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L’UE ripostera en cas de représailles contre sa taxe CO2

La taxe carbone européenne dans le secteur aérien provoque des tensions croissantes. Si des pays décident des mesures discriminatoires contre des sociétés européennes, Bruxelles promet de leur donner la réplique.

La Commissaire européenne chargée du Climat, Connie Hedegaard, a annoncé aux ministres de l'Environnement réunis le 9 mars à Bruxelles suivre "très attentivement" les représailles commerciales annoncées par les opposants à la "taxe carbone" dans le secteur aérien.

"Si des pays décident des mesures discriminatoires contre des sociétés européennes, la Commission prendra immédiatement les mesures appropriées, en étroite collaboration avec les autorités des Etats membres concernés" a-t-elle déclaré.

Le 8 mars, Louis Gallois, le président exécutif d'EADS-Airbus s’est inquiété des menaces de la Chine : "La décision de Pékin a déjà un impact industriel : elle frappe 45 Airbus long-courriers, dont 10 A380 et 35 A330".

L’Europe maintiendra le système d’échange de quotas d’émissions de CO2 (ETS) "tant qu'une solution internationale n'aura pas été trouvée pour réduire les émissions du secteur du transport aérien", a rappelé le ministre danois chargé du Climat, Martin Lidegaard.

La semaine dernière, l'Allemagne a appelé la Commission européenne à négocier et plusieurs députés s’étaient inquiétés des conséquences de la taxe carbone sur les relations commerciales avec les Etats opposés à ce système.

Mesures de rétorsions "plus que probables"
Peter Hartman, PDG de KLM, a déclaré que la mise en place de mesures de rétorsions était "plus que probable". "Si l’Europe décide de contraindre les compagnies étrangères" à participer à l’ETS, " il y aura des mesures de rétorsion, et cela nous le disons depuis deux ans".

"Nous avons provisionné entre 40 et 60 millions d’euros" dans nos comptes pour payer l’ETS en avril 2013, a expliqué Philippe Calavia, directeur financier d’Air France-KLM, "mais ce n’est que le début". Pour l’instant, les compagnies paient en moyenne 15% de leurs émissions, mais "toute la croissance devra être achetée sur les marchés" du carbone. "Il faut surveiller ça de près, car ça va être de plus en plus couteux".

Réglement du différent à l'OACI
Parallélement, l’association  des compagnies aériennes américaines, Airlines for America (A4A), a demandé au gouvernement américain "de lancer une procédure judiciaire 'Article 84' auprès de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) pour annuler la (taxe européenne) et faire revenir les Européens à la table des négociations".

Cette procédure avait déjà été utilisée il y a une dizaine d'années, au détriment de l'UE, pour trancher un différend sur l'insonorisation des avions.

 

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