Hôtel, zone « Londres » et attractions : les énormes projets du Parc Astérix d’ici à 2028
Égypte, Grèce et bientôt Londres : le Parc Astérix va investir 250 millions d’euros d’ici à 2030 pour continuer de faire voyager ses visiteurs autour du monde… et en attirer toujours plus.
Voilà dix ans que le Parc Astérix, propriété de la Compagnie des Alpes a embrassé une ambitieuse stratégie de croissance basée sur des investissements conséquents et continus. Encore plus dynamique depuis la fin de la crise sanitaire, le plus gaulois des parcs de loisirs ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et vient de dévoiler un plan prévoyant 250 millions d’euros d’investissements d’ici à 2030.
Avec une contrainte spécifique : allier la croissance de l’offre – et donc l’ouverture de nouvelles expériences – à la rénovation du patrimoine existant. « Certaines de nos attractions ont 36 ans », confirme Delphine Pons, la directrice générale du Parc Astérix. Ces dernières années, le site a su conjuguer ces deux paramètres. L’inauguration de la zone multirécompensée Festival Toutatis, en 2023, n’a par exemple pas empêché le remplacement de vieilles attractions par la montagne-russe familiale Cétautomatix cette année.
En 2027, ouverture de l’Odyssée, un hôtel de 300 chambres
Alors, que nous réserve le Parc Astérix pour les trois années à venir ? Dès 2026, la zone Égypte va être étendue. Le restaurant du Cirque prendra les allures d’une tente phénicienne pour devenir Le Comptoir d’Epidemaïs, l’inévitable marchand des aventures d’Astérix. Les chaises volantes deviendront L’envol d’Ibis et bénéficieront d’une rethématisation. Tout comme l’Oxygénarium, totalement redécoré, qui s’appellera désormais La Descente du Nil. Pas de nouvelles expériences en tant que tel donc, mais une réorganisation thématique visant à donner plus de place à l’Égypte, un univers plébiscité par les visiteurs du parc.
En 2027, la zone Grèce accueillera trois nouvelles attractions destinées aux plus jeunes. Mais pas que : après Santorin, Mykonos ou encore Knossos, c’est l’île de Sými, dans le Dodécanèse, que le Parc Astérix invitera à découvrir. En plus des attractions, un restaurant avec service à table de 500 couverts et une aire de jeux sont prévus – et déjà en construction – sur cette parcelle de 5 000m², auparavant occupée par les Jeux d’Odous et des tables de pique-nique.

Mais 2027 sera surtout marquée par l’inauguration de L’Odyssée, le quatrième hôtel du Parc Astérix. Le chantier, désormais visible par tous les visiteurs, est déjà bien engagé. L’établissement comptera 300 chambres. Il immergera ses hôtes dans le décor d’un caravansérail, véritable refuge du désert pour les marchands du monde oriental. Différents jardins sont prévus (Égypte, Phénicie, Perse, Mésopotamie) pour inviter à la flânerie et à la déconnexion.

Une nouvelle zone « Londinium » en 2028
En revanche, l’hôtel n’accueillera pas d’espace aquatique, comme le Parc Astérix l’avait envisagé. Différentes typologies de chambres sont prévues (de 4 à 6 personnes, sans compter les possibilités avec les communicantes). L’Odyssée abritera également 4 suites, une première pour le parc. En termes de tarif, l’hôtel sera classé 4 étoiles et devrait se positionner entre la Cité Suspendue et les Quais de Lutèce, expliquait Delphine Pons à L’Echo touristique fin 2023. L’Odyssée a été imaginé par Thierry Rétif, déjà créateur de nombreux hôtels thématiques pour les parcs de loisirs français (Parc Astérix, Puy du Fou).
Ce nouvel hôtel apportera une offre essentielle pour faire progresser la fréquentation du Parc Astérix par cette clientèle plus dépensière. En effet, les trois hôtels actuels enregistrent un taux d’occupation de 92% sur l’année. Lors des pics de fréquentation, ils tournent même à pleine capacité. D’autant plus que le parc, ouvert en 1989, compte bien faire largement parler de lui en 2028.
Cette année-là, le plus gaulois des parcs de loisirs prendra des accents british. En effet, le Parc Astérix a officialisé la construction d’une zone baptisée « Londinium ». Elle sera donc inspirée des aventures d’Astérix chez les Bretons, appellation antique du Royaume-Uni. « Dès la fin de l’année, nous entamons la déconstruction de la zone Rue de Paris, que nos visiteurs ne relient pas à l’univers d’Astérix », pose Delphine Pons. Pour la remplacer, donc, par cette future zone. Humour british, absurdités anachroniques et, bien sûr, bagarres entre les Gaulois et les Romains seront au programme.

Plus d’expériences couvertes
Dans la zone, qui sera majoritairement couverte, deux attractions majeures sont prévues. Le Parc Astérix a officialisé l’installation d’une montagne russe « immersive et majeure » par le constructeur Intamin, à l’image d’Uncharted, l’attraction ouverte par PortAventura World en 2023. Le parc ouvrira aussi une « attraction interactive » plongeant ses visiteurs au cœur d’une fête foraine londonienne. Une aire de jeux (encore), deux boutiques, un pub, mais aussi trois maisons hantées lors de la saison Peur sur le Parc, ou des espaces temporaires pouvant accueillir « zones de peur » ou patinoire à Noël, complètent l’immense offre de Londonium.

Fidèle à sa nouvelle ambition, le Parc Astérix va thématiser cette zone en détails. Picadilly Circus, Camden ou encore Big Ben seront notamment représentés. Une fois ces chantier terminés, « c’est près d’un tiers du parc qui aura été revu », indique Dominique Thillaud, le directeur général de la Compagnie des Alpes. Ces installations doivent par ailleurs permettre au Parc Astérix d’attirer toujours plus de monde, jusqu’à placer le parc « dans le Top 5 européen d’ici à 2035″, assume Delphine Pons.
900 emplois ETP créés
Cela passera par la croissance de l’offre donc, mais pas que. Le Parc Astérix envisage en effet d’étendre son calendrier d’ouverture. Il vise notamment les vacances d’hiver, désormais la seule période de congés pendant laquelle le site n’est pas ouvert. 900 emplois équivalent temps plein seront par ailleurs créés dans le cadre de ces réhabilitations et extensions.
Deuxième parc français (2,9 millions de visiteurs en 2025), le Parc Astérix se projette bien plus loin qu’en 2028. « Mais je ne vais pas tout vous révéler aujourd’hui… », sourit Delphine Pons. La construction d’un cinquième hôtel thématique est déjà toutefois en développement.
En validant ce financement de 250 millions d’euros en cinq ans, la Compagnie des Alpes confirme par ailleurs son ambition d’imposer ses parcs comme parmi les plus importants d’Europe. A l’issue de l’exercice 2023/2024, et pour la première fois, cette activité a généré plus de chiffre d’affaires que le métier historique du groupe : l’exploitation de domaines skiables.
« Un été 2025 plus compliqué que prévu »
En 2025, le Parc Astérix a attiré 2,9 millions de visiteurs. « Ca reste un record mais, comme beaucoup de parcs de loisirs, nous avons connu un été plus compliqué que prévu », reconnaît Delphine Pons auprès de L’Echo touristique. Le contexte « politico-économique » a provoqué « un certain attentisme » des Français, ce qui a « un peu desservi » le Parc Astérix cet été. Mais, dès l’année prochaine, le parc veut franchir la barre des 3 millions de visiteurs en misant notamment sur Cétautomatix, sa nouveauté ouvert sur le tard cette année.