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Les cabarets parisiens, revu(e)s et corrigés

Après le lancement du Mugler Follies l'an dernier, le Lido passe à l'offensive en entamant un relooking complet, alors que le Crazy Horse prépare un nouveau show. Le marché entre-t-il en ébullition ?

Cela faisait des années que le secteur vivait au rythme des fermetures d'établissements. Autant dire que le lancement du Mugler Follies, il y a tout juste un an, a fait son effet dans le petit monde des cabarets parisiens. Un vaste lieu (le Théâtre Comedia, plus de 700 places), la griffe du célèbre couturier Thierry Mugler, et un spectacle qui casse les codes du genre : le nouveau venu est arrivé avec de sérieuses ambitions. Un an plus tard, c'est le Lido qui passe à l'offensive. Le 2 décembre, l'établissement des Champs-Élysées a donné la dernière représentation de sa revue Bonheur, créée il y a dix ans, avant de refermer ses portes pour quatre mois de lifting intégral. Nouvelle machinerie, nouvelle décoration, et surtout nouveau spectacle : le 2 avril 2015, c'est un Lido nouvelle génération qui doit rouvrir. Le groupe Sodexo, qui contrôle les lieux depuis 2006, a mis 25 millions d'euros sur la table et a fait appel à une pointure internationale : Franco Dragone, ancien du Cirque du Soleil, devenu l'une des références en matière de création de grands shows. Au Lido, il promet une rencontre entre la tradition parisienne, avec plumes et danseuses dénudées, et la modernité technologique, intégrant notamment un mur d'écran LED. Pour Sodexo, il s'agit clairement de repartir à la conquête du marché après plusieurs années poussives. Car celui qui fut autrefois le leader est désormais loin derrière le Moulin-Rouge : 36 M€ de chiffre d'affaires et 450 000 clients l'an dernier, contre 62 M€ et 630 000 spectateurs pour son concurrent historique.

La puissance de la marque Moulin Rouge

Avec sa nouvelle revue, le Lido vise désormais 30 % de croissance au cours des trois prochaines années. De quoi inquiéter le Moulin Rouge ? Ce dernier surfe depuis près de 15 ans sur un succès auquel le film éponyme de Baz Luhrmann, sorti en 2001, a beaucoup contribué. Résultat : la marque Moulin Rouge suffit à elle seule à remplir chaque soir deux salles de 850 places, dont le taux d'occupation moyen atteint 96%. Imbattable. Pour sécuriser ses ventes, le cabaret de Pigalle s'est aussi imposé une règle en or : au moins 50% de public français, et pas une seule nationalité étrangère qui dépasse les 10 %. Reste le spectacle lui-même, Féerie. Lancé en 1999, « il continue à plaire », assure Jean-Jacques Clerico, le PDG. Amorti depuis longtemps, il permet surtout à l'entreprise de dégager d'énormes quantités de cash qu'elle a choisi de consacrer, ces dernières années, particulièrement au rachat des murs du cabaret, « ce qui nous donne de la liberté pour la suite », poursuit Jean-Jacques Clerico. Le renouveau annoncé du Lido pourrait cependant forcer le Moulin Rouge à une riposte scénique. « Nous avons un spectacle dans les cartons depuis 2008, reprend le PDG, et la scénographie sera prête fin 2015. » Sans attendre, il promet aussi du nouveau dès le début de l'année prochaine, de quoi « déstabiliser le Lido lui-même ». Le doyen des établissements parisiens ne semble pas davantage perturbé par l'arrivée du Mugler Follies l'an dernier. Michel Lumbroso, le producteur de cette nouvelle revue et copropriétaire du Théâtre Comedia, ne se positionne d'ailleurs pas en concurrence frontale avec les poids lourds du secteur. « Notre spectacle est d'un accès moins évident sur le plan artistique et dès le départ, notre volonté était d'aller chercher un public différent de celui des revues traditionnelles », commente-t-il. Pari réussi ? Après un premier semestre plus laborieux que prévu, la deuxième partie de l'année est conforme aux objectifs. « On atteint les 70% de remplissage moyen, et on devrait finir l'année avec 80 000 spectateurs, annonce-t-il. Nous avons du baisser le prix facial mais le ticket moyen est resté stable. » L'aventure semble donc appelée à se poursuivre, d'autant que les contrats avec les professionnels du tourisme commencent à porter leurs fruits en termes de ventes.

Nouveau spectacle en vue au Crazy Horse

Si le succès se confirme, c'est davantage au Crazy Horse que le Mugler Follies pourrait finalement faire de l'ombre. Le cabaret de la rive gauche, qui se présente comme « le plus petit des grands » (250 places), était en effet l'un des seuls à occuper un créneau hors des sentiers classiques. « Nous sommes plus iconoclastes et avant-gardistes que les autres », explique Philippe Lhomme, son PDG. L'établissement est surtout célèbre pour ouvrir sa scène de manière éphémère à des personnalités, dont la dernière, début novembre, fut le drag queen Conchita Wurst. « L'arrivée de Mugler nous a déjà conduit à modifier l'été dernier le final du spectacle créé en 2009 par Philippe Découflé, reconnaît Philippe Lhomme. Et nous avons pris la décision de préparer un nouveau spectacle pour les prochaines années. » Reste à trouver la bonne fenêtre de tir pour le lancer.

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