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On a visité le (nouveau) Lutetia

Sa réouverture était très attendue, et pour cause : le Lutetia était fermé depuis quatre ans ! Visite guidée de cette légende de l’hôtellerie qui entend bien reprendre sa place sur l’échiquier parisien.

Les imposants échafaudages ont été démontés et la lumière apparaît à nouveau aux fenêtres du Lutetia. L’emblématique hôtel de la rive gauche reprend progressivement vie. Rouvert depuis le 12 juillet, il sera en “soft opening” jusqu’à l’automne – tous les étages ne sont pas encore en service – pour atteindre ensuite sa vitesse de croisière.

La rénovation de ce “paquebot” a été confiée à l’architecte Jean-Michel Wilmotte. Une mission pour le moins délicate : « Le défi que nous avions ici était de redonner vie à un lieu tout en respectant ses racines, son identité, sa personnalité « , raconte l’architecte. Au total il aura fallu quatre ans, et quelque 200 millions d’euros. Quatre années guidées par une obsession : faire entrer la lumière, dans cet hôtel autrefois sombre.

©Lutetia/Mathieu Fiol

Le luxe des détails

Elle inonde les immenses façade qui donnent sur le boulevard Raspail, derrière lesquelles se trouve le bar Joséphine. La magnifique fresque qui orne le plafond et une partie des murs illustre à elle seule le degré de minutie apporté à la métamorphose l’hôtel : près de 17 000 heures ont été nécessaires pour la faire à nouveau apparaître. Elle était jusqu’à présent cachée sous six couches de peinture… Si une seule personne avait travaillé à sa réfection, cela aurait pris… entre huit et dix ans, calcule le staff de l’hôtel. Le lieu devrait rapidement redevenir un point de rendez-vous incontournable de la rive gauche, et chaque fin de semaine, des concerts de jazz y seront donnés.

©Lutetia – Le salon Saint-Germain

Sous une immense verrière, le salon Saint Germain ouvre désormais sur un patio Art Déco. La Brasserie Lutetia, quant à elle, n’ouvrira qu’à la rentrée. La direction culinaire en a été confiée au chef triplement étoilé Gérald Passedat. Le Bar Aristide, dédié aux alcools fins et aux spiritueux, devra encore patienter quelques semaines avant d’accueillir ses premiers clients.

Une nouveauté de taille se cache au sous-sol. C’est là que se trouvent le spa Akasha (signature de The Set Hotels), sur quelque 700 mètres carrés, le Jacuzzi et… la piscine. Un bassin tout en longueur (17 mètres) – mais peu large – au bord duquel s’étendent quelques transats.

©Lutetia/Mathieu Fiol

L’ambiance est zen, tout en sobriété. Afin de créer cet espace – indispensable pour prétendre au label “Palace” que vise le Lutetia – il aura fallu creuser 17 mètres au-dessous du bâtiment. Ce spa est en priorité ouvert aux clients de l’hôtel. L’accès n’en sera possible à la clientèle extérieure que sur abonnement, lequel se chiffre en milliers d’euros.

Des prix qui ont triplé

Les chambres, enfin, sont desservies par des couloirs sombres à l’épaisse moquette. Elles sont déclinées en deux tonalités, bleu et grège, un peu tristes, il faut bien l’avouer. Pour les agrandir, et que chacune des salles de bain disposent d’une fenêtre, les chambres ont été totalement redistribuées. Elles sont désormais au nombre de 184, contre 233 auparavant. Parmi elles, 47 suites, dont 7 suites signature grand luxe. Leur surface s’étend de 28 à 170 mètres carrés pour la suite Carré Rive Gauche.

©Lutetia/Mathieu Fiol

“Nous avons voulu que nos hôtes se sentent comme dans un appartement parisien”, explique le staff de l’hôtel lors de la visite. De fait, de nombreux détails rendent hommage à la ville lumière. Le mobilier de style Art déco a été dessiné par l’agence Wilmotte ; les salles de bains semblent sculptées d’un bloc dans le marbre.

©Lutetia

Forcément, le luxe a un prix : comptez 850 euros (premier prix) pour une nuitée. C’est trois fois plus cher qu’avant la rénovation ! Et pour la suite la plus luxueuse, il en coûtera aux alentours de 20 000 euros.

Si l’hôtel a ainsi revu sa grille, c’est aussi parce qu’ils vise désormais une nouvelle clientèle et les marchés étrangers à fort pouvoir d’achat. Alors que les Français représentaient 23% de la clientèle avant la fermeture, demain, ils devraient tourner autour des 10%. Un nouveau positionnement qui s’accompagne d’un objectif ambitieux : doubler le chiffre d’affaires d’ici 5 à 6 ans, pour atteindre les 60 millions d’euros.

La réouverture du Lutetia marque en tout cas la fin du vaste cycle de rénovation des hôtels de luxe parisiens, un marché sur lequel la concurrence s’est nettement accrue ces dernières années, avec l’arrivée de nouvelles enseignes.

>>> A découvrir dans le numéro de septembre de L’Echo touristique, le portrait de Jean-Luc Cousty, directeur général du Lutetia.