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Escapade française, la plateforme qui veut s’imposer grâce à la privatisation

La plateforme Escapade française parie sur la privatisation de maisons d’hôtes haut de gamme. Entretien avec Stéphanie Ndoko-Abouna, la fondatrice de la plateforme.

L’Echo touristique : Comment est née l’idée d’Escapade Française ?

Stéphanie Ndoko-Abouna : J’ai imaginé le projet dès 2014, à mon retour d’un voyage dans les Caraïbes françaises. J’étais alors étudiante en licence d’Histoire, et je ne connaissais absolument pas le monde entrepreneurial. J’ai pu rejoindre le programme Pépite de Sorbonne Université, qui accompagne les étudiants dans la réalisation de leur projet entrepreneurial. Cela m’a permis de faire le grand saut, de rencontrer d’autres étudiants qui avaient fondé des start-up, tout en continuant de mûrir mon projet. Et c’est en échangeant avec les prestataires potentiels, et notamment les propriétaires de maisons d’hôtes, que le concept d’Escapade Française s’est affiné.

Et quel est ce concept ?

Stéphanie Ndoko-Abouna : Nous référençons principalement des maisons d’hôte haut de gamme, qui ne s’y retrouvent pas nécessairement sur Booking et Airbnb. Les propriétaires qui décident de travailler avec nous devront nous reverser 10% de commission sur chaque vente réalisée : il n’y a pas d’autre frais. Nous référençons également des prestataires d’excursions et des visites guidées par des guides conférenciers certifiés. Initialement, nous avions pensé notre plateforme à destination de la clientèle internationale. La crise sanitaire que nous vivons nous a incités à l’adapter également aux attentes du marché français.

Stéphanie Ndoko-Abouna, la fondatrice d’Escapade Française, et son associé Ky Van Doan.
© Escapade Française

Le Covid-19 a eu d’autres impacts sur votre modèle économique ?

Stéphanie Ndoko-Abouna : Nous l’avons fait totalement pivoter, pour nous consacrer exclusivement à la privatisation de ces maisons d’hôtes. Désormais, les clients d’Escapade Française devront réserver une maison d’hôte entière pour un séjour minimum de 4 nuits. Cela fait sens, vu les attentes actuelles du marché, et cette volonté d’autonomie. Et cela fait sens également d’un point de vue économique.

Plusieurs plateformes françaises destinée à contrer les OTAs se sont lancées ces derniers mois. Quelle est votre valeur ajoutée ?

Stéphanie Ndoko-Abouna : Elle est dans notre sélection de prestataires. La France en compte plus de 80 000, et nous en référençons pour l’instant 150. Si nous arrivons à toutes les convaincre, nous pourrions peut-être regrouper 500 adresses dans l’Hexagone et en outre-mer. Le cœur de notre travail, c’est de faire en sorte que les meilleures maisons d’hôtes disponibles sur le marché soient référencées sur Escapade Française.

500 adresses, c’est assez pour atteindre la rentabilité ?

Stéphanie Ndoko-Abouna : La question du volume se pose forcément lorsqu’on investit une niche comme celle-ci. A moyen terme, nous ambitionnons d’étendre notre concept à d’autres marchés, comme le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie. Mais nous sommes encore en phase de lancement, et nous attendons surtout la fin de cette crise sanitaire. Quand le contexte sera plus favorable pour l’industrie du tourisme, nous espérons d’ici quelques mois, nous irons à la recherche de financement pour soutenir notre développement. Cela nous permettrait par exemple d’automatiser de nombreuses fonctionnalités du site, que nous devons actuellement gérer nous-mêmes, et qui sont chronophages. Cela nous permettra également d’envisager notre ouverture à l’international.

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