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L’édito de Dominique Gobert : tourisme, l’année de toutes les peurs…

Ce ne sont pas tellement des cris de colère, ce sont surtout des cris de désespoir. Le cri d’angoisse des adhérents du Cediv, petits patrons au bord du gouffre, cri de tristesse, d’impuissance d’un grand patron, entrepreneur avant tout et qui va « trahir », sans être responsable, ceux qui lui ont fait confiance…

Pourtant, de la colère, il y a de quoi en avoir. Je relisais avec attention le communiqué d’Adriana Minchella, présidente du Cediv, ce groupement d’agences indépendantes, petits entrepreneurs qui gèrent au jour le jour une situation que personne n’est capable, non seulement de leur expliquer, mais surtout de tracer l’avenir.

Pour eux, l’avenir et celui de leurs salariés, c’est comme les lits de réanimation, apparemment en grave péril dans nos hôpitaux : il n’y en pas assez ! D’ici la fin de l’année, malgré les dispositions importantes prises « à l’arrache » par le ministre de tutelle (qui aura gagné, mais ça c’est de la basse politique), ses galons de ministre à part entière, les Français ne voyageront pas. Et ne rentreront pas dans une agence de voyages.

Là aussi, comme pour les agences évènementielles, les discothèques, les restos, les bars, on ne pourra pas vivre d’amour et d’eau fraîche, si je puis me permettre…

Président Macron, tout brillant et intelligent qu’il soit, ne peut hélas pas faire grand-chose. Peut-être pourrait-il s’entourer mieux et oublier, pour une fois, un équilibre « politique » qui n’a vraiment pas cours en ces temps… de guerre.

En revanche, sa « psychologie » de l’économie, pour employer un langage désuet mais tellement parlant, c’est balivernes et billevesées !

Ce qui est navrant, de la part du chef de l’Etat comme de ses principaux « adjoints », c’est ce manque absolu de connaissance du terrain, du manque total de connaissance envers ces patrons, entrepreneurs, générateurs, créateurs d’emplois qui ne demandent rien d’autre que d’être « appuyés » par leurs autorités de tutelles dans les grandes crises.

Nicolas Brumelot, cofondateur avec son vieux complice Carlos Da Silva, de Misterfly (sans oublier la formidable réussite de Go Voyages) résume très bien la situation.

Dominique Gobert, éditorialiste

Une entreprise fondée il y a à peine cinq ans, en plein essor, largement bénéficiaire, récompensée et reconnue par l’ensemble du secteur, obligée de procéder à des licenciements. Oh, pas comme certains, genre TUI France, que cette situation va finalement arranger et lui permettre de finir un « dégraissage » entamé depuis de longues années déjà.

Non, dans le cas de Misterfly, c’est une « contrainte de survie », une tentative de sauvetage indispensable.

Je ne peux que citer les paroles de Brumelot, celui qui consacre une part importante de sa vie personnelle à aider les plus malchanceux de la vie : « J’en veux à votre gouvernement, incapable de mesurer les conséquences de ses décisions. Personne ne mesure l’utilité ou l’efficacité même de ces mesures. Personne n’assume les conséquences des décisions. Il règne une impréparation inouïe qui serait impensable en entreprise. Comme si cela n’était pas suffisant, vous tentez de nous faire croire que ‘l’économie serait de la psychologie’ car d’après vous ‘Il faut partout où on le peut, relancer, relancer et dès maintenant, il ne faut pas attendre que tout soit simple, clair et transparent. L’économie ce sont des chiffres, des résultats qui viennent souvent constater les résultats d’une volonté’.

L’horizon de temps de survie des entreprises, en particulier celles de l’industrie du tourisme qui subit un pilotage à vue, la précarité, la pauvreté qui explose, le désastre humain, social et économique, ne doit souffrir aucune attente et ne peut plus souffrir aucun calcul, demi-mesure ou autre tergiversation.

Aux sentiments de profonde tristesse, de culpabilité et de colère succède un sentiment d’inquiétude ! »

Rien d’autre à ajouter ! Vous avez la parole, Président…

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