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La révolution du « co » est en marche

Colocation, covoiturage, coworking… La tendance est au partage avec des start-up comme Airbnb, Blablacar et Drivy. S'agit-il d'un effet de mode catalysé par la crise, ou d'une vraie lame de fond ?

«Dans ma rue, plusieurs familles partageaient une même voiture, à l'aide d'une simple feuille Excel », se souvient Paulin Dementhon. C'est en partant de cette expérience de proximité qu'il a imaginé le concept de Drivy (ex-Voiturelib).

En général, le système D est à la source de l'économie participative ou collaborative. L'idée, c'est souvent de louer des places inoccupées de voiture ou des chambres d'appartement, pour optimiser l'usage des ressources existantes. La preuve avec Airbnb.com, devenu l'icône de la « sharing economy » : alors qu'ils étaient en école de design, deux des trois cofondateurs ont transformé leur appartement en « bed et breakfast », pour accueillir des participants à une conférence sur le design. Ils ont installé dans une chambre trois matelas gonflables, qui se dit « Airbeds » en anglais… La genèse de Blablacar vient aussi de Californie. Son fondateur, Frédéric Mazzella, découvre le covoiturage quand il est étudiant en informatique à Stanford, à la fin des années 90. Moins de 10 ans après sa création, le célèbre site de covoiturage rassemble une communauté de trois millions de personnes. Son essor dépasse largement les frontières françaises. Le service est décliné dans plusieurs pays européens.« Avant, la voiture était un bien précieux, note Frédéric Vanhoutte, président de l'association des vendeurs en ligne Level. Aujourd'hui, avec Autolib', ce n'est plus un symbole sociétal, mais un moyen de transport. Le collaboratif est une vraie tendance de fond. Nous sommes entrés dans l'ère des objets jetables et onéreux quand ils sont sous-utilisés ». La formation d'associations qui militent pour l'économie du partage et le tourisme responsable vient conforter cette thèse. Peers.org et Ouishare.net mobilisent leurs communautés de passionnés, et font du lobbying à l'américaine.

La technologie a servi de moteur

« La technologie modifie le rapport aux objets, explique l'économiste Nicolas Bouzou, fondateur et président de la société d'analyses Astérès, sur Latribune.fr. La logique d'usage prime de plus en plus sur celle de la propriété ». Avec les plates-formes collaboratives sur Internet, le mouvement a gagné l'ensemble des strates de l'économie et de notre quotidien. Tout peut être partagé ou loué, des voitures aux appartements, en passant par les outils de bricolage. Et même les canapés avec le couchsurfing, dont le site emblématique Couchsurfing.org rassemble six millions de personnes dans le monde.

La France se laisse emporter par cette vague. « Au cours des 12 derniers mois, le nombre de visiteurs accueillis en France a été multiplié par 3,5 fois », explique Olivier Grémillon, directeur Europe de l'Ouest et Afrique d'Airbnb. Pour lui, le succès du site d'hébergements chez l'habitant correspond à une recherche d'authenticité : les voyageurs veulent vivre comme des New-yorkais, à Brooklyn plutôt qu'à Times Square. Ou comme des Parisiens, dans le XXe plutôt qu'à la Défense. « L'essor de l'économie de partage a été accéléré par la crise, souligne Olivier Grémillon. Mais ce n'est pas un phénomène de mode. Nous ne pouvons plus consommer comme autrefois ». Mois après mois, de nouvelles start-up s'engouffrent dans la brèche. En témoigne Drivy. Lancé en décembre 2010, ce spécialiste du covoiturage rassemble 150 000 membres et 11 000 véhicules en France. Une assurance MMA couvre les éventuelles éraflures, qui peuvent mettre un grain de sable dans cette belle aventure entrepreneuriale. En témoigne aussi le tout nouveau TripnDrive, qui vient d'enregistrer ses premières ventes. Cette jeune pousse propose aux voyageurs de louer leur voiture pendant la durée de leur déplacement, au lieu de la laisser dormir sur un parking coûteux. « Nous souhaitons nous implanter en 2014 dans huit grands aéroports français dont Nice, Bordeaux, Toulouse, Lyon et Roissy », explique son cofondateur Arthur de Keyzer.

Une concurrence qui dérange

L'économie du partage a aussi ses ennemis et contradicteurs, pour au moins une raison simple : les sites collaboratifs prennent peu à peu des parts de marché aux acteurs de l'économie traditionnelle. Blablacar se positionne comme un concurrent de la SNCF. Drivy, lui, se place sur un autre terrain : « À moyen terme, les constructeurs automobiles ont plus de raisons de s'inquiéter que les loueurs traditionnels », estime Paulin Dementhon. Pour lui, un nombre croissant de Français se passera de voitures personnelles, notamment pour faire des économies. « Le panier moyen ressort à 100 euros, ce qui correspond à une escapade de 4 jours en moyenne », afin de partir en week-end prolongé.

Airbnb.com s'est, pour sa part, attiré la méfiance des hôteliers et de certaines municipalités. En mai dernier, un tribunal new-yorkais a condamné un particulier qui louait son appartement sur le site à 2 400$ d'amende. La décision a récemment été invalidée. En France, la location de meublés est désormais plus encadrée : les loueurs devront effectuer une déclaration en mairie quand il s'agit de leur résidence secondaire (17% des hôtes parisiens). Les municipalités veulent notamment réguler le nombre de logements achetés à de pures fins locatives. La réglementation est parfois plus simple dans les autres pays, mais pas toujours. Au Danemark, par exemple, il est désormais obligatoire de demander une licence à l'administration locale quand on souhaite louer sa résidence secondaire. Airbnb essaie de créer des contre-feux, étude et actions de lobbying à l'appui.

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