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René-Marc Chikli (Seto) : « Il ne faut pas céder à la panique »

Pour le président du Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto), les professionnels du secteur ne doivent pas céder à la panique face aux fermetures de destinations ou à l’irruption de nouveaux variants.

L’Echo touristique : Le secteur a vécu une belle embellie cet automne, mais les annonces de ces derniers jours ne sont pas rassurantes…

René-Marc Chikli : Ce ne sont pas de bonnes nouvelles, mais il n’y a aucune raison de céder à la panique. Nous devons d’abord laisser le temps aux scientifiques d’en savoir plus sur ce nouveau variant. Certains Etats adoptent un principe d’extrême prudence que l’on comprend, mais qui n’est pas celui des industriels du voyage. Dans quelques jours, ou quelques semaines, nous nous rendrons peut-être compte que ce variant peut être géré, comme cela a été le cas pour le variant Delta. Par contre, s’il prend plus de dimensions, nous serons pénalisés. Mais, pour le moment, il ne faut pas céder à la panique.

Le contexte général (pandémie, fermetures de certaines destinations…) doit tout de même refroidir le marché…

René-Marc Chikli : La cinquième vague de l’épidémie a mis un frein à la belle dynamique des prises de commandes qu’on observait depuis le début du mois d’octobre, c’est vrai. Pour certains tour-opérateurs, et dans certaines destinations, le redémarrage a été très fort. Avec des performances parfois meilleures qu’en 2019, sur des périodes très ponctuelles. Et si le contexte ralentit les prises de commande, ce qui est acquis est acquis : nous ne faisons pas face à une vague d’annulations, mais simplement à un ralentissement des prises de commandes.  

La fermeture du hub d’Addis Abeba, en Ethiopie, est problématique.

La suspension des vols entre le Maroc et la France n’a pas eu trop d’impact ?

René-Marc Chikli : La fermeture d’une destination comme le Maroc est toujours gênante, d’autant plus qu’elle prenait beaucoup de parts de marché pour l’hiver à venir. D’autres destinations, comme les îles espagnoles, une partie de l’Italie ou encore la Tunisie, en profiteront sans doute. Sur un point de vue purement opérationnel, nous avions 1 000 clients à destination, et tout le monde est rentré dans les temps. La fermeture du hub d’Addis Abeba, en Ethiopie, est plus problématique pour nous, car elle nous oblige à trouver d’autres solutions pour tous les clients qui doivent rentrer d’Afrique australe. Et cela représente un coût pour les voyagistes. Mais, là encore, nous faisons notre métier, et les retours de nos clients se passent très bien.

Avec cette actualité, le marché va-t-il se montrer toujours plus attentiste ?

René-Marc Chikli : Depuis le début de la pandémie, il y a beaucoup d’attentisme. La dernière minute et la très grande souplesse commerciale sont devenues les normes. Avec ces actualités, le marché risque de réserver en dernière minute de la dernière minute. C’est un facteur avec lequel nous avons appris à composer. Le sujet de fond, c’est que les clients veulent partir. Et c’est rassurant. A nous de travailler avec les destinations qui sont ouvertes, et à leur proposer d’autres destinations si leur projet initial n’est plus réalisable.

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