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L’édito de Dominique Gobert : prêts garantis par l’État, deux poids, deux mesures ?

Décalage imminent… A vos masques, prêts… Bon, « pour partez », c’est pas encore tout à fait ça, mais il semble que l’on tienne le bon bout. Mais après tout, si on déconfine, c’est bien aussi pour « déconfire » l’économie, n’est-il pas ?

Cette semaine, comme les semaines précédentes, l’économie du tourisme aura -si je puis me permettre sans choquer personne, diable, ne suis-je pas dans un journal réputé sérieux- morflé diablement.

Certes, les mesures gouvernementales d’aides à nos entreprises du tourisme permettent à beaucoup de tenter de passer sans trop de casse. Mais, si j’en crois les dernières confidences de la présidente de l’APST, Alix Philipon (petit patapon, n’oublions jamais), la situation est quand même préoccupante, « grave » souligne-t-elle.

L’édito de Dominique Gobert : désolé, c’est encore moi !
Dominique Gobert, éditorialiste

Il est incontestable que la chute de Thomas Cook a provoqué la première vague de séisme pour la caisse de garantie. La crise sanitaire aura précipité l’explosion. Madame Philipon est lucide, elle qui sans bruits ni passages intempestifs sur les plateaux médiatiques, cherche toutes les solutions afin de préserver non seulement ses adhérents, mais aussi garantir aux clients la bonne tenue des fonds qu’ils avaient déposés.

« Il y aura forcément des défaillances », prévient-elle, « entre 30 et 40% de nos adhérents pourraient connaître de graves difficultés financières entrainant des défaillances ». Et là, c’est clair, l’APST n’aura pas les moyens de faire face…

Or, pour le moment et ça dure depuis maintenant plusieurs mois, l’APST, malgré la garantie de ses biens immobiliers, n’arrive pas à trouver une banque qui lui accorde un prêt. Bon, un peu normal, les banques c’est fait pour les clients qui ont de la thune, de la fraîche, de l’oseille, (choisissez). Dans le cas qui nous (pré) occupe, les banques susceptibles de prêter quelques ronds exigent une garantie de la part de l’Etat.

Ce qui, jusqu’à présent aura eu le don d’énerver Bercy (ministère de tutelle de l’APST), souvenons-nous, sans pour autant que le chef Le Maire arrive à donner son accord.

Et je pose donc la question, toute simple : pourquoi ? Pourquoi la plupart des entreprises de ce pays ont eu la possibilité d’obtenir des prêts garantis (à 90% ! par l’Etat). Et l’APST, association que l’on peut aisément qualifier d’utilité économique, n’aurait pas le soutien de son autorité de tutelle ?

Ou alors, la situation est tellement pourrie que… je n’ose même pas y penser. Si je ne m’abuse, dans les autres pays de la communauté européenne, bon nombre de gouvernements soutiennent activement leur « APST » respective. Pourquoi pas chez nous ?

Tiens, prenons aussi le cas d’Air France, laquelle vient d’annoncer des pertes records rien qu’au premier trimestre de cette année, avec 1,8 milliard d’euros. Là, l’Etat se fend de quelque 7 milliards… Le SNPL pourrait au moins dire merci. D’ailleurs, si j’en crois les bonnes langues qui, hélas, ont vérifié l’information, nos bons pilotes d’Air France, bénéficiant théoriquement du « chômage partiel », sont payés intégralement par la compagnie, « primes de vols comprises » !

Surtout pour ceux qui ne volent pas…

Pendant ce temps, nos autres compagnies, Corsair en tête, dont le patron, mon Basque Bondissant favori, ne m’a toujours pas parlé, se débat pour éviter l’arrêt définitif de ses avions.

Bien sûr, Bruno Le Maire, ministre, « suit de très près la situation ». Seulement, comme la quasi-majorité des entreprises, Corsair n’a pas un niveau de fonds propres suffisant pour obtenir un prêt garanti par L’État. Le Maire botte bien en touche, en se déclarant « prêt à aider », à condition que les actionnaires de Corsair mettent aussi la main au larfeuille.

En attendant, ce sont 1200 personnes, salariés français dans leur quasi-totalité, qui risquent de pleurer dans pas longtemps.

Mais au moins, mon pote Rial sera content : il y aura moins d’aéroplanes pour péter du CO² !

A lire aussi : Les éditos et interviews de Dominique Gobert

1 commentaire
  1. Rial dit

    A noter que sur l’APST l’attitude de l’Etat est d’autant plus incomprehensible qu’en cas de défaillance de l’APST, l’Etat devra tout payer, la directive europeenne est claire!
    On va y arriver…..

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