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Parc de loisirs : le zoo de Beauval renonce à accueillir les dauphins du Marineland

Des mois d’atermoiements et un retour à la case départ : le ZooParc de Beauval renonce à son projet de centre d’accueil de dauphins, destiné à héberger notamment certains cétacés du Marineland d’Antibes. Leur avenir, encore incertain, devrait s’écrire loin de la France.

Finalement, le ZooParc de Beauval jette l’éponge. Le parc zoologique aux 1,8 million de visiteurs (2025) voulait accueillir « au moins huit » des douze dauphins du Marineland d’Antibes, définitivement fermé début 2025. Il voulait ensuite les installer au sein d’un nouveau lieu présenté comme un sanctuaire mais largement décrié par les défenseurs des droits des animaux.

La décision a été justifiée par le directeur du parc du Loir-et-Cher, Rodolphe Delord, par le coût du chantier, désormais estimé à 45 millions d’euros, contre 25 à 30 millions initialement. Les recours juridiques engagés contre le projet ont aussi pesé dans la balance. « Les incertitudes juridiques et financières qui pèsent aujourd’hui sur le projet ne nous permettent pas de le mener dans des conditions acceptables », explique le dirigeant, qui évoque également « le refus du gouvernement qu’une partie du financement puisse bénéficier d’une garantie de l’État ».

Une dizaine d’ONG opposées

Il y a un an, le projet décrit comme « hors norme » et imaginé « à la demande du gouvernement et de certaines associations », était présenté comme une solution viable pour les dauphins du Marineland d’Antibes. Leur sort est en suspens depuis la fermeture du parc en janvier 2025. « Nous avions prévu d’accueillir environ 25 dauphins », dont au moins huit des 12 cétacés du Marineland d’Antibes et « 11 de Planète Sauvage », parc animalier situé près de Nantes, rappelle Rodolphe Delord.

Dès l’officialisation du projet, une dizaine d’ONG, dont C’est Assez! et One Voice, s’y étaient opposées. Elles ont été jusqu’à déposer plusieurs recours en justice et organiser des rassemblements, dont le dernier en date le 1er août avait réuni une quarantaine de personnes. Ces associations dénonçaient notamment la reproduction des cétacés en captivité et la poursuite des transferts, qu’elles estiment contraires aux dispositions de la loi de 2021 sur le bien-être animal.

« À ce jour, Beauval était le seul projet permettant de les accueillir en France »

D’autres, à l’instar de Sea Shepherd, ont dit adopter une « approche pragmatique » en soutenant l’idée de Beauval, faute d’autre solution pour ces dauphins. « Beaucoup de ces dauphins, âgés, n’étaient pas en capacité de se reproduire et la contraception nuit à la vie sociale d’une famille », s’est défendu Rodolphe Delord. « Certaines associations présenteront sans doute l’abandon de ce projet comme une victoire », ajoute-t-il. Mais « ceux qui se sont opposés portent désormais une responsabilité morale » et devront proposer une solution « qui soit au moins aussi bonne pour les animaux ».

« À ce jour, Beauval était le seul projet permettant de les accueillir en France », insiste Rodolphe Delord. One Voice, qui combattait le projet, a salué une « décision de raison ». « Ouvrir un troisième delphinarium en France en 2026 était un anachronisme, à contre-courant de ce qui se passe partout dans le monde », écrit l’association. Elle demande au gouvernement de « travailler enfin aux solutions de sanctuaire » et maintient une action prévue le 5 septembre à Antibes.

Un échec pour le gouvernement

« Ce projet respectait l’ensemble des standards scientifiques et de bien-être animal les plus exigeants. Il portait l’ambition d’apporter une réponse française, pérenne et responsable, à la situation des cétacés », a réagi de son côté le cabinet du ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, qui regrette son abandon.

Huit des 12 dauphins du Marineland d’Antibes, fermé en janvier 2025, ont été transférés en Espagne en juillet, dans un parc à Benalmádena, près de Malaga, dans le sud de l’Espagne. Une situation décrite comme provisoire, devant l’état critique des bassins de l’ancien parc des Alpes-Maritimes, avant leur retour en France.

Sans Beauval, ils pourraient finalement être envoyés en Asie, dans « des hôtels ou des parcs d’attractions », d’après Rodolphe Delord. Quant aux deux emblématiques orques du Marineland, qui n’étaient pas inclus dans le projet imaginé à Beauval, ils pourraient rejoindre Tenerife, aux îles Canaries. Mais leur situation reste, elle aussi, en suspens.

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