Le 6 mars, la présidence belge de l'Union européenne a déclaré que les négociateurs de la présidence du Conseil européen et du Parlement européen étaient parvenus à un accord provisoire sur la réforme du "Ciel unique européen", visant à augmenter la capacité, à réduire les coûts et à accroître l'adaptabilité du système de contrôle du trafic aérien. Et ce, tout en essayant également de réduire l’impact environnemental de l’aviation. En effet, aujourd'hui le ciel européen est fragmenté en une mosaïque de 27 juridictions de contrôle différentes. Les avions empruntent souvent des itinéraires inefficaces, parcourant en moyenne 49 kilomètres de plus que ce qui est strictement nécessaire, selon les estimations de la Commission européenne. Le fait de zigzaguer entraîne des retards et une surconsommation de carburant. L'Europe estime les surcoûts à 5 milliards d’euros par an pour les compagnies aériennes et leurs clients.
Les Etats cèdent le contrôle de leur ciel
L’accord intervient après des décennies de lenteur, de divisions politiques et d’opposition syndicale. Il doit désormais être approuvé par le Conseil et le Parlement européen. Ces règles, initialement proposées en 2013, ont été adoptées après plus d’une décennie d’opposition de la part des États membres de l’Union européenne, qui étaient réticents à céder le contrôle de leur espace aérien à l’Union européenne. L'accord "permettra des progrès majeurs dans la réduction des émissions de CO2 du secteur aérien, et donnera également aux États membres davantage d'outils pour limiter les nuisances générées par l'activité aéronautique", a déclaré Georges Gilkinet, le ministre belge de la Mobilité, dans un communiqué. Une réduction de 10% de l’incidence de l’aviation sur l’environnement par rapport à 2004, selon des chiffres avancés par le Parlement. Aux termes de l'accord, les États membres mettront en place des autorités nationales de surveillance chargées d'évaluer la structure et la viabilité financière du contrôle du trafic aérien. Les États membres peuvent fusionner les fonctions de surveillance économique et de sécurité au sein d’une même entité administrative, réduisant ainsi les formalités administratives et se conformant à des modèles organisationnels communs.

