Sous la pression du kérosène, TAP Air Portugal reste dans le rouge avant sa privatisation
Pénalisée par la hausse du carburant, TAP Air Portugal affiche près de 100 millions d’euros de perte semestrielle – malgré une fréquentation record.
Alors que l’État portugais s’apprête à trancher sur la cession d’une part significative du capital de TAP Air Portugal, le transporteur national a dévoilé, ce lundi 31 août, des résultats financiers affectés par la conjoncture.
Perte nette de 99,2 millions d’euros au premier semestre
Sur l’ensemble du premier semestre 2026, la compagnie enregistre une perte nette de 99,2 millions d’euros, contre un déficit d’environ 70 millions d’euros un an plus tôt – soit une dégradation de 40%. Le deuxième trimestre est particulièrement plombé, avec un résultat net négatif de 59,3 millions d’euros, à rebours du bénéfice de 38,3 millions d’euros dégagé à la même période en 2025.
Cette dégradation des comptes découle directement du renchérissement des coûts du kérosène. Liée aux tensions géopolitique au Moyen-Orient et, de fait, au blocage du détroit d’Ormuz, la facture de kérosène de TAP s’est envolée de 18,7% sur les six premiers mois de l’année. Et de 52,3% au seul deuxième trimestre.
Plus de passagers, des vols plus remplis
« Cet impact s’est immédiatement fait sentir sur les coûts », a reconnu Luís Rodrigues, président de la compagnie, dans un communiqué. Et de reconnaître le décalage temporel entre la hausse des dépenses opérationnelles et l’ajustement plus « graduel » des recettes, « dans la mesure où une grande partie des revenus du deuxième trimestre était déjà acquise au moment de la hausse des prix. »
Sur le plan opérationnel, la compagnie affiche pourtant une santé robuste : TAP Air Portugal a transporté 8,2 millions de passagers entre janvier et juin (+4,2% sur un an) via 57 500 vols. Porté par une demande soutenu vers ses marchés clés, notamment l’Amérique du Sud et l’Europe, le chiffre d’affaires semestriel a progressé de 4,3% pour atteindre 2 039 millions d’euros. Le taux de remplissage s’est quant à lui amélioré de 3,4%, pour atteindre 85,4%.
Privatisation
Ces résultats interviennent à un moment charnière. Après avoir achevé son plan de restructuration validé par la Commission européenne en contrepartie d’une aide publique de 3,2 milliards d’euros post-Covid, TAP a lancé sa feuille de route stratégique 2026-2035.
Le dossier entre désormais dans sa phase décisive : l’agence publique Parpública remet cette semaine au gouvernement son rapport d’évaluation des offres fermes déposées fin juillet par Air France-KLM et Lufthansa. L’exécutif portugais devra choisir le futur partenaire industriel appelé à acquérir jusqu’à 49,9% du capital de la compagnie, dont 5% réservés aux salariés, avant soumission aux autorités de la concurrence.
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