Avec la crise, de nombreuses entreprises ont vu leur activité s'effondrer. Au nom de la sauvegarde de l’emploi, les entreprises vont-elles utiliser la baisse des salaires ? C’est ce que laissent présager les dernières informations dans le secteur de l’aérien. Fidèle à sa réputation, c’est l'irlandaise Ryanair qui a la première osé et posé un ultimatum à ses salariés. D’après RTL, la direction de Ryanair France a envoyé un mail le 15 mai dernier aux élus du personnel navigant commercial (PNC, hôtesses et stewards), les menaçant de «licencier 27 personnes» si le SNPNC-FO «ne s'engage pas rapidement à accepter des baisses de salaires». Plus généralement, dans plusieurs pays en Europe, la compagnie low-cost entend diminuer de 20% la rémunération des pilotes, et de 10% celle des personnels navigants.
Les accords de performance collective sur le devant de la scène
Si la menace de Ryanair semble peu envisageable pour les entreprises françaises, il existe désormais en droit français un moyen légal de baisser les salaires. Face aux multiples menaces de licenciements, la ministre du Travail Murielle Pénicaud a rappelé que les accords de performance collective (APC) pouvaient être une solution pour « minimiser » la casse. Créés en 2017, ces APC permettent aux entreprises de modifier durant maximum cinq ans la rémunération ou encore le temps de travail des salariés. Chaque APC doit être approuvé par le ou les organisations syndicales majoritaires. Les salariés sont ensuite alors contraints d’accepter l’APC, sous peine de licenciement.

