Crue au Népal : le point sur les voyagistes français avec Éric Balian
Une crue dévastatrice a frappé le Népal le 26 août, emportant sur son passage maisons, routes et ponts. L’Écho touristique fait le point ce matin avec Éric Balian, directeur général de Terres d’Aventure (groupe Voyageurs du Monde), qui est en contact avec de nombreux autres voyagistes français.
L’Écho touristique : Vous êtes en lien avec de nombreux voyagistes français depuis hier, en tant que membre de la commission sécurité du Seto*. Des clients étaient-ils sur place au moment de la crue meurtrière du 26 août et quelle est la situation ce matin pour Terres d’Aventure, les autres marques de Voyageurs du Monde et la profession ?
Éric Balian : Je n’ai pas encore échangé avec tous les opérateurs. Mais d’après les informations recueillies à date, il n’y avait aucun client de tour-opérateurs français au Népal dans la région touchée, qu’ils soient spécialistes du tourisme d’aventure ou généralistes. Nous ne sommes pas du tout dans la haute saison pour les zones habituelles de trek, qui se déroule sur deux périodes : mars-avril, voire mai ; puis octobre-novembre, voire décembre.
Il est encore difficile d’estimer l’ampleur des dégâts, les informations restent parcellaires. Nous avons contacté nos guides et réceptifs népalais pour nous assurer qu’ils allaient bien. C’est le cas, nous sommes rassurés.

La zone de la crue est-elle surtout fréquentée par des randonneurs ainsi que des amateurs de trek et d’alpinisme ?
Éric Balian : Oui, mais pas du tout à cette époque de l’année, pour les Français notamment. Nous sommes dans une période de mousson marquée par de fortes pluies. Les treks reprennent à l’automne.
À l’heure actuelle, la zone de la crue est surtout fréquentée par des pèlerins indiens – nombreux parmi les portés disparus – en raison de célébrations au mont Kailash (Tibet). La route dévastée par la crue, appelée Lahmu Highway, permet justement d’accéder à ce mont. Elle longe la vallée de la Bhote Koshi où la rivière Trishuli a débordé.
Située au nord de Katmandou, cette vallée monte à la ville Syabru Besi, qui est le point de départ des treks allant dans la vallée du Langtang, perpendiculaire à celle de la Bhote Koshi.
Les prochains départs des spécialistes des treks seront-ils modifiés ou annulés ?
Éric Balian : Il est hautement probable que nous adaptions des itinéraires prévus dans la vallée du Langtang, qui n’a pas été immergée à ma connaissance. La crue aura peut-être également des incidences sur les accès au Tibet. Mais il est encore trop tôt pour l’affirmer. L’urgence pour le pays, c’est de retrouver les personnes portées disparues. Des guides et des réceptifs apportent leur aide.
Ce qui est terrible pour le pays et sa population, c’est que la vallée du Langtang avait déjà été dévastée lors du tremblement de terre de 2015.
*Syndicat des entreprises du tour-operating (Seto)
