Pierre & Vacances/Center Parcs : le tourisme progresse avant le changement d’actionnaire
Comme prévu par la nouvelle stratégie du groupe, l’activité « Tourisme » de Pierre & Vacances/Center Parcs grossit, tandis que « les autres activités », notamment immobilières, sont réduites à peau de chagrin.
À l’issue du troisième trimestre (d’avril à juin) de l’exercice 2025/2026, Pierre & Vacances/Center Parcs enregistre un chiffre d’affaires de 487 millions d’euros, en léger recul (-1%) par rapport à l’année dernière. Mais, conformément à la stratégie du groupe, qui va se concentrer sur l’exploitation touristique et abandonner progressivement la promotion immobilière, les activités touristiques (483,1 millions d’euros) sont en hausse (+2,2%).
Sur les neuf premiers mois de l’année, elles augmentent de 4,5% et portent la croissance globale du groupe, qui affiche 1 303 millions d’euros de chiffres d’affaires (+0,8%). « Dans un environnement international sous tension, ces résultats confirment la solidité et la résilience de notre modèle de tourisme de proximité », commente Franck Gervais, le directeur général de Pierre & Vacances/Center Parcs.
Center Parcs en forme en France
Dans le détail, toutes les marques « Tourisme » du groupe sont en croissance. Center Parcs, fer de lance de la stratégie déployée par le groupe, croît légèrement sur la partie « Tourisme » (+1,1%). Les domaines de la marque ont vécu des dynamiques différentes en fonction des pays. La France est en forme (+4,1%), grâce à la performance du domaine Villages Nature Paris, « portée par le lancement de World of Frozen à Disneyland Paris », explique le groupe.
En revanche, les domaines situés aux Pays-Bas et en Belgique sont pénalisés par la hausse de la TVA à taux réduit dans les deux pays. L’augmentation a directement impacté les prix moyens de vente des produits Center Parcs. En Belgique, l’activité a été préservée (+0,3%). Mais elle baisse significativement aux Pays-Bas (-6,1%), dont le prix moyen de vente s’effondre (-7,2%).
Les canicules impactent les réservations
Pierre & Vacances voit par contre son chiffre d’affaires s’envoler (+9,1%) grâce à la hausse du prix moyen de vente (+5,3%) et du nombre de nuits vendues (+3,6%). Le taux d’occupation des résidences chères au fondateur du groupe, Gérard Brémond, atteint 70,9% sur le trimestre (+1,5%). Et notamment celles de montagne (+38,4%) habituellement fermées à cette période (Avoriaz, Flaine…) : elles ont accueilli les forces de sécurité mobilisées à l’occasion du sommet du G7 organisé à Aix-les-Bains en juin dernier.
L’activité d’Adagio progresse aussi (+1,4%), principalement grâce à la hausse du nombre de nuits vendues (+3,6%), portée par l’ouverture de deux résidences à Londres (Royaume-Uni) et Stuttgart (Allemagne). Les épisodes de canicule en France « ont entrainé un ralentissement des prises de réservation », précise Pierre & Vacances/Center Parcs, qui se réjouit également de constater « la résilience » de la clientèle Corporate, « sur le mois de juin en particulier ». La marque affiche un taux d’occupation moyen à 81,9% (+3,4% par rapport à l’exercice précédent).
Vers un changement de propriétaires
Le chiffre d’affaires des autres activités touristiques, qui comprennent principalement l’activité de Maeva&Co, s’élève à 113,9 millions d’euros (+3,2%). La marque, qui investit massivement le segment des campings, poursuit sa croissance (+10,9%). Les ventes sur sites des différentes marques du groupe sont aussi en hausse (+3,4%), et ce malgré des fermetures partielles sur certaines activités extérieures dans les domaines Center Parcs pendant les épisodes de canicule en juin. Sur les neuf premiers mois de l’exercice, le chiffre d’affaires des autres activités touristiques s’établit à 300 millions d’euros (+4,5%).
Enfin, le chiffre d’affaires des autres activités atteint 3,8 millions d’euros, contre 19 millions l’année dernière. Une baisse décidée par le groupe donc, qui se désengage progressivement de ses activités immobilières, marquant ainsi une rupture avec son modèle économique historique. Et une baisse qui sera « sans incidence significative » sur l’EBITDA attendu par le groupe à la fin de l’exercice et calculé à 185 millions d’euros.
Un exercice qui sera sans doute le dernier avant l’arrivée au capital du fonds d’investissement d’Abu Dhabi Mubadala Capital. Le groupe émirati, qui devrait déposer son offre publique d’achat au premier trimestre 2027, possèderait ainsi plus de 80% de l’entreprise fondée en 1967 par Gérard Brémond, décédé il y a quelques semaines.