Porté par ses classes affaires et premium, Air France-KLM résiste à l’envolée du carburant
La compagnie est parvenue à absorber l’envolée de sa facture de carburant grâce à la hausse de ses tarifs et au succès de ses classes premium.
Le groupe Air France-KLM a publié des résultats financiers marqués par une nette résistance face au renchérissement du carburant. Au deuxième trimestre, la compagnie franco-néerlandaise est parvenue à compenser environ 85% du surcoût de son approvisionnement en kérosène – une performance expliquée par la hausse ciblée de ses tarifs et la dynamique soutenue de ses segments les plus haut de gamme, malgré des tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient.
« C’était un trimestre dur »
Sur la période d’avril à juin, la facture de carburant s’est alourdie de 800 millions d’euros par rapport au deuxième trimestre 2025. Sur l’ensemble de l’exercice 2026, la dépense totale en kérosène du groupe devrait atteindre 8,9 milliards de dollars (environ 7,7 milliards d’euros), contre 6,9 milliards un an plus tôt. Le cours du kérosène a connu une forte volatilité au cours des derniers mois, doublant fin avril avant de se stabiliser autour d’une hausse de 60% par rapport à l’avant-crise. Bien que le groupe dispose d’un programme de couverture financière (67% de ses besoins couverts pour 2026 et 40% pour 2027), l’impact financier demeure massif. « C’était un trimestre dur », a reconnu le directeur financier, Steven Zaat, lors d’une conférence de presse.
Le bénéfice net trimestriel a reculé de 71%, à 190 millions d’euros, tandis que le résultat d’exploitation s’est contracté de 58%, à 455 millions d’euros. Sur les six premiers mois de l’année, le groupe enregistre une perte nette de 61 millions d’euros, après un bénéfice net de 401 millions sur la même période en 2025. Pour autant, l’activité commerciale est restée vigoureuse : le chiffre d’affaires trimestriel a progressé de 10%, atteignant 9,3 milliards d’euros, portant les revenus semestriels à 16,8 milliards d’euros.
Vigueur des classes supérieures
C’est la recette unitaire (par passager) qui a permis au groupe de sortir la tête de l’eau : celle-ci a progressé de 8,7% à taux de change constant. Le directeur général, Benjamin Smith, a souligné la vigueur de la demande sur les classes supérieures, particulièrement sur les liaisons long-courriers avec l’Asie et l’Amérique du Nord. Sur les cabines affaires et premium economy, le chiffre d’affaires a crû de 11%. En Première, les recettes ont même bondi de 25%, pour une offre de sièges accrue de seulement 12%, illustrant l’appétit d’une clientèle peu sensible à la hausse des prix des billets.
Pour préserver sa rentabilité, Air France-KLM a légèrement révisé sa trajectoire de capacités pour 2026, désormais attendue entre 2 et 3%, contre 2 à 4% auparavant. Cette modération se traduira d’ici la fin de l’année par des réductions de fréquences sur les liaisons intra-européennes les plus exposées à la concurrence, notamment vers Düsseldorf et Londres.
Parallèlement, le groupe poursuit ses manœuvres de consolidation à l’échelle européenne. D’ici la fin de l’année, il prévoit de porter sa participation dans la compagnie scandinave SAS de 19,9% à 60,5%, intégrant ainsi le hub de Copenhague à ses bases de Paris-Charles-de-Gaulle et Amsterdam-Schiphol, prélude à une possible évolution de la dénomination du groupe. Air France-KLM a également déposé une offre ferme pour acquérir jusqu’à 49,9% de TAP Air Portugal, convoitée en parallèle par Lufthansa, afin de capter les flux stratégiques vers le Brésil et l’Amérique latine.
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