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Le chaos

Dramatique, terrifiant, douloureux, tel est le séisme survenu le 12 janvier en Haïti. Les premiers témoignages de cette catastrophe m’ont évoqué, bien malgré moi, assise confortablement à des milliers de kilomètres de là, l’atmosphère insoutenable et désespérante du roman de Cormac McCarthy, La Route. Nous sommes loin de la fiction pourtant, en voyant le sort des millions de Haïtiens errants, meurtris, démunis et désemparés. Pas plus que de malédiction concernant ce pays indépendant, régulièrement stigmatisé comme l’un des plus pauvres du monde, qui, après des inondations à répétition, subirait désormais une nouvelle sanction avec ce tremblement de terre. Laissons là les interprétations divines et les croyances ancestrales, même en ces terres qui cultivent le vaudou. Ce qui est bien réel, c’est la défaillance de l’État haïtien face à son devoir de protection et d’information de la population, la précarité sanitaire et les pillages qui tiennent pour beaucoup de l’instinct de survie ou encore le déploiement volontaire, mais désordonné, de l’action humanitaire. Préservée, la voisine et touristique République dominicaine sert de base arrière logistique.

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Pour les professionnels du tourisme que nous représentons, l’attention s’est en premier lieu portée sur l’impact potentiel du séisme sur le marché dominicain, Haïti ne bénéficiant en majeure partie que d’un tourisme affinitaire. Certains auront pu y voir un certain cynisme de la part de la presse professionnelle, alors rappelons simplement que notre vocation est d’informer sur ce secteur d’activité qu’est le tourisme. Oui, Haïti a besoin de nous, aujourd’hui et demain, comme en son temps le Sri Lanka, victime du tsunami. Nous ne l’oublions évidemment pas. La population française s’est spontanément inscrite dans un élan de générosité solidaire, qui ne se dément pas à l’échelle internationale. « La charité est devenue un produit de consommation de masse », précisait déjà Bernard Kouchner en 1986. Et les entreprises ne sont pas en reste. La rapidité avec laquelle le charity business se déploie et certaines marques se lancent dans la communication humanitaire me laissent cependant un peu perplexe. La surenchère de bons sentiments- qui ne durent d’ailleurs qu’un temps – nedoit pas faire oublier les responsabilités des gouvernements, et en aucun cas être un levier marketing événementiel nauséeux.

Laurence ROUSSEAU
Directrice de la rédaction

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