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Temps couvert sur le trafic transmanche

Les difficultés de SeaFrance servent en partie ses concurrents, mais la surcapacité dans le détroit du Pas-de-Calais reste criante.

L’avis de mer agitée n’est pas levé sur le Channel. À l’heure des bilans estivaux, les compagnies de ferries ont autant le regard fixé sur la saison qui s’achève que sur les semaines et mois qui arrivent. La décision la plus attendue est celle du tribunal de commerce de Paris, qui doit se prononcer, à partir du 15 septembre, sur l’avenir de SeaFrance. A priori, il devrait donner le feu vert au plan de redressement, qui prévoit 725 suppressions d’emploi. Tous les syndicats l’ont signé fin juillet et Bruxelles vient d’accepter son financement par la SNCF, la maison mère de la compagnie.

PLUS DE CANDIDAT À LA REPRISE

Le juge devrait donc éviter la liquidation judiciaire, encouragé en cela par les résultats du mois de juillet, premier mois d’exploitation positive pour la compagnie en 2010. Insuffisant toutefois pour combler les 20 ME de pertes accumulées depuis janvier. Quant à l’éventualité d’une reprise, elle vient d’être écartée, la société Being Bang, seule à avoir déposé un dossier, ayant retiré son offre. Mais quelle que soit la décision rendue, SeaFrance restera confrontée, comme ses concurrentes, à la surcapacité persistante sur le détroit du Pas-de-Calais. LD Lines vient d’ailleurs d’en faire les frais, forcée de mettre un terme, à partir du 5 septembre, à ses liaisons passagers entre Boulogne et Douvres, lancées en février 2009. « L’essentiel des volumes du transmanche se fait sur le détroit, mais la concurrence est telle que ça semble difficile pour un outsider comme nous de s’installer », commente Jonathan Claquin, responsable de la communication de la compagnie. Profitant des difficultés de SeaFrance, P et O Ferries, qui opère sur Calais-Douvres, et Norfolkline, qui relie Dunkerque à Douvres, parviennent toutefois à tirer leur épingle du jeu sur le trafic tourisme dans le détroit. La première a ainsi enregistré durant les huit premiers mois de l’année une hausse de 4,5 % du nombre de passagers et de 15 % du trafic autocars, tandis que la seconde tire les bénéfices de sa politique tarifaire agressive et de l’ouverture, ces derniers mois, de ses bateaux aux groupes en autocar.

DE MAUVAIS CHIFFRES POUR LE FRET

Mais ces bons résultats du secteur tourisme sont malheureusement contrebalancés par les mauvais chiffres du trafic fret, qui plombent les comptes des compagnies. Au départ de Bretagne ou de Normandie, le marché est aussi fragile. Si LD Lines se déclare satisfaite des résultats sur les liaisons Le Havre-Portsmouth et Dieppe-Newhaven, Brittany Ferries, qui opère au départ de Caen, Cherbourg, Saint-Malo et Roscoff, évoque des résultats sur l’été en léger retrait par rapport à l’an dernier. « Mais on est dans nos objectifs, assure Christophe Mathieu, directeur du pôle stratégie et commercial de la compagnie. Sur la clientèle britannique, le ferry a repris des parts de marché à l’aérien low cost. Et le marché français, même s’il reste faible en volumes, affiche un taux de progression à deux chiffres. » Reste que la compagnie bretonne, qui devait faire face lundi à une grève d’une partie de ses salariés de Caen-Ouistreham, continue de lorgner le détroit du Pas-de-Calais. Elle s’est d’ailleurs penchée sur le dossier de reprise de SeaFrance, mais l’aurait trouvé trop cher. « Compte tenu de l’importance des flux sur cette zone, on ne peut pas exclure de s’y positionner aussi », poursuit Christophe Mathieu. Tout en reconnaissant que la surcapacité déjà existante conduit à « une guerre tarifaire qui fait des victimes jour après jour »…

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