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Pass sanitaire de l’UE : sans 3e dose, sa validité pourrait cesser au bout de neuf mois

Les 27 doivent désormais prendre en compte la dose de rappel pour définir les critères de validité du pass sanitaire européen. Un sujet qui risque de susciter de nombreuses divergences.

La Commission européenne a recommandé jeudi aux 27 pays de l’UE d’administrer une dose de rappel anti-Covid au plus tard neuf mois après une première vaccination complète pour conserver la validité du pass sanitaire européen. Cette validité ne serait plus reconnue en l’absence de ce rappel, a précisé le commissaire à la Justice Didier Reynders, chargé de présenter ces recommandations après leur adoption par le collège présidé par l’Allemande Ursula von der Leyen.

« Nous proposons une validité de neuf mois pour le certificat anti-Covid européen et au-delà de cette période, sa validité ne serait plus reconnue en l’absence d’une dose de rappel », a expliqué le responsable belge.

Il est généralement admis que les effets d’une première vaccination complète se réduisent au bout de six mois.

De nouvelles règles pour janvier ?

L’idée est que tous Etats membres fassent administrer une dose de rappel après ces six mois, a insisté Didier Reynders.

Mais, a-t-il souligné, « cette période supplémentaire de trois mois doit leur permettre de s’organiser », laissant ainsi une marge de souplesse aux campagnes nationales de vaccination. « Nous proposons que ces nouvelles règles entrent en vigueur le 10 janvier 2022″, a-t-il annoncé. 

Les compagnies aériennes de l’UE ont émis des doutes sur cette recommandation, estimant que « réduire la validité des certificats de vaccination à neuf mois et exiger des troisièmes doses est prématuré et peut mettre en danger la possibilité des personnes à voyager ».

En effet, « de nombreux pays de l’UE doivent encore rendre les troisièmes doses disponibles pour la majorité de leurs populations adultes », a poursuivi l’association Airlines for Europe (A4E).

Le contrat conclu avec le groupe Pfizer pour 1,8 milliard de doses de vaccins permettra d’effectuer ce rappel dans toute l’UE, a rappelé la Commission. 

51 pays connectés au système européen

« L’objectif est de faciliter la libre circulation en toute sécurité au sein de l’UE », a insisté M. Reynders. « C’est une nouvelle recommandation, nous verrons quelles seront les réactions des Etats membres », a souligné le commissaire européen, rappelant que chaque pays était libre de son usage du certificat et du choix des lieux où il doit être exigé.

« Il y a des débats sur l’usage interne fait du certificat. Il y a des différences très grandes entre les Etats, comme pour les mesures de lutte contre la pandémie », a-t-il reconnu.

Plusieurs Etats membres ont déjà adopté des règles relatives à la durée d’acceptation d’un certificat de vaccination.

La France exige ainsi l’injection de la dose de rappel au maximum sept mois après la précédente, a annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran. « Nous voyons un risque évident que des approches divergentes entre pays puissent mettre en péril la confiance dans le système de certificat Covid et entraver la libre circulation au sein de l’UE », s’est inquiété le commissaire Reynders.

« Nous invitons les Etats membres à adopter une approche par personne, ce qui signifie que les possesseurs d’un certificat européen ne seront pas soumis à des restrictions additionnelles dans l’UE », a-t-il insisté.

Cette approche est également recommandée pour les ressortissants des pays tiers pour les voyages non-essentiels. Seules les personnes en possession d’un certificat prouvant qu’elles sont protégées avec les doses requises des vaccins reconnus par l’UE ou de ceux reconnus par l’ONU (OMS) seront autorisées à venir dans l’UE, a annoncé la commissaire aux affaires intérieures Ylva Johansson.

Un test PCR négatif sera toutefois exigé pour les personnes ayant reçu un vaccin non reconnu par l’UE, a-t-elle précisé. « Ces nouvelles règles devraient entrer en vigueur le 1er mars 2022 », a-t-elle précisé.

Quelque 650 millions de certificats ont été délivrés dans l’UE et 51 pays sont connectés au système européen, devenu « une référence », « une norme mondiale », a souligné Didier Reynders.

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