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STI en état d’alerte générale

Rien ne va plus pour le TO : AS Voyages vient de lui notifier officiellement l’arrêt des ventes, le versement tant attendu de 1,5 million d’euros a été refusé par les banques, et un groupe de clients risque d’être "planté" dès ce lundi. Devant la situation, le commissaire aux comptes a déclenché la procédure d’alerte.

STI a-t-il déjà un pied dans la tombe ? Au vu de la série d’événements qui s’enchaînent depuis ces derniers jours, la question est désormais clairement posée.

Première mauvaise nouvelle, le versement de 1,5 million d’euros, attendu depuis plusieurs semaines pour maintenir le TO à flot, n’a toujours pas eu lieu. Selon plusieurs sources internes, l’argent a pourtant été débloqué en début de semaine, sous forme d’un chèque certifié de 12 millions de livres égyptiennes (environ 1,5 million d’euros), mais a été refusé par les banques françaises, qui réclament un paiement par virement.

D’autre part, plusieurs réseaux de distribution se désolidarisent désormais officiellement du TO. Dernier en date, AS Voyages, qui jusqu’alors l’avait toujours soutenu publiquement (bien que déconseillant à ses agences de le vendre), a fait parvenir, selon nos informations, à Baher Ghabbour, le gérant de STI, un courrier l’informant d’un "arrêt immédiat des ventes". C'était le 5 novembre dernier.

De "nouvelles défaillances" constatées par les réseaux

Le réseau parle de "nouvelles défaillances" de la part du TO, parmi lesquelles le "non-règlement de prestations terrestres". "Cela nous contraint à nous substituer à nouveau à vous pour le paiement immédiat de tous les départs jusqu’au 31 décembre, date échéance de notre contrat", indique la lettre.

D’après des sources internes de STI, les ventes individuelles sont, depuis octobre, quasiment à l’arrêt. "Les individuels, c’est fini", lâche d'ailleurs un salarié. Malgré tout, la sortie d’une brochure de 219 pages, initialement annoncée pour fin octobre, serait désormais prévue pour le 23 novembre.

Jusqu’à présent, STI a réussi, grâce à l’aide des réseaux de distribution, à ne "planter" aucun client. Mais cela pourrait ne pas durer. D’après le courriel alarmiste que nous avons reçu hier d’un réceptif du TO en Inde, un premier groupe de 26 clients risque de se retrouver sur le carreau dès ce lundi.

Mounir Ghabbour, dernier recours ?

Leur voyage a été réservé et payé auprès de Cosmovel, marque sœur de STI, spécialiste des groupes et CE. Alors que leur départ est prévu lundi, ni l’agence émettrice des billets d’avion (Richelieu Voyages), ni les prestataires terrestres n’ont à ce jour été payés. Contactée par l’entreprise ayant acheté le voyage, la banque Misr, nouvelle garante financière de STI, a dit ne pouvoir procéder à aucun remboursement tant que le TO ne se trouve pas en dépôt de bilan.

Le seul secours pourrait désormais venir de Mounir Ghabbour, le père de Baher, à condition qu’il accepte de puiser sur ses propres fonds, dont une partie se trouve sur un compte en France, pour permettre le départ du groupe et éviter le scandale. D’après nos informations, il vient d’arriver à Paris. Il devrait être rejoint aujourd’hui par son fils, de retour du salon WTM de Londres.

Ce rassemblement général peut-il encore sauver STI ? Preuve qu’il y a le feu, le commissaire aux comptes, chargé de contrôler l’état financier du TO, vient en tous cas de déclencher la procédure d’alerte. Elle devrait logiquement déboucher sur la convocation d’une assemblée générale.

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