Ferroviaire : Velvet obtient sa licence d’exploitations de trains à grande vitesse
Velvet, qui entend concurrencer la SNCF sur les lignes à grande vitesse de l’ouest de la France dès 2028, a obtenu sa licence d’exploitation.
C’est une « étape clé » pour Velvet, annonce la compagnie ce mardi matin. La « première compagnie de train à grande vitesse indépendante » a obtenu l’une des autorisations nécessaires pour pouvoir exercer sur le territoire français : sa licence d’exploitation.
Elle garantit que l’entreprise remplit les conditions juridiques et financières pour lancer des services de trains de voyageurs en exploitation commerciale. Pour que Velvet puisse, à l’horizon 2028, faire rouler ses trains, elle devra être accompagnée d’un Certificat de sécurité unique (CSU), attestant que l’entreprise maîtrise aussi les risques et son système de gestion de la sécurité.
Aller plus loin
« Ce premier sésame réglementaire permet à la compagnie d’entrer réellement dans la préparation de ses futures circulations », notamment en commandant des sillons et en accédant aux infrastructures, précise le communiqué. La licence « nous autorise à aller plus loin dans la préparation de nos trains, de nos équipes et de nos procédures », se réjouit Rachel Picard, co-fondatrice et présidente de Velvet.
Ancienne cadre dirigeante de la SNCF, elle a levé, avec son associé Tim Jackson, un milliard d’euros auprès du fonds d’investissement français Antin Infrastructure Partners. 850 millions d’euros ont servi à l’acquisition de douze trains Avelia Horizons de dernière génération commandés à Alstom – les mêmes que ceux que la SNCF doit mettre en service cette rentrée, que la compagnie nationale a baptisés TGV M.
Concurrence ferroviaire
Jusqu’à présent, et malgré l’ouverture du marché ferroviaire français à la concurrence en 2019, la SNCF continue d’exploiter l’essentiel du réseau à grande vitesse. Depuis fin 2021, plusieurs compagnies se sont toutefois lancées face à elle : l’italienne Trenitalia, qui dessert désormais Paris-Lyon, Paris-Marseille et Paris-Milan et l’espagnole Renfe, qui relie Marseille à Madrid et Barcelone.
D’autres projets indépendants sont annoncés : ceux de la société Le Train, basée à Bordeaux, et de Kevin Speed, qui entend lancer un train à grande vitesse omnibus à Lille, Strasbourg et Lyon.
10 millions de places
Velvet est pour l’instant le projet indépendant au stade le plus avancé. La compagnie avait baptisé son premier train à La Rochelle en avril 2026. Elle entend bousculer le marché en proposant une nouvelle offre de transport entre Paris et l’ouest de la France. Les liaisons commerciales cibleront ainsi Bordeaux, Angers, Nantes et Rennes. Elles doivent débuter en 2028 – la préfecture de la Nouvelle-Aquitaine en tête.
La compagnie ambitionne ainsi de désengorger un réseau qu’elle juge en crise capacitaire en y injectant 10 millions de places supplémentaires. Mais si Velvet vient chasser sur les terres de l’opérateur historique, elle entend éviter de tomber dans une guerre des prix ou une confrontation directe. Son positionnement s’écarte du modèle low cost incarné par Ouigo, pour s’orienter vers une alternative misant sur l’expérience voyageur et la liberté de choix.
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