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Quand le tourisme culturel se dope au digital

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Theatre in Paris fait partie des start-up qui facilitent l'accueil des clientèles étrangères grâce aux technologies.
Theatre in Paris fait partie des start-up qui facilitent l'accueil des clientèles étrangères grâce aux technologies.

Le tourisme culturel s'ouvre au monde entier grâce au digital. La preuve par l'exemple... Ou plutôt des exemples made in France, qui montrent la voie.

Comment créer des ponts entre tourisme et culture ? Le digital joue de toute évidence le rôle de connecteur, d’interface quasi naturelle. C’est ce qu’ont démontré les toutes premières Rencontres du tourisme culturel à Paris, à l’occasion d’une table ronde. L’événement organisé le 16 décembre par le ministère de la Culture l’a prouvé par des exemples, tout en pointant quelques défis à relever.

Le Rijskmuseum fait… 300 000 petits

Le Rijksmuseum d’Amsterdam a ainsi créé, au sein de son site, le concept Rijksstudio. "Nous proposons plus de 275 000 images en haute définition, gratuites pour tous. Chacun peut devenir directeur de son propre musée digital, comme tout le monde est photographe sur Instagram", a expliqué Martijn Pronk, éditeur et responsable du département des publications au Rijksmuseum. Sont ainsi nés 300 000 "petits musées virtuels", qui sont autant d’itinéraires personnalisés et sources d’inspiration pour les visiteurs.

Monet en Creuse

Et les bonnes idées numériques ne sont pas la chasse gardée des grandes structures. L’Agence de valorisation de l’économie de la culture en Limousin (Avec) a travaillé pendant cinq ans sur un projet de promotion du territoire par la culture, Géoculture – le Limousin vu par les artistes. Avec l’énergie de 1,5 équivalent temps plein (sic !), neuf parcours thématiques, comment Claude Monet en Creuse, ont vu le jour, tous promus par un site web et une application. Il a fallu 5 ans pour mener à bien ce projet liant le savoir-faire de différents offices de tourisme, a expliqué Giulia Garatto, responsable de développement de l’Avec. Il lui faut aujourd’hui relever le défi du faire-savoir, sur une planète web peuplée de milliards d’idées.

Un accélérateur de talents

Jeter des ponts entre culture et tourisme, c’est aussi ce qui guide les pas de la French Tech Culture. "Nous avons utilisé de grands événements culturels, qui totalisent plus de 2 millions de spectateurs sur un mois, pour créer une dynamique autour de l’entreprenariat", a indiqué Pascal Keiser, son coordinateur général. C’est ainsi qu’est né The Bridge à Avignon, dont il est le cofondateur. Il s’agit d’un accélérateur, qui a accompagné 30 start-up depuis sa création en juillet 2015, tout en prenant 3% à 7% du capital. Environ la moitié de ces jeunes pousses ont un lien avec le tourisme.

Dépasser les différences linguistiques

Theatre in Paris est l’une des start-up que The Bridge a accélérée. Son concept : un système de sur-titrage anglophone pour que des théâtres puissent faire découvrir la culture française à des clientèles internationales. "Nous sommes déployés dans cinq théâtres, a souligné Carl de Poncins, président-cofondateur de la jeune pousse parisienne. Nous travaillons aussi sur des technologies plus immersives de sur-titrage comme des lunettes de réalité augmentée, qui permettent de traduire à terme dans plusieurs langues en même temps, avec un bon confort de lecture". Les Chinois et autres Russes devraient apprécier.

Travailler ensemble

Vivre ensemble, c’est aussi travailler ensemble. "La cohabitation entre tourisme et culture est assez nouvelle, une relation de défiance a longtemps dominé. La révolution numérique a incité les acteurs à se rapprocher", a souligné Brice Duthion, maître de conférences au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam). Toutefois, les échanges à l’occasion de la table ronde ont montré que ce n’est pas une mince affaire... L’intérêt particulier - d’une institution, d’un territoire ou d’une entreprise - l’emporte parfois sur l’intérêt général. C’est là que le bât blesse. C’est là aussi que les Rencontres du tourisme culturel ont un vrai rôle à jouer. Dommage que la deuxième édition soit prévue dans seulement deux ans. La dynamique est lancée, et la poursuivre sur un rythme annuel aurait de vraies vertus.

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