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IFTM2021 : Notre interview du ministre du Tourisme de la Grèce

Alors que la Grèce a battu des records sur le marché français cet été, nous avons interviewé le nouveau ministre du Tourisme grec lors de l’IFTM pour en savoir plus sur sa feuille de route.

Il est le tout nouveau ministre du Tourisme grec. Succédant à Harry Theoharis, Vassilis Kikilias a pris ses fonctions il y a quelques semaines. Changement de domaine pour celui qui était jusqu’ici ministre de la Santé, même si les problématiques sanitaires resteront forcément un sujet central, Covid oblige. C’est donc une des premières prises de contact avec l’industrie touristique française qui se joue sur l’IFTM.

L’occasion de rencontrer de nombreux partenaires, institutionnels et commerciaux, et notamment des compagnies aériennes. Avec à la clef, de très bonnes nouvelles, souligne le ministre. « Avec Transavia, nous avons convenu d’une hausse de 50% des capacités sur 2022, détaille-t-il. Air France, qui avait déjà augmenté ses capacités cette année, les poussera encore davantage en 2022. »

Il faut dire que la Grèce arrive sur le salon auréolée de ses performances estivales sur le marché français. « Cet été, les voyageurs français étaient en hausse de 88% par rapport à 2019 », affirme Vassilis Kikilias. Au mois de juillet, les ventes de voyages en Grèce s’affichaient en hausse de 10%, se payant même le luxe de chasser la France métropolitaine du haut du podium d’après les chiffres d’Orchestra. « Une première. » Et la Grèce n’entend pas s’arrêter là.

Etendre la saisonnalité

Car si le Covid a tout bousculé, les ambitions touristiques de la Grèce restent toujours aussi fortes. Et pour cause, le secteur pèse très lourd dans son son PIB. « Notre stratégie est d’étendre la saisonnalité, et d’inciter les voyageurs français à venir visiter la Grèce en dehors de la saison haute, en octobre, mais aussi pendant les fêtes de fin d’année et à Pâques », détaille le ministre.

La Grèce « 365 jours par an » : une stratégie que le pays s’efforce déjà de déployer depuis plusieurs années. « En étendant la saisonnalité nous serons en mesure de proposer des prix plus attractifs, puisque tous les voyages ne seront pas concentrés sur la même période. Nous aurons aussi une meilleure qualité de service. Ce qui est logique, car si tout le monde visite la Grèce au mois d’août, c’est plus compliqué d’offrir expérience de qualité à chaque visiteur. »

Autre pilier de la stratégie : poursuivre la promotion de certaines thématiques comme la gastronomie, l’œnotourisme, le tourisme religieux ou les activités sportives, entre autres. Une diversification de l’offre qui a aussi pour but de conquérir de nouveaux marchés tout en contribuant à mieux répartir les flux touristiques, dans une logique de développement durable du tourisme. « En 2019, nous avions 33 millions de touristes , mais sur une période très ramassée. Notre stratégie est désormais de répartir le volume de visiteurs sur l’ensemble de l’année et sur davantage de destinations. Il y a par exemple de très nombreuses destinations que les Français viennent juste de découvrir, des destinations qui sont déjà très prisées du marché anglais, et que les Français veulent désormais visiter », rapporte-t-il. Dans cette optique, la Grèce veut aussi renforcer son positionnement en tant que destination de city-break sur Thessalonique ou Athènes.

Un projet d’académie du tourisme avec Accor

Des projets structurants pour la destination sont également à l’ordre du jour, avec notamment avec l’implantation de nouveaux hôtels haut de gamme. Pour développer ses recettes touristiques tout en maintenant la qualité d’offre et de service, la Grèce veut continuer à développer ses infrastructures, en attirant de nouveaux investisseurs. Le patron d’Accor, Sébastien Bazin, s’est d’ailleurs rendu en Grèce, récemment. « Je l’ai rencontré personnellement et nous nous sommes mis d’accord sur l’implantation de nouveaux hôtels », affirme Vassilis Kikilias. Des discussions sont aussi en cours avec le groupe hôtelier pour la création d’une Académie de tourisme en Grèce, projet qui reposerait sur un partenariat public-privé. La formation et le développement des compétences sont enjeu important pour la Grèce, confrontée comme d’autres pays européens, dont la France, à des problèmes de recrutement dans le secteur touristique, exacerbés par le Covid.

Après avoir achevé la rénovation de 14 aéroports régionaux, la Grèce envisage de privatiser six aéroports supplémentaires dans le même objectif. A Thessalonique, où la rénovation de l’aéroport vient aussi d’être achevée, le ministre veut développer la croisière. « Il y a cent ans, de nombreuses croisières partaient de Thessalonique, rappelle Vassilis Kikilias. On veut reconstruire ça et recréer une économie autour de ce port. »

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