La forêt de Fontainebleau rouvre un mois après un terrible incendie
Si une grande partie des sentiers est de nouveau accessible, certains secteurs restent interdits au public pour des raisons de sécurité.
Au chant des oiseaux se mêle à nouveau samedi le murmure des grimpeurs venus escalader les blocs de grès emblématiques de la forêt de Fontainebleau, près de Paris, au premier jour de réouverture du massif forestier en partie dévasté par les flammes en juillet.
Sur le site de renommée internationale, à l’ombre des pins, une quinzaine de personnes déploient gaiement leurs tapis d’escalade, enfilent leurs chaussons et s’élancent, après quelques mouvements d’échauffement, vers l’ascension des rochers.
Après plus d’un mois de fermeture provoquée par de violents incendies qui ont calciné 10% de la superficie de la forêt – 2 000 hectares -, des habitués sont ravis de pouvoir retrouver les lieux.
« C’est la reprise des bonnes vieilles habitudes », se réjouit Gilles Moutounet, un cadre dans la distribution de 59 ans, qui passe la plupart de ses week-ends à grimper à Fontainebleau.
À quelques mètres de lui, sur un autre bloc, un couple de retraités vêtus de vert défie aussi les lois de la gravité. Accompagné de son épouse, tout droit venu de la ville italienne de Turin, Stefano Rosso, bientôt 70 ans, fréquente les sites d’escalade de la forêt et ses 30 000 blocs depuis trente ans.
En vacances dans la région, ils se sont rendus à Fontainebleau dans la matinée, lorsqu’ils ont appris que ses sentiers rouvraient au public.
« Aujourd’hui, c’était notre dernier jour de vacances, donc nous avons espéré jusqu’au bout que ça rouvre pour pouvoir voir les grands classiques » du massif, ajoute Sophia Pau, autre Italienne de 28 ans adepte de l’escalade de blocs.
« Zone interdite »
Si la zone des gorges de Franchard a été épargnée par les flammes, un cinquième de la forêt de Fontainebleau reste fermé et interdit d’accès pour des raisons de sécurité. De nombreux arbres, calcinés, pourraient tomber. Et des points chauds sont chaque jour éteints par les pompiers, toujours mobilisés.
Dans le secteur de la Faisanderie, particulièrement affecté le mois dernier, des barrières empêchent cyclistes et promeneurs d’emprunter certains sentiers. « Accès interdit », indique, en rouge et blanc, une pancarte signée du logo de l’Office national des forêts (ONF).
Casque de cyclisme vissé sur la tête, Lucas Horenburg et sa compagne vont devoir prendre un autre itinéraire pour poursuivre leur randonnée à vélo. « Après les incendies, on se demandait à quoi la forêt allait ressembler, le fait de pouvoir revenir assez rapidement, c’est rassurant », dit-il.
A proximité, le technicien de l’ONF responsable du secteur de la Faisanderie a un mot d’ordre en ce jour de réouverture : vigilance. « Malheureusement, on sait que réouverture égale feux de camp », déplore Julien Vabre.
Mobilisés le temps du week-end, ses collègues assurent des rondes pour contrôler le périmètre restreint de la forêt, en plus des missions de surveillance habituelles. « On sait que les gens vont se promener près de la zone interdite, la tentation d’y aller sera grande, par curiosité ou pour prendre des photos », dit-il.
Un sentiment d’inquiétude renforcé par la sécheresse de la végétation, aux couleurs d’automne, toujours très vulnérable à de nouveaux départs de feux.