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Coronavirus : jusqu’à 3300 milliards de dollars de manque à gagner pour le tourisme selon l’ONU

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement a élaboré trois scénarios pour analyser l’impact du coronavirus sur le tourisme et les secteurs qui y sont liés.

A mesure que les semaines passent, les compteurs s’affolent pour évaluer l’impact économique du coronavirus sur le tourisme et les secteurs qui y sont liés. A nouveau, les chiffres s’envolent, avec les dernières estimations de la Cnuced (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement), entité de l’ONU. Pour l’organisation internationale, les restrictions liées au Covid-19 devraient en effet se traduire dans ces prochains mois par un manque à gagner allant de 1200 à 3300 milliards de dollars en fonction des scénarios d’évolution de la crise sanitaire. Dans la construction aéronautique par exemple, l’européen Airbus va supprimer quelque 15.000 postes, soit 11% de ses effectifs, dont 5000 en France selon les premières annonces.

Trois scénarios étudiés

En s’en tenant à la fourchette basse, selon le scénario le moins défavorable, qui prévoit une interruption des voyages de quatre mois, ce sont 1200 milliards de dollars qui seront perdus pour le tourisme, soit 1,5% du PIB mondial. Le scénario intermédiaire, tablant sur une pause du tourisme international de huit mois, entraînerait une perte de 2200 milliards de dollars pour le tourisme et les secteur liés, soit 2,8% du PIB mondial. Selon le scénario le plus pessimiste, avec une interruption du tourisme international de un an, le manque à gagner serait alors de 3300 milliards de dollars, soit 4,2% du PIB mondial. « Ces chiffres rappellent clairement quelque chose que nous semblons souvent oublier : l’importance économique du secteur et son rôle de bouée de sauvetage pour des millions de personnes dans le monde », a déclaré la directrice du commerce international de la Cnuced, Pamela Coke-Hamilton. « Pour de nombreux pays, comme les petits États insulaires en développement, un effondrement du tourisme signifie un effondrement de leurs perspectives de développement. Ce n’est pas quelque chose que nous pouvons nous permettre », a-t-elle ajouté.

Les pertes touristiques causées par le coronavirus ont un effet d’entraînement sur d’autres secteurs économiques qui fournissent les biens et services que les voyageurs recherchent pendant leurs vacances, comme la nourriture, les boissons et les divertissements, souligne également le Cnuced. Pour chaque million de dollars de recettes touristiques internationales perdues, le revenu national d’un pays pourrait baisser de 2 à 3 millions de dollars, ajoute-t-il.

Des frontières qui rouvrent prudemment

Et si les destinations s’efforcent de sauver les meubles, en trouvant un délicat équilibre entre ouverture des frontières et contrôle de l’épidémie, la saison estivale s’annonce forcément difficile. Mercredi, l’UE a rouvert ses frontières à une quinzaine de pays jugés suffisamment sûrs pour la reprise des voyages de leurs ressortissants. En sont notamment exclus les Etats-Unis, mais aussi le Brésil, la Russie, l’Inde, la Turquie, Israël ou le Sénégal notamment. Le Sénégal qui a annoncé en retour mercredi qu’il ne rouvrirait pas son espace aux voyageurs en provenance de pays qui ne procèderaient pas de même avec lui.

Mais outre la situation sanitaire, les nombreuses restrictions freineront inexorablement les envies de voyage. Ainsi, si les Canadiens sont autorisés à voyager dans l’UE, le gouvernement canadien recommande toujours d’éviter les voyages non essentiel hors du pays, et maintient ses frontières fermées aux étrangers, dont les Français, faisant d’emblée une croix sur une bonne partie de sa saison d’été. De son côté, l’Autriche a maintenu ses restrictions de déplacement avec la Serbie et le Monténégro. D’autres pays dans le monde tentent de sauver leur saison touristique, comme l’Egypte qui, malgré plus de 1.000 nouvelles infections quotidiennes depuis fin mai, a rouvert mercredi pyramides du plateau de Guizeh et vient d’inaugurer officiellement deux nouveaux aéroports, dans l’espoir de relancer le tourisme.

60% de tous les cas de Covid signalés au cours du mois dernier

Car ainsi que le rappelle l’ONU, l’épidémie est loin d’être terminée. Au contraire, dans certaines parties du globe, elle accélère.  Mais le nombre de contaminations dépasse les 160000 par jour depuis une semaine – la pire semaine en terme d’infections depuis le début de l’épidémie, selon l’OMS. Et « 60% de tous les cas de Covid-19 recensés jusqu’à présent ont été signalés au cours du mois dernier », a souligné mercredi le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« La meilleure façon de sortir de cette pandémie est d’adopter une approche globale », a-t-il rappelé, demandant une fois de plus de respecter les règles de distanciation, détecter et isoler les cas, placer en quarantaine leurs contacts et porter un masque lorsque c’est nécessaire. Depuis son apparition il y a six mois en Chine, le Covid-19 a fait au moins 511312 morts dans le monde, où plus de 10,5 millions de personnes ont été officiellement diagnostiquées, selon un décompte de l’AFP.

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