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Alix Philipon (APST) : « Aucune défaillance liée au Covid-19… à ce jour »

30% à 40% des adhérents pourraient connaître de graves difficultés financières entraînant des défaillances, estime l’association.

« Nous n’avons constaté aucune défaillance liée au Covid-19, à ce jour », parmi les 3800 adhérents, note Alix Philipon. « Tout le monde fait le dos rond, met son personnel au chômage partiel, demande un prêt. » La patronne de l’APST a d’ailleurs demandé un prêt garanti par l’Etat pour son agence de voyages Selectour de Levallois-Perret (92), qu’elle a obtenu en 72 heures. Ce point de vente rouvrira aux premiers jours du déconfinement, le 11 mai, en mode mineur comme nombre de commerces. « La semaine prochaine, une seule personne reprendra son travail à temps partiel. En temps normal, nous sommes 4,5 personnes. C’est prématuré d’aller plus vite. Personne ne sait quand reprendra l’activité, ni même si nous pourrons voyager à plus de 100km de notre domicile. » La dirigeante multi-casquette ne prévoit pas non plus de rouvrir les deux hôtels qu’elle coiffe : l’Hostellerie La Briqueterie qu’elle possède en Champagne, et un hôtel sous gestion près du jardin du Luxembourg à Paris. « J’en profite pour mener quelques travaux, puisque les établissements sont vides. »

A l’image de tous les entrepreneurs, Alix Philipon manque de visibilité, et s’inquiète pour la profession dans son ensemble. « D’après nos diverses simulations, entre 30 et 40% de nos adhérents pourraient connaître de graves difficultés financières entraînant des défaillances », a-t-elle écrit le 5 mai dans sa lettre mensuelle aux membres de l’association. Car la pandémie s’est propagée sur un terrain déjà bien miné par l’actualité. Les accidents de parcours se sont enchaînés pour l’industrie du tourisme et des transports : défaillance des compagnies Aigle Azur, XL Airways, puis de Thomas Cook France, mouvement des Gilets jaunes, grèves… La seule disparition de Thomas Cook France, suite à la défaillance de sa maison mère britannique, représente un sinistre de 42 millions d’euros.

Vers une aide de l’Etat ?

Des liquidations d’entreprises consécutives à la pandémie mettraient à mal la caisse de garantie, dont les réserves ont fondu l’an passé. Tous les professionnels du tourisme s’inquiètent désormais de la santé financière de l’association. Interrogé à ce sujet fin mars, Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d’Etat en charge du tourisme avait répondu : « S’il devait y avoir de nombreuses faillites avec des conséquences en chaîne pour l’organisme de garantie, l’Etat regarderait comment apporter une réponse. Je crois que l’APST est en discussion avec les banques. Et à mes yeux, le prêt garanti par l’Etat pourrait s’appliquer à ce cas. »

Des États Européens ont déjà « compris la situation et ce rôle de ‘pare-feu’ que sont les garants conformément à l’article 17 de la directive européenne 2302/2015 sur les voyages à forfait et prestations de voyage liées (protection contre l’insolvabilité) », poursuit le courrier aux adhérents. Exemples à l’appui. Ainsi, le Danemark a fait monter sa garantie accordée au fonds de garantie jusqu’à 1,5 milliard de couronnes, soit 200 millions d’euros. Le gouvernement britannique a renfloué l’Air Travel Trust (Caisse de garantie ATOL gérée par l’aviation civile) exsangue après la défaillance de Thomas Cook, à hauteur de 500 millions de livres. Le gouvernement néerlandais a avalisé l’accord passé entre le syndicat professionnel du voyage ANVR et le fonds de garantie du secteur, le SGR, « pour éviter autant que possible des faillites simultanées ».

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