fort-de-France, sans escale, à partir de 2 830€ par personne ; Canal de Panama et joyaux d'Amérique latine, sept nuits à partir de 5 160€ par personne ; ou encore Territoires sauvages d'Ecosse, des îles Féroé et d'Islande, onze nuits à partir de 9 980€ par personne.

Toutefois, si l’expérience est mémorable pour des adultes en quête de tranquillité, le navire paraît moins adapté aux familles. Les enfants et les tribus générationnelles pourraient rester sur leur faim. L’ambiance très calme et l’absence totale d’infrastructures ludiques font du Lapérouse surtout une destination privilégiée pour la contemplation. Ponant propose bien un programme Kid Explorers pour les enfants de 4 à 13 ans, avec activités encadrées et ateliers éducatifs autour de l’océan. Mais il est déployé seulement sur certaines croisières sélectionnées et semble peu, voire pas systématiquement disponible sur Le Lapérouse, à vérifier selon le départ.

La compagnie prévoit néanmoins des avantages tarifaires, notamment la gratuité pour les 8-11 ans partageant la cabine de deux adultes et -50% pour les 12-17 ans selon les conditions, ainsi qu’une réduction groupe/famille à partir de la 5e personne payante, avec des quotas d’âge stricts, comme l’interdiction des moins de 1 an et un maximum de 5 enfants de 1 à 6 ans à bord sur les croisières classiques.

On a testé Le Lapérouse, de Ponant Le restaurant, au pont numéro 3. © Eglantine L'Haridon

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