Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Incendies : les campings limitent la casse, mais septembre pourrait alourdir la facture

Les incendies ont durement affecté les campings en Gironde, mais aussi dans les Landes et le Var. À l’échelle nationale, le secteur devrait toutefois parvenir à limiter les dégâts.

Deux millions de nuitées, tel est le « coût » des incendies pour les campings directement impactés, estime Nicolas Dayot, le président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air. (FNHPA). « Sur les 62 campings évacués, la perte de chiffre d’affaires est actuellement estimée à environ 15 millions d’euros », souligne-t-il. Ce montant pourrait atteindre 18 millions d’euros si le mois de septembre demeure atone.

Relancer les clientèles étrangères

« Dans la majorité des cas, le principal préjudice ne vient pas des dégâts matériels, mais de la perte d’exploitation. Or cette perte d’exploitation est beaucoup moins bien indemnisée que les dommages directs. »

Reste désormais à savoir si le mois de septembre permettra de limiter le manque à gagner. Les clientèles étrangères, représentant 30% des nuitées, se sont montrées particulièrement sensibles aux incendies, davantage encore que les Français, estime Nicolas Dayot. « Nous attendons par conséquent le lancement d’une campagne flash de reconquête portée par Atout France, prioritairement à destination des Allemands, des Néerlandais et des Belges. » Objectif : rassurer les clientèles européennes, sauver une partie de la fin de saison et convaincre ces mêmes prospects pour 2027. 

Une saison comparable à l’an passé

Sur l’ensemble du territoire français, le nombre de nuitées global se rapproche du niveau atteint l’an dernier. Certains vacanciers ont annulé leur séjour dans un département pour en réserver un autre ailleurs. La FNHPA a d’ailleurs encouragé cette « mobilité » géographique, plus facile pour des groupements de campings avec un maillage territorial. « Des campings ont proposé des solutions de remplacement aux vacanciers. Mais une partie de la clientèle a tout simplement renoncé à partir. »

« Au 15 août 2026, notre observatoire enregistrait ainsi une fréquentation nationale en baisse de seulement 0,6% par rapport à 2025. Le bilan reste donc proche de l’équilibre, même si cette moyenne masque d’importantes disparités entre les territoires. »

D’avril à septembre 2025, les campings avaient enregistré 147,5 millions de nuitées, en croissance de 4,5% sur un an.  

Un effet « coolcation »

Quelles sont les régions gagnantes et perdantes de l’été ? Les littoraux de la moitié nord, des Pays de la Loire aux Hauts-de-France en passant par la Bretagne et la Normandie, ont tiré leur épingle du jeu. La moyenne montagne a également bénéficié d’un regain d’intérêt. Certains territoires du Sud, qui avaient connu un début de saison en retrait, ont pu rattraper une partie de leur retard.

En revanche, les fortes chaleurs ont pénalisé des départements du Sud-Ouest, notamment l’Aveyron et le Lot-et-Garonne, estime Nicolas Dayot. Les départements voisins des zones incendiées ou évacuées, comme la Dordogne, ont parfois subi des annulations alors qu’ils n’étaient pas directement concernés, ajoute-t-il.

Le Sud reste la locomotive

Par conséquent, la moitié nord de la France enregistre pour l’instant une petite hausse de fréquentation et la moitié sud une petite baisse, sauf la moyenne montagne qui attire pour sa fraîcheur d’été.

La tendance coolcation (vacances à la fraîche) « se confirme », même s’il convient d’en relativiser la portée. Les quatre régions du Sud drainent 65% des nuitées des treize régions françaises.

« Si les étés très chauds deviennent la norme, les campings de la moitié nord pourraient rapidement atteindre un plafond de verre en termes de capacité, puisqu’ils disposent de moins d’emplacements. »

Des aides fléchées vers les campings sinistrés

À l’échelle nationale, environ 94 campings ont été évacués sur l’ensemble de la saison 2026. Entre cinq et dix ont brûlé en grande partie ou entièrement. Les aides du gouvernement sont davantage fléchées vers tous ces établissements.

Les nouvelles aides annoncées lundi par le Premier ministre pourraient conduire à une diminution des pertes prévisionnelles de 15 à 18 millions d’euros pour les campings, complète le patron de la FNHPA.

En plus du chômage partiel, sans reste à charge pour les entreprises évacuées ou sinistrées, des reports de charges sociales et fiscales sont également été proposés, mais sur une durée limitée à deux mois. « Nous souhaitons que ces reports puissent être prolongés jusqu’en juillet 2027, car les entreprises ne reconstitueront pas leur trésorerie avant le printemps prochain. »

Des assureurs peu flexibles

Des discussions sont également engagées avec les banques et les organismes de financement pour réaménager les échéances des prêts. Les échanges avancent plutôt favorablement.

La principale difficulté concerne les assureurs, poursuit Nicolas Dayot. Depuis la crise sanitaire, les contrats couvrent rarement les pertes d’exploitation lorsqu’il n’y a pas de dommages matériels. « Nous demandons davantage de souplesse, mais leur réponse reste pour l’instant négative. »

À lire aussi :

- Publicité -

Laisser votre commentaire (qui sera publié après modération)

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Dans la même rubrique
Eventiz from Travelsoft