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Booking accorde-t-il un traitement de faveur à ses hôtels préférés ?

Le programme d’hôtels préférés de Booking est dans le viseur de l’Umih. La directrice France de l’OTA défend pour sa part sa légitimité, et les raisons de l’affichage avantageux des établissements inscrits.

Booking.com et les OTAs persistent à appliquer des clauses anticoncurrentielles, notamment les clauses de parité tarifaire restreinte ("Hotels preferred"), pourtant interdites par la loi Macron et le Tribunal de commerce de Paris. C’est en tout cas ce qu’affirme l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (Umih), dans un communiqué qui vise Booking. Pourtant, l’Autorité de la concurrence ne formule pas un tel grief, dans son récent bilan de neuf pages sur l’efficacité des engagements pris par l’OTA, que nous avons consulté.

Moins de 5% d’hôtels participants

Que pense Vanessa Heydorff, directrice France, Espagne et Portugal de Booking, de la critique du syndicat hôtelier ? "Le programme Hotels preferred est parfaitement légal, puisqu’il s’agit d’une offre opt-in : l’hôtelier est libre de le rejoindre ou non. Environ 4,6% de nos hébergements en sont membres". Mais la part des ventes qu’ils représentent serait nettement plus importante.

Les établissements membres dudit programme, qui reversent 17% de commission (contre 16% en moyenne), doivent répondre à certaines conditions : une note d'au moins 7 sur 10, des taux de conversion et de disponibilité supérieurs à la moyenne des hébergements de leur destination, un taux d'annulation inférieur à la moyenne… Par ailleurs, il leur faut respecter une parité restreinte. Une parité qui n’existe plus pour les autres hôtels, depuis les engagements pris avec l’Autorité de la concurrence, et la loi Macron.

Un affichage préférentiel

En retour, les établissements bénéficient d’un meilleur classement dans les résultats d’une recherche pour une destination précise, est-il expliqué sur le site du géant de la réservation hôtelière.

S’agit-il d’un affichage biaisé ? Non, répond Vanessa Heydorff. "Sur des recherches génériques, l'hôtel identifié par un pouce levé va remonter en tête, par défaut, parce qu’il a la préférence de nos clients. Notre algorithme prend en compte sa note et ses performances supérieures aux autres. Les critères de classement sont bien définis, et expliqués aux consommateurs".

Liberté tarifaire : un bilan compliqué

Au final, préférés ou pas, les hôtels ont-ils repris une partie de leur liberté tarifaire ? C’est la question à laquelle l’Autorité de la concurrence souhaitait répondre, dans son récent rapport, suite aux engagements pris par Booking en juillet 2015. L’organisme reconnaît qu’il est difficile de se prononcer, puisque la loi Macron a renforcé depuis la fin de la parité (l’étendant aux canaux online des hôteliers). De plus, les attentats ainsi que la concurrence d’Airbnb sont venus perturber l’environnement dans lequel évoluent les hébergeurs.

"Plusieurs hôtels conservent des tarifs identiques sur l’ensemble de leur canaux, et donc leur harmonisation tarifaire, ce qui facilite leur gestion, note Vanessa Heydorff. Mais la liberté tarifaire leur appartient". Et, contrairement à ce que certains détracteurs affirment, l’établissement qui se permet d’être plus compétitif sur son propre site, versus Booking, ne sera pas rétrogradé dans l’affichage, assure-t-elle.

Booking fait remonter les hôtels de son programme, identifiés par un pouce levé.