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Fille d'un ancien ministre, elle fait enfermer un équipage d'Air France

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Quatorze membres d'un équipage argentin d'Air France ont vécu «un calvaire» fin octobre à leur arrivée à Buenos Aires.
Quatorze membres d'un équipage argentin d'Air France ont vécu «un calvaire» fin octobre à leur arrivée à Buenos Aires.
© Boeing

Interpellés, interrogés, incarcérés pour finalement être relâchés sans explication. Voilà le calvaire qu’ont vécu les 14 membres d’un équipage d’Air France à Buenos Aires. Une histoire incroyable qui a fait bondir la direction et le syndicat d’Air France.

Nous sommes "particulièrement choqués" par les événements. C’est par ces mots qu’a réagi Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air France, après l’arrestation d’un équipage d’Air France en Argentine. Selon le syndicat d'hôtesses et stewards SNPNC, fin octobre, un équipage de la compagnie a vécu un véritable "calvaire" à Buenos Aires.

Dans cette histoire rocambolesque, tout est parti "d'accusations proférées par une passagère", fille d'"un ancien vice-ministre de la Justice". Selon l'AFP, cette passagère argentine, médecin de 29 ans, s'est rendu au commissariat de l'aéroport d'Ezeiza et a porté plainte, accusant son voisin de s'être masturbé dans l'avion. Pourtant quand elle s'était plainte pendant le vol de son voisin, elle n’avait jamais mentionné à l'équipage l'épisode de la masturbation. Deux fois, l'équipage avait réveillé le passager français car il empiétait sur l'espace de sa voisine.

D’après le SNPC, l'équipage a d'abord refusé à la passagère d'être surclassée en classe "business", faute de place, puis a accepté de la changer de siège, en vol, après qu'elle s'est plainte "d'une attitude déplacée de son voisin", "malgré le fait que l'équipage n'ait constaté aucune anomalie à ce sujet".

Enfermé dans une pièce d'un mètre carré

La suite est invraisemblable : "les services de police argentins ont immédiatement interpellé à l'atterrissage une partie de l'équipage", l’a retenue pendant six heures au commissariat de l'aéroport, puis convoqué la totalité le lendemain au tribunal de Buenos Aires.

Au palais de justice, le chef de cabine a été "enfermé dans une pièce d'un mètre carré, sans possibilité de s'asseoir, ni de boire et manger et ce pendant plusieurs heures", sans "aucune explication. Deux gardes armés étaient constamment placés devant la porte", un "traitement humiliant" qui l'a "profondément bouleversé".

Interrogé par le père de la "victime"

Suivent "un véritable interrogatoire" par le juge, mais aussi par l'ancien vice-ministre de la Justice, père de la plaignante qui l'a questionné directement et à plusieurs reprises alors qu’il n’exerce plus aucune fonction. Il a ensuite "purement et simplement relâché sans excuse ni explication".

Le passager, lui, a été placé à l'isolement pendant 24 heures sur décision du juge, sans avoir accès à un avocat ou à l'assistance consulaire. Il a été relâché le lendemain, sans être interrogé par le juge.

Jean-Marc Janaillac, le président de la compagnie, "a fait connaître au ministère des Affaires étrangères son indignation quant aux conditions de convocation et de détention arbitraires dont l'équipage d'Air France a été victime".

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