Dragon Ball : l’ancien site de Mirapolis va accueillir trois parcs à thèmes, 6 milliards d’euros investis par l’Arabie saoudite
L’annonce est énorme : « À Cergy-Pontoise, trois parcs à thème vont voir le jour », écrit Emmanuel Macron sur ses réseaux sociaux. Le projet est financé par le fonds souverain de l’Arabie saoudite.
Le monde français et européen des parcs de loisirs va s’en trouver bouleversé. Emmanuel Macront vient d’annoncer la construction prochaine de trois parcs de loisirs à Cergy-Pontoise, et plus précisément sur la friche de Mirapolis, qui fut le premier « grand parc d’attraction français ». L’opération est financée par le fonds souverain de l’Arabie saoudite (PIF), qui va investir six milliards d’euros dans la destination. « Du jamais vu depuis Disneyland Paris », assure Emmanuel Macron.
À la manœuvre : Qiddiya Investment Company, une filiale du PIF déjà à l’origine de la construction de Qiddiya City, une nouvelle destination destinée aux loisirs et aux nouvelles technologies en Arabie saoudite. A terme, Qiddiya City sera quadrillée par une douzaine de parcs à thèmes, un circuit de Formule 1 ou encore un stade pouvant accueillir plus de 50 000 spectateurs. C’est entre ces falaises saoudiennes, déjà, que le PIF prévoit d’installer le premier parc à thèmes autour de la licence Dragon Ball.
Les deux autres thèmes ne sont pas encore connus
Dragon Ball est l’une des franchises de divertissement les plus lucratives au monde, avec une valeur estimée entre 40 et 45 milliards de dollars. Sur la seule année fiscale 2024-2025, Toei Animation, propriétaire de la licence, a généré 1,46 milliard de dollars de revenus liés à Dragon Ball (films, livres, jeux vidéo, merchandising…). En France, Dragon Ball occupe une place à part dans l’histoire du manga.
Avec plus de 33 millions d’exemplaires vendus, Dragon Ball est le troisième manga le plus vendu en France derrière One Piece (51,5 millions) et Naruto (35 millions). Diffusé à partir de 1988 dans le Club Dorothée, les dessins animés liés à l’univers ont également alourdi le poids de la licence sur les volets émotionnels et, désormais générationnels. L’un des trois futurs parcs devrait lui être intégralement consacré.
Un projet « majeur » qui vient « confirmer la place de la France » sur la scène touristique
Les thèmes et la nature des deux autres parcs n’ont pas été précisés. Ils seront construits et ouverts successivement, le chantier devant s’étaler sur plusieurs années, sans calendrier défini à ce stade. « C’est un projet absolument majeur qui vient confirmer la place de la France en tant que première destination touristique au monde, et qui vient aussi témoigner de notre attractivité », se félicite une conseillère d’Emmanuel Macron.
Le projet, « né d’une discussion entre le président de la République et le prince héritier en décembre 2024 » à Ryad, lorsqu’ils ont découvert leur « passion commune » pour les mangas « et notamment Dragon Ball Z », selon une conseillère de l’Elysée, va générer « 22 000 emplois » directs attendus. Et c’est l’ouverture d’une « destination mondiale » selon Emmanuel Macron qui se profile en région francilienne.
Un bouleversement pour le secteur
La nouvelle doit forcément être observée par les plus grands acteurs français et européens du secteur. Pendant l’été, le président du Puy du Fou, Nicolas De Villiers, s’est plusieurs fois montré critique envers le projet. Le Parc Astérix, distant d’une cinquantaine de kilomètres de futur complexe, pourrait lui aussi voir un nouveau concurrent aux moyens démesurés tenter de séduire son propre bassin de clientèle.
Et si les moyens évoqués sont confirmés, la destination pourrait même venir faire de l’ombre à Disneyland Paris. Leader incontesté du secteur en Europe depuis son ouverture, le complexe de Marne-la-Vallée a, à titre de comparaison, investit 2 milliards d’euros dans la transformation et l’extension de son deuxième parc, rebaptisé Disney Adventure World.
Les principaux acteurs européens (Europa-Park, Efteling, PortAventura World…) pourraient, eux aussi, voir leur activité bouleversée par l’ouverture de ces trois futurs parcs franciliens. Jusqu’ici, l’ouverture de nouveaux parcs et leurs développements n’ont fait que grossir le marché. En France, premier marché européen, le secteur regroupe plus de 650 sites, génère 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploie près de 80 000 personnes*. La fréquentation totale dépasse les 70 millions de visites annuelles.
« L’objectif dans la création de ces parcs, c’est d’attirer les publics de touristes et de visiteurs qui peuvent visiter diférents parcs au cours d’un séjour francilien ou français », glisse-t-on d’ailleurs dans l’entourage d’Emmanuel Macron. Paris finira-t-elle par faire concurrence à Orlando ou Abu Dhabi sur ce segment ?
*SNELAC/Xerfi