Hôtellerie-restauration : Thierry Marx veut lancer un "Booking" à la française

Lassé de voir des entreprises de la nouvelle économie "parasiter" les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, le patron de l’Umih veut "reprendre la main" avec la création d’une plateforme de réservation française.

Nous suivre sur Google
EV

Emilie Vignon, AFP

1 décembre 20232 min de lecture

Thierry Marx
Thierry Marx, le patron de l'Umih.© Madame Brasserie/DR

Thierry Marx veut fédérer l'ensemble du secteur pour lancer une plateforme de réservation française, en s'alliant aux autres organisations patronales et à la "french tech", pour "ne pas devenir les serfs modernes des dotcom". 

"L'objectif des plateformes (comme Booking ou Expedia, NDLR) est clair : capter la marge de nos entreprises en place sur des grands secteurs historiques rentables", a déploré le président de l'Umih en clôture du 71e congrès de l'Umih à Angers.

"Nous sommes debout tôt le matin et terminons nos journées de travail très tard le soir, nous travaillons le week-end, nous prenons les risques en investissant dans des locaux et des fonds de commerce, nous employons près d'un million de personnes en France", a-t-il poursuivi.

"Une alternative à la domination des géants"

"Nous faisons le boulot et des entreprises de la nouvelle économie parasitent nos métiers pour capter nos clients et notre marge, quitte pour certaines à se délocaliser à l'étranger pour payer moins d'impôts", a-t-il ajouté.

"Le moment est venu de reprendre la main pour ne pas devenir les serfs modernes des +dotcom+ car les seigneurs d'aujourd'hui sont les géants de l'Internet", a accusé le chef, faisant remarquer que le secteur pesait "170000 établissements" que ce soit des hôtels ou des restaurants.

"Construisons notre alternative à la domination de ces géants en lançant notre propre plateforme France qui rassemble tous les établissements de notre secteur. Prenons la main pour défendre notre art de vivre à la française, promouvoir nos établissements et commercialiser nos offres, valoriser nos territoires, le local et le fait maison", a plaidé le chef.

Appel à l'ensemble des organisations du secteur

Pour cela, il a lancé un large appel à l'ensemble des organisations patronales et fédérations professionnelles du secteur, mais aussi aux communes, collectivités, comités de tourisme, aux titres-restaurant, aux partenaires comme France Boisson, l'enseigne alimentaire Metro, aux mutuelles et aux banques dont ils sont clients.

Citant les exemples de la start-up Mistral AI et du laboratoire de recherche Kyutai, le président de l'Umih a estimé que la "French Tech" pourrait être une alliée dans ce projet.

"En nous alliant à la French Tech, nous avons les moyens de travailler à une nouvelle génération de plateformes interrogeables en langage courant avec des robots conversationnels, qui vont organiser et structurer intelligemment l'offre touristique d'un territoire", a-t-il estimé.

Pour financer le tout, outre les aides publiques, il a appelé à la création d'un fonds d'investissement dans lequel tous les acteurs du tourisme.

Sur la même thématique

Voir tout