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ÉDITO. Aides au tourisme : il reste des trous dans la raquette

Le secteur est loin d’être sorti de la crise. Et même si la perfusion n’a que (trop) duré pour nombre d’entreprises, des opérateurs ont toujours besoin du soutien de l’Etat.

C’est la fin du célébrissime « Quoi qu’il en coûte », avec un dispositif dégressif qui doit finement être ajusté pour l’industrie du tourisme.  

A titre d’exemple, la condition émise pour l’accès au fonds de solidarité au mois de septembre – 15% de chiffre d’affaires au minimum – n’est pas tenable pour certains opérateurs. A commencer par les grands spécialistes des voyages en Asie tel Asia, toujours largement fermée aux voyageurs internationaux. Idem pour ceux qui sont largement positionnés sur les Etats-Unis et les organisateurs de voyages scolaires. Nombre d’organisateurs de colonies de vacances et de séjours linguistiques sont toujours à bout de souffle…

L’industrie a toujours besoin de certaines aides. Mais pas question de la maintenir sous perfusion.

L’arrêt du fonds de solidarité (sauf dans les Dom-Tom), à compter du mois d’octobre, pèsera sur les bilans des entreprises, même si l’aide généralisée aux coûts fixes va soulager la trésorerie. Or l’été a été compliqué, marqué par des ventes de voyages en retrait de 30% selon le baromètre d’Orchestra pour L’Echo touristique. L’hiver s’annonce tout aussi difficile, le long-courrier restant largement fermé, et les variants du Covid jouant de rivalité. Surtout, le gouvernement doit garder à l’esprit que les entreprises du voyage sortent bien affaiblies après deux années de crise. Si Selectour sauve les meubles grâce aux aides et à une gestion rigoureuse, avec un résultat net à peine positif en 2020 (+75 000 euros), le réseau Havas Voyages affiche une perte d’exploitation de 12 millions d’euros en 2020. En 2021, les pertes devraient atteindre 4 millions d’euros, nous confie Laurent Abitbol, président de Marietton/Havas. C’est mieux, mais difficile de se réjouir…

Autant dire que l’industrie a toujours besoin de certaines aides. Mais pas question de la maintenir sous perfusion, tant les professionnels ont déjà été accompagnés, grâce aux subsides de l’Etat. Garder son agence de voyages fermée par calcul, pour pleinement profiter des aides, n’est plus tenable. Encourager les salariés à ne pas travailler, c’est aussi les encourager à préparer une reconversion… Il faut clairement retrouver la motivation, l’insuffler à ses équipes, en vrai professionnel. C’est vital, pour ne pas perdre définitivement sa clientèle.

Sur le sujet des avoirs, au risque de décevoir, plus la peine de rêver.

Sur le sujet des avoirs, au risque de décevoir, plus la peine de rêver. Pour les agences, inutile de croire en la prolongation de la durée de validité de ces bons d’achat, dixit Jean-Pierre Mas, le président des Entreprises du Voyage (EdV) que nous avons joint hier. Déjà, l’Europe a bien failli retoquer, en 2020, notre système d’avoirs, à la longévité exceptionnelle par rapport aux pays voisins… La France ne peut plus tirer sur la corde. Reste le fameux prêt proposé par l’Etat avec un taux d’intérêt de 3,5% – pas franchement convaincant, mais c’est mieux que rien…

Le remboursement des avoirs sera une étape difficile. « Il nous sera quasiment impossible de rembourser tous les avoirs », témoigne un couple d’agents de voyages spécialistes de l’Asie sur les réseaux sociaux, précisant que la faillite d’un réceptif a laissé une lourde ardoise… Les difficultés des uns peuvent avoir un effet domino dans cette grande chaîne du tourisme.

Réjouissons-nous : les agences/TO, mais aussi la montagne et l’événementiel, sont déjà identifiés comme des secteurs « structurellement touchés », qui feront l’objet de « plans d’action », a déclaré le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Un dispositif de soutien « sur mesure » est en discussion. C’est donc un vrai travail d’orfèvre qui démarre, pour combler les trous dans la raquette. Nous pouvons compter sur les Entreprises du Voyages et le Syndicat des entreprises du tour-operating pour défendre les intérêts de la profession. Et Jean-Baptiste Lemoyne pour les défendre auprès de Bercy et du Quai d’Orsay. Le secrétaire d’Etat au Tourisme sera d’ailleurs avec les professionnels du tourisme mercredi, au Dîner des Décideurs de L’Echo touristique, après avoir assisté au cocktail du tandem Femmes du Tourisme/Marco Polo.

Et c’est aujourd’hui mardi 7 septembre, jour de la réouverture tant attendue des frontières canadiennes (en tant que Franco-canadienne, je ne boude pas mon plaisir). Alors, sur cette note positive, bonne reprise à tous. D’ailleurs, « Comment réussir sa rentrée », c’est le thème du webinaire du jour organisé par L’Echo touristique ce mardi à 14h30, avec un casting de rêve.

1 commentaire
  1. Bruno MENU dit

    L’article alerte parfaitement sur la situation de certains opérateurs dont faisons partie. DMC à Cuba pour le marché BtoB en France, nous sommes donc une agence Française puisque nous ne pouvons avoir qu’une succursale dans notre pays hôte,
    Les frontières sont fermées sur place depuis le 24 Mars 2020 et une période de quarantaine est imposée, pour les rares voyageurs qui désirent s’y rendre. Notre CA depuis Avril 2020 est à 0; Nous sommes conscients de ce que nous devons au dispositions d’accompagnement mises en place l’Etat, qui sont une aide essentielle pour notre entreprise et l’ensemble de nos collaborateurs. La reprise d’activité demeure pour nous sans perspective précise de période. Notre CA est donc toujours à l’arrêt total. Le fait que l’accès au fond de solidarité soit désormais conditionné à la réalisation de 15 % du CA de l’année précédente est une disposition qui ne tient pas compte des contraintes inchangées auxquelles nous sommes confrontées.
    Je suis certains que nos représentants au sein d’EDV sont parfaitement en alerte et sauront nous tenir au courant des avancées d’éventuelles négociations sur ce point.

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