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TUI France : le torchon brûle entre la direction et les employés

Un CSE extraordinaire a été convoqué hier, pour préparer la réouverture d’agences intégrées et de clubs de vacances. Soit à la veille de l’annonce de la restructuration de TUI France.

[ARTICLE MIS A JOUR A 13H45] TUI France a organisé aujourd’hui un Comité social et économique (CSE) sur son plan social, qui s’inscrit dans le cadre des 8000 emplois supprimés dans le monde. Le voyagiste prévoit de supprimer jusqu’à 583 postes, soit les deux tiers des effectifs dans l’Hexagone. La direction a convoqué un autre CSE hier, afin de préparer la saison estivale. « TUI France prévoit la réouverture cette semaine d’une trentaine d’agences de voyages intégrées, et d’une trentaine de clubs en Europe », explique Lazare Razkallah, secrétaire général du CSE de l’entreprise.

« La direction avait besoin d’un avis consultatif mais obligatoire du CSE, pour ces réouvertures au demeurant souhaitables, ajoute le délégué CGT, premier syndicat au sein du voyagiste, qui nous a répondu très tôt ce matin. Nous n’avons pas pu rendre un avis éclairé, puisque nous n’avions pas les informations du CSE d’aujourd’hui sur l’avenir de TUI France, qui concerne notamment la distribution. Tous les projets s’inscrivent dans un projet général, nous avons besoin d’une vue d’ensemble. La direction passe finalement en force, elle a décidé d’ouvrir les agences sans attendre notre avis. »

Une trentaine d’agences et de clubs vont rouvrir

Nous avons interrogé la direction de TUI France au sujet de la réunion d’hier et de ses annonces. « Nous allons bel et bien rouvrir des agences, à partir de mardi », et non demain, nous répond une porte-parole de la direction. Le voyagiste met en place, d’ici là, son protocole sanitaire afin d’accueillir les clients « dans les meilleures conditions ». « Aujourd’hui, aucune agence intégrée n’est ouverte », rappelle-t-elle.

La direction nous confirme aussi la réouverture prochaine d’une trentaine de clubs en Europe. Ces hôtels-clubs seront en Espagne, en Italie, en Grèce et en France (Corse), selon nos informations. « Nous ressentons une reprise au niveau des réservations », ajoute la porte-parole.

Jusqu’à 583 postes supprimés

Le CSE d’aujourd’hui avait pour ordre du jour « le changement de modèle d’organisation de TUI France et ses conséquences sociales ». Un changement massif, et lourd de conséquences sur le plan social. « Le projet présenté aujourd’hui en CSE prévoit la suppression de 317 postes, hors l’impact potentiel dans le réseau d’agences intégrées, précise la direction dans un communiqué. En cas de fermetures de ces agences, l’impact s’élèverait à 583 postes. »

Les salariés du voyagiste, numéro 1 en Europe, sont au chômage partiel depuis la mi-mars, jusqu’à la mi-septembre. « Le gouvernement a mis en place l’activité partielle pour sauver des emplois, pas pour licencier. Je vais dénoncer les décisions de TUI France, qui aurait dû profiter de ce dispositif pour faire le dos rond. D’autant plus que le groupe a été recapitalisé, et que la reprise démarre. » L’heure n’est plus à l’union sacrée, qui prévalait encore au mois de mai

Vers un « ajustement des business plans et des coûts »

Nous avions interrogé la direction de TUI France, mi-mai, sur les conséquences du plan de restructuration de TUI Group, prévoyant la suppression de 8000 postes dans le monde. « Il est prématuré de parler de PSE ou PDV (plan de départ volontaire, NDLR) à ce stade, nous avait-on répondu. Nous pouvons ajouter que comme tout actionnaire, le groupe TUI doit s’assurer de la rentabilité de ses investissements. Dans ce cadre, et compte tenu de l’impact de la crise sur le secteur du tourisme et du rythme de la reprise, il est probable que le niveau d’activité d’avant crise ne soit pas atteint avant plusieurs mois, voire années. Dans ce cadre, il est clair qu’imaginer reprendre comme si rien n’avait changé est impossible. Un ajustement des business plans et des coûts pourrait s’imposer. C’est bien le sujet des discussions actuelles avec la maison mère. »

Le voyagiste compte 850 salariés en CDI en France. Les équipes ont déjà connu plusieurs plans sociaux (600 postes supprimés en 2012, 330 postes en 2013, plus de 300 postes en 2017).

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