En 2025, près de 40% des Français ne sont pas partis en vacances selon le Crédoc
La proportion de Français partis en vacances a progressé depuis la crise sanitaire, selon une étude du Crédoc réalisée pour l’ANCV. Mais les freins au départ reste nombreux.
En 2025, 63% des Français âgés de 15 à 69 ans sont partis au moins une fois en vacances*, selon une étude** du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) réalisée pour l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV). En creux, 37% ne sont pas partis, soit près de quatre personnes sur dix. Ce taux varie toutefois selon les études. D’après l’Observatoire Huttopia des vacances, réalisé par l’Observatoire Société et Consommation (ObSoCo) avec Jean Viard, 28% des Français ne partent pas en vacances.
Le taux de départ s’est toutefois redressé depuis la crise sanitaire, note le Crédoc. Il atteignait seulement 43% en 2021, alors que 56% des 15-69 ans étaient partis en 2009. La part des personnes déclarant ne jamais partir en vacances a, elle, diminué, passant de 18% en 2009 à 14% en 2025.
Les aides progressent mais ne suffisent pas
L’étude met également en avant la place des différentes aides au départ. Bien que le sujet ne soit pas une priorité nationale, 37% des 15-69 ans déclarent avoir bénéficié d’une aide au départ en 2025. Parmi les actifs occupés, 36% indiquent avoir reçu des chèques-vacances. Ils ont reçu ces chèques soit directement, soit par l’intermédiaire de leur conjointe ou conjoint. Ce qui peut d’ailleurs créer un biais, reconnaît l’étude.
En effet, un changement de formulation dans l’enquête élargit, depuis 2025, les personnes concernées aux conjoints. L’ANCV assure toutefois que le nombre de bénéficiaires directs a augmenté de 55% entre 2008 et 2024, pour atteindre 4,8 millions de personnes.
Ces dispositifs ne lèvent cependant pas toutes les difficultés. Parmi les personnes qui ne sont pas parties au cours des douze derniers mois, 70% citent des raisons financières. Le non-départ relève aussi de choix ou de contraintes personnelles. 23% des personnes interrogées déclarent préférer rester chez elles, tandis que les raisons de santé et les motifs familiaux sont chacun cités dans 14% des réponses.
Le tourisme, révélateur des inégalités sociales
Le tourisme, comme d’autres pans de l’économie française, fait aussi office de révélateur du creusement des inégalités sociales dans l’Hexagone. Ainsi, 21% des personnes aux revenus modestes déclarent ne jamais partir en vacances. Les personnes au chômage ou les femmes au foyer davantage concernés, au même titre que les personnes non ou peu diplômées. L’absence de vacances concerne également un quart des personnes séparées ou divorcées et 20% des celles vivant seules. Viennent ensuite les habitants des communes rurales, dont 20% déclarent ne jamais partir non plus.
À l’inverse, 43% des ménages aux revenus élevés partent plusieurs fois par an, contre 21% en moyenne. 37% des cadres et professions intellectuelles supérieures indiquent avoir l’habitude de partir plusieurs fois par an en vacances, tout comme 31% des retraités et 27% des professions intermédiaires. Les habitants de l’agglomération parisienne, plus diplômés que la moyenne, sont aussi plus familiers des multi-départs que le reste de la population (32% contre 16% des habitants de communes de 20 000 à 99 999 habitants).
90 ans après la loi du 20 juin 1936 accordant 15 jours de congés payés par an pour les salariés français, l’accès aux vacances est donc loin d’être un acquis pour une grande part de la population. Budget, isolement, santé… : les freins au départ demeurent nombreux, notamment pour les personnes les plus vulnérables.
*au moins quatre nuits consécutives en dehors du domicile
**L’ANCV a inséré une dizaine de questions dans le dispositif permanent d’enquête Conditions de vie du Crédoc. Les questions ont porté sur la fréquence des départs en vacances, les freins au départ, l’octroi d’aides ou de chèques vacances. L’enquête est menée en ligne trois fois par an et permet d’interroger un échantillon représentatif de 3 000 individus de 15 ans et plus. L’enquête s’est déroulée entre le 17 octobre et le 2 novembre 2025. Elle a permis d’interroger 3 133 personnes de 15 ans et plus.