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L'e-tourisme a-t-il vraiment décroché en 2014 ?

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Couple in Venice standing in front of the Rialto bridge
Couple in Venice standing in front of the Rialto bridge
© Fotolia

Les ventes en ligne de voyages auraient reculé de 2% en 2014. Mais en incluant Booking et Airbnb, la donne change. Découvrez les explications, partagées lors de la conférence Next Tourisme.

 

L’e-commerce a progressé de 3% en 2014, mais le seul e-tourisme a reculé de 2% à périmètre constant*. Pourquoi ?

Marc Lolivier, délégué général de la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad), a répondu à cette question lors de la récente conférence Next Tourisme 2015 : "Le travel a toujours été en avance, notamment de par sa taille : un tiers de l’e-commerce est réalisé par le travel. C’est d’ailleurs le premier secteur en taux de pénétration, avec 40% de online. C'est l’enfant aîné de l’e-commerce. De par sa maturité, le tourisme est plus sensible à la conjoncture globale que des secteurs moins matures". La baisse du panier moyen, tous secteurs confondus, explique aussi en partie le recul accentué par un recul général du voyage (offline et online), sans oublier l’avènement de nouveaux entrants.

+1% avec Booking et Airbnb

Interrogé sur l’éventualité de créer un deuxième panel à périmètre non constant, intégrant cette fois des acteurs plus jeunes et en forte croissance, Marc Lolivier manifeste un réel intérêt : "Nous y réfléchissons, avec les acteurs concernés. Selon nos (premières) estimations, si nous avions intégré Booking et Airbnb dans notre panel, la croissance aurait atteint +1% en 2014, et non -2%. Nous percevons un impact, qui ne change toutefois pas fondamentalement la tendance".

Marc Lolivier a aussi fait part de plusieurs tendances structurelles, à commencer par la croissance du mobile. "Des entreprises construisent leur stratégie autour. Le mobile devient souvent le trait d’union entre le magasin et Internet". Parmi les autres lames de fond figure la consommation collaborative. D’ailleurs, un sondage Fevad/CSA réalisé en décembre 2014 auprès de 1009 personnes, le confirme : environ 60% de cyberacheteurs comptent acheter "collaboratif" cette année, contre 35% en 2014 et 20% en 2013. "Ce n’est pas un phénomène de mode, mais un vrai phénomène de société. Un mouvement sociétal est en train de s’opérer, il va sans doute s’accélérer. Et devinez quel est le secteur qui arrive en tête ?", a demandé Marc Lolivier aux participants de Next Tourisme. "Votre secteur, le travel".

Les agences pourront-elles vendre du collaboratif ?

François Piot, président de Prêt-à-Partir, est sensible à cette nouvelle appétence des voyageurs pour le CtoC. Son groupement d’agences de voyages a commencé à vendre, ponctuellement, des hébergements Airbnb inclus dans des forfaits. "Nous avons alors utilisé la carte de paiement de l’agence, cela fait partie de notre service", souligne François Piot, qui a contacté le site californien, dans le but d’aller plus loin, dans une relation de partenariat. "Airbnb nous a répondu par un non catégorique, il ne veut pas d’intermédiaire", regrette le patron de Prêt-à-Partir.

Magali Boisseau, fondatrice du site de chambres chez l'habitant Bedycasa.com, se montre plus ouverte aux distributeurs. "Nous réalisons un pilote avec une agence en ligne, avec partage des commissions", a-t-elle indiqué, sans plus de précision.

Le précédent des low cost

A terme, les acteurs de l’économie du partage pourraient avoir une attitude comparable aux compagnies low cost, qui ont longtemps snobé les agences avant de les utiliser comme relai de croissance, notamment pour capter les voyageurs d’affaires. D’ailleurs, ce n’est sans doute pas un hasard si l’agence affaires 3Mundi a démarré un test avec Airbnb l’an dernier. Interrogée par nos services sur ce test, 3mundi a décliné notre demande, arguant du fait que "les informations demandées sont confidentielles".

* Evolution des ventes des sites leaders de voyages, du panel iCE 40 de la Fevad : Accor-Hotels, Air France, Club Med, Edreams, Ebookers, Go Voyages, Lastminute, Opodo, Pierre & Vacances, Vente-privee-voyage.com, Voyages-sncf.com. Il pèe environ 7,5 milliards d'euros de ventes en 2014.

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