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Compagnie des Alpes : la mauvaise météo ralentit les parcs de loisirs au printemps

Le secteur des parcs de loisirs demeure très météo-dépendants, y compris pour les plus grands acteurs du secteur. La Compagnie des Alpes revoit même ses prévisions financières à la baisse.

Alors qu’elle n’a jamais autant pesé sur les résultats de la Compagnie des Alpes (CDA), l’activité « Parcs de Loisirs/Outdoor » du groupe enregistre un léger recul à l’issue du troisième trimestre de l’exercice en cours, période clé qui comprend les mois d’avril à juin. Sur la période, son chiffre d’affaires recule de 3,7% pour atteindre 198,9 millions d’euros. Et, sur les neuf premiers mois de l’exercice, il s’établit à 428,1 millions d’euros (-0,8%).

En cause : la météo défavorable au printemps. Avec un impact direct sur la fréquentation du Parc Astérix, du Futuroscope ou encore de Walibi Rhône-Alpes (-3,7% sur les neuf premiers mois de l’exercice). La « conjonction d’un temps particulièrement froid et pluvieux en mai puis de fortes canicules fin mai et en juin » et « un contexte géopolitique agité » enraye donc la croissance jusqu’ici ininterrompue des parcs de la CDA depuis la crise sanitaire.

Hôtels quasiment complets

Mais la filiale de la Caisse des dépôts et consignations trouve quand même plusieurs motifs de satisfaction sur la période évaluée. Ainsi, la dépense par visiteur augmente (+2% sur neuf mois), logiquement portée par la dépense in park plutôt que par la billetterie. Les autres revenus de la division « ont été nettement plus dynamiques », et notamment ceux générés par les hôtels « qui ont affiché des taux d’occupation élevés, et par les activités événementielles B2B », assure la CDA.

Mais le modèle économique du groupe, qui repose sur plusieurs activités complémentaires, lui permet d’amortir les contre-performances ponctuelles de l’une d’entre elles. Et là encore, la météo dicte sa loi. Ainsi, « de très bonnes conditions d’enneigement et d’ensoleillement jusqu’aux dates de fermeture des stations » permettent à la division de boucler la saison en douceur (64,6 millions d’euros au troisième trimestre, soit +8,4%).

Un incendie dans une résidence MMV

Sur les neuf premiers mois de l’exercice, le chiffre d’affaires de la division atteint 617 millions d’euros (+4,8%). Il est porté par l’activité des remontées mécaniques (+4,4%), qui représente environ 95% du total de la division, tirée par l’augmentation du nombre de journées-skieur (+0,9%) et une progression du revenu moyen par journée-skieur (+3,5%). La CDA a donc plus vendu, et plus cher.

La division Distribution & Hospitality (Travelfactory, MMV…) a généré 110,4 millions d’euros de chiffre d’affaires (-1,4%). Cette baisse s’explique principalement par la fermeture d’une résidence MMV à La Plagne, après un incendie survenu en avril 2025, selon la CDA. Hors impact de ce sinistre, le chiffre d’affaires de la division aurait progressé de 4,7%. Conformément à la stratégie du groupe, l’activité de Travelfactory, désormais orientée vers l’amélioration de la marge plutôt que vers la croissance du volume, est en baisse. Sur les neuf premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires total du groupe atteint donc 1 155,5 millions d’euros (+2%).

Des prévisions financières prudentes

Mais la CDA préfère adopter une posture de prudence. « Au regard de l’ensemble de ces facteurs exogènes et malgré les efforts déployés […] pour soutenir la fréquentation de ses parcs et contenir ses charges, le groupe table désormais sur une croissance de son EBO comprise entre 2% et 5% (contre proche de 10% précédemment) », indique un communiqué.

Dans ce contexte, la CDA va « renforcer encore sa discipline de gestion ». Outre des actions commerciales scrupuleusement suivies et, le cas échéant, renforcées, « l’ensemble des coûts opérationnels font l’objet d’un contrôle strict et sont examinés au regard de leur contribution directe à la performance et à l’expérience client sans remettre en cause les engagements stratégiques du groupe ». Autrement dit, chaque dépense sera passée au crible de sa rentabilité sans perdre de vue les investissements appelés à soutenir sa croissance future.

À moyen terme, la CDA maintient d’ailleurs ses prévisions. Le groupe vise un EBO supérieur ou égal à 500 millions d’euros pour l’exercice 2027/2028 ou 2028/2029, « avec une marge d’EBO durablement supérieure à 30% à partir de 2028/29 ».

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