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Pass sanitaire : sera-t-il obligatoire dans les campings ? Non, mais…

Suites aux annonces du président de la République, les professionnels de l’hôtellerie de plein air tentent de s’organiser, mais attendent encore des réponses sur un point essentiel : la piscine.

Trois jours après les annonces d’Emmanuel Macron, les standards sont en suchauffe dans certains campings, pressés de questions au sujet du pass sanitaire. Sera-t-il obligatoire de détenir ce sésame pour passer des vacances au camping ? La réponse est non : le pass sanitaire ne sera pas demandé au vacanciers pour accéder aux emplacements ni aux locatifs. En revanche, il devrait bel et bien conditionner l’accès aux restaurants des campings… et à leurs piscines. « Notre grosse difficulté, ce sont les piscines, car cela suppose de très grosses contraintes logistiques, souligne Nicolas Dayot, le président de la Fédération Nationale de l’Hôtellerie de Plein Air (FNHPA). On sait que la piscine a une importance exorbitante dans les choix de vacances. Si les clients non vaccinés ne peuvent pas y accéder, cela entraînera des annulations. »

L’an dernier, alors que l’ouverture des piscines avait déjà été un sujet majeur pour le secteur, une étude réalisée par la FNHPA montrait en effet que 60% des clients étaient prêts à annuler leur séjour s’ils ne pouvaient pas profiter de la piscine. Pour le moment, le secteur n’enregistre pas encore d’annulations en cascades, même si des annulations commencent à tomber. Notamment de la part de certains clients étrangers, qui préfèrent finalement rester dans leurs pays pour ne pas avoir à supporter trop de contraintes sanitaires dans l’Hexagone.

Un casse-tête logistique

Les professionnels espèrent donc encore voir les piscines échapper au dispositif. « Nous comprenons la position gouvernementale au vu du risque sanitaire pour le pays, tient à rappeler Nicolas Dayot. On sait qu’ils ne prennent pas ces décisions de gaîté de cœur et nous sommes prêts à appliquer les règles. » Mais comme dans l’hôtellerie, la mise en œuvre concrète du pass sanitaire dans les piscines inquiète les professionnels, notamment en raison des volumes de vacanciers à gérer. « Au mois d’août, ce sont 9 millions de personnes, rappelle Nicolas Dayot. On estime qu’un tiers des plus de 18 ans ne sont pas vaccinés, et qu’ils devront donc aller se faire tester toutes les 48 heures pour profiter de la piscine pour les établissements qui en disposent. Si on considère que nos établissements sont implantés à 70% en zone rurale, la pharmacienne du coin va a du souci à se faire. »

« Il y a 3800 espaces aquatiques en France, pour gérer les flux et contrôler les pass sanitaires, il faudrait entre 1,5 et 2 salariés. Ça fait 6000 à 8000 recrutements à assurer, alors que le secteur est déjà en tension en termes d’embauches », calcule Nicolas Dayot. « Le plus simple, ce serait que les piscines ne soient pas assujetties au pass sanitaire, conclut-il. Sinon il faut enclencher au plus vite une réflexion au niveau de la logistique. » Même si c’est pour eux aussi un coup de massue, en plein milieu de la saison, « les professionnels du secteur sont dans un état d’esprit très constructif, assure-t-il. Ils savent que le défi est énorme pour éviter la nouvelle vague. » Et sans doute avec elle, de nouveau, des fermetures.

Les décrets toujours attendus

Si ce nuage noir plane au-dessus du secteur, alors que la saison promettait de surpasser les records de 2019, quelques assouplissements sont toutefois venus rassurer les professionnels. Avec d’abord la tolérance pour les enfants et les ados de 12 à 17 ans. Afin de ne pas perturber les vacances en famille, la mise en place du pass sanitaire est pour eux repoussée au 30 août 2021. En ce qui concerne la vaccination des salariés travaillant dans les campings, là aussi, un délai a été accordé. Les personnes concernées ont jusqu’au 31 juillet pour se faire injecter la première dose, la seconde devant être faite le 30 août au plus tard.

Pour le moment, les décrets concernant le pass sanitaire ne sont pas encore parus, les discussions sont donc toujours en cours avec le gouvernement au sujet des piscines. « Il y a quelques jours Olivier Véran affirmait vouloir sauver l’été des Français, rappelle Nicolas Dayot. Si on veut sauver l’été de beaucoup de Français, il vaut mieux que les Français puissent aller à la piscine », insiste-t-il. 

Sur les mois d’été en 2020,  l’hôtellerie de plein air a représenté 52% des nuitées réalisées selon les chiffres de l’Insee, rapportés par la FNHPA.

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