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Pour les 90 ans des congés payés, VVF sonne la mobilisation pour le tourisme social

En 2026, Villages Vacances Familles (VVF) enclenche une grande réflexion autour des défis auxquels doit faire face le tourisme social. Et invite l’ensemble des acteurs du secteur à la mobilisation.

Le 20 juin 1936, la loi instaurant 12 jours ouvrables de congés payés pour tous les salariés de France était promulguée. « Une avancée sociale majeure », rappelle Martine Pinville, la présidente de VVF, lors d’une cérémonie de vœux organisée à Paris. Et, très vite, le début d’une aventure : celle du tourisme social. « Dans les premières années suivant 1936, la plupart des salariés avaient des congés payés… mais aucun endroit où partir », raconte l’ancienne secrétaire d’État. Les hôtels sont trop chers, et la problématique du départ en vacances du plus grand nombre se pose rapidement.

C’est suite à l’adoption de la troisième semaine de congés payés (1956) que VVF est créée (1959) avec un objectif clair : créer et exploiter des villages de vacances accessibles aux revenus modestes. Aujourd’hui, l’association exploite 90 villages de vacances, 32 campings et 12 résidences. Chaque année, plus de 350 000 personnes partent en vacances avec VVF. Mais, comme tous les acteurs du tourisme social, elle doit relever plusieurs défis cruciaux.

Les opérateurs du tourisme social doivent « travailler davantage tous ensemble »

« Le départ en vacances est d’abord un défi social », clame Martine Pinville. Face à la baisse voire à l’arrêt des politiques publiques d’aides au départ, les acteurs du tourisme social doivent « transformer » son modèle économique. « Depuis 1959, VVF a noué des partenariats solides avec les collectivités territoriales, propriétaires de 60% de nos résidences, les CSE, les acteurs de l’éduction populaire, l’ANCV… Nous devons, nous, opérateurs du tourisme social, travailler davantage tous ensemble », estime Martine Pinville.

Martine Pinville, le 15 janvier 2026, à Paris. © Florian De Paola

Notamment pour résoudre une problématique structurelle : l’entretien et la rénovation des villages de vacances. « La plupart des collectivités n’ont plus les moyens de garder les sites à niveau. Là aussi, nous devons trouver des solutions innovantes », poursuit la présidente de VVF. L’association envisage par exemple la création d’un fonds « dédié à cette problématique ». Elle veut également réaffirmer le rôle économique du tourisme social, notamment pour les territoires ruraux, en calculant les retombées directes sur l’économie locale. Les premiers résultats de cette enquête seront dévoilés l’été prochain.

Montrer que VVF « ne baisse pas les bras »

VVF va par ailleurs publier un « Manifeste pour des vacances populaires ». « Je ne sais pas à quoi cela ressemblera concrètement. Mais j’ai la sensation qu’on doit être plus proactif pour défendre le tourisme social », affirme Martine Pinville. Un colloque sera également organisé en juin à Paris pour « réfléchir sur la façon dont on peut maintenir la dynamique de VVF, et montrer qu’on ne baisse pas les bras. »

Autant d’initiatives à l’approche presque militante qui tendent à trouver des solutions vers l’élaboration d’un « nouveau modèle », plus conforme aux réalités opérationnelles de 2026. Parce que le combat pour le droit aux vacances du plus grand nombre est loin d’être gagné. Selon le Secours Populaire, en France, près d’un enfant sur 3 ne part jamais en vacances.

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