Parcs de loisirs : que deviennent les cétacés du Marineland ?
Dans une lettre ouverte, Marineland exhorte les pouvoirs publics à œuvrer pour le transfert des derniers cétacés qu’il héberge.
Marineland a fermé ses portes en janvier dernier, entraînant le départ des quelques 4 000 animaux hébergés à l’époque par le parc. Mais deux orques et douze dauphins vivent encore dans les bassins de Marineland. Évoquant une « situation d’urgence », le parc marin demande au gouvernement français de convaincre les autorités espagnoles, qui s’y étaient refusées, d’accepter le transfert de ses deux orques à Loro Parque (Tenerife).
« Nous sommes convaincus que les autorités scientifiques espagnoles, face aux risques vitaux encourus par les animaux à Marineland, accepteraient de les accueillir au titre d’un cas d’urgence. Il suffirait que la France explique cette urgence à l’Espagne », estime le parc. Selon lui, « la situation est critique non seulement pour la sécurité et le bien-être des animaux, mais aussi pour les soignants (…) exposés à d’importants risques psychosociaux ».
« La sécurité des animaux n’est plus garantie »
« La situation d’urgence dans laquelle se trouvent les orques de Marineland est factuelle, prouvée et incontestable. Le gouvernement français en a été alerté sur la base de multiples preuves tangibles. Le parc est désormais fermé, et ses bassins, vétustes, présentent des fissures et des fractures qui se sont aggravées de manière exponentielle dans une zone à risque sismique », écrivent les responsables du parc, propriété de la multinationale espagnole Parques Reunidos.
Ils relèvent que « la sécurité des animaux n’est plus garantie. Les installations nécessitent une rénovation complète, un chantier totalement incompatible avec le maintien des cétacés sur place ». De la même façon, Marineland alerte sur le sort de ses douze dauphins, expliquant que pour huit d’entre eux, l’Espagne a donné en septembre son accord pour un transfert vers le parc Selwo, à Malaga.
« L’urgence est avérée »
Mais, selon le parc français, les autorités françaises n’ont toujours pas statué sur cette demande. Alors que « l’urgence est avérée et que les dauphins pourraient être déplacés dès réception de l’autorisation ». Pour les quatre dauphins restants, une demande de transfert a été faite pour l’Oceanografic de Valence en Espagne. Mais le parc ignore « si le dossier a seulement été transmis par la France à l’autorité scientifique espagnole pour évaluation ».
Le dossier des cétacés de Marineland, qui prend son origine dans la loi du 30 novembre 2021 interdisant, à compter de décembre 2026, les spectacles avec cétacés, principale raison de la fermeture du parc avec la baisse d’affluence qu’il a connue, était suivi jusqu’à présent par Agnès Pannier-Runacher, remplacée le 12 octobre au poste de ministre de la Transition écologique par Monique Barbut, ancienne présidente du WWF France.
Au-delà de cette loi de 2021, le public s’est progressivement désintéressé de la proposition offerte par Marineland. En une dizaine d’années, sa fréquentation est passé de 1,2 million de visiteurs annuels, à 425 000. La fermeture du parc n’a toutefois pas entraîné la cessation totale des activités de loisirs sur la zone. Ainsi, les parcs voisins, Aquasplash et Adventure Golf, ont ouvert leurs portes comme prévu en 2025. Le Marineland Hôtel, qui abrite 95 chambres et suites, est devenu So.Blue Hôtel***.