Voyage Paris-Berlin : train de nuit ou avion ? On a testé les deux
Au départ de Paris vers Berlin, les voyageurs ont deux options bien différentes de transport en commun, le train ou l’avion. Deux scénarios que nous avons testés, pour les comparer sur différents critères. Embarquement immédiat.
La convention des Entreprises du Voyage Centre-Ouest à Berlin m’a donné l’opportunité de tester le train de nuit à l’aller puis de prendre l’avion au retour. Malgré l’arrêt prochain de la ligne ferroviaire qu’ont annoncé la compagnie autrichienne ÖBB et SNCF Voyageurs, faute de subventions, j’ai décidé de maintenir mon comparatif des prestations. Histoire de montrer que, côté voyageurs, le train représente une option intéressante à certains égards.
Paris-Berlin : le train arrive en centre-ville
Le train de nuit démarre de la gare de l’Est à Paris à 19h12, pour un itinéraire long (environ 12h avec six arrêts). Mais avec un double avantage : l’arrivée en centre-ville, et matinale pour démarrer une journée complète sur place.
Nous avons testé le niveau de confort intermédiaire, dans une voiture couchette réservée aux femmes, avec six lits sur trois niveaux. Je serai perchée tout là-haut. Le lit banquette molletonné est étroit mais de confort tout à fait honorable. Oreiller, plaid et drap sont fournis. Assez naturellement, tout le monde éteint la lumière avant 22h pour la nuit. Avant l’arrivée à Berlin à 8h26, un petit-déjeuner est servi. L’arrivée en centre-ville constitue un atout majeur, l’hôtel n’est qu’à 15mn en transport en commun.
Avion : une demi-journée de porte à porte
En avion, l’expérience est radicalement différente. Nous avons quitté l’hôtel Park Inn de Berlin, proche de l’iconique tour de télévision, à 11h30. Le transfert jusqu’à l’aéroport durera une heure, en raison des embouteillages, fréquents à Berlin. Le vol Transavia décollera à 15h, pour une arrivée à Paris-Orly vers 17h.
Particulièrement efficace pour un voyageur d’affaires, le retour en avion demande ainsi une demi-journée en avion de l’hôtel à l’aéroport de destination, contre une nuit en train de la gare de l’Est à l’hôtel. L’option ferroviaire est nettement plus longue. Mais le trajet nocturne permet d’optimiser la journée d’arrivée (et aussi de faire l’économie potentielle d’une nuit d’hôtel).

Le match des prix
Côté prix, vous n’aurez pas d’informations sur SNCF Connect, qui curieusement ne vend que son train de jour…
Sur le site web de Nightjet, l’aller simple en train de nuit nous aura coûté 84,90 euros, en voiture couchette (sans douche). Il faut souvent quelques dizaines d’euros supplémentaires en voiture lit (cabine privée avec douche). L’option du siège incliné, la plus économique, n’est franchement pas conseillée.
Le billet d’avion, recherché au même moment, s’affichait à 93 euros l’aller simple en tarif smart sur Transavia (avec un bagage cabine).
A noter : de nouvelles recherches effectuées hier montraient des prix ferroviaires nettement plus élevés. Dans la mesure où les trains nocturnes s’arrêteront dans quelques semaines, le yield crée une inflation sur une offre de sièges désormais très limitée.
Au niveau de l’empreinte carbone, le train imbattable
Sauf à choisir le vélo… le train de nuit représente une empreinte carbone imbattable bien entendu. Selon le comparateur de l’Ademe, la liaison Paris-Berlin serait à 3,2kgCO2 s’il s’agissait d’une ligne TGV, et à 9,8kgCO2 si elle était un Intercités, contre 197kgCO2 pour l’avion.
Après l’arrêt du train de nuit subsistera un TGV Paris-Berlin, avec un départ à 9h55 et une arrivée à Berlin Hauptbahnhof à 18h03. On voit défiler le paysage, ce qui est plaisant, mais on perd une journée (de travail ou de découverte).
Pour toutes ces raisons, sans minimiser les avantages de l’avion – notamment sa rapidité -, dommage que le train de nuit disparaisse à destination de Berlin le 14 décembre. Nous ne sommes pas les seuls à le penser. La pétition « Sauvons les trains de nuit Paris – Berlin et Paris – Vienne ! » a déjà recueilli 80 000 signatures.
