Paris-Tirana : l’expérience train VS avion
En train, le voyage commence sur les rails. Pour cette échappée belle vers l’Albanie, le regard chevauche les lacs et les montagnes suisses. Puis les villages et la campagne en Italie. Surtout, mon itinéraire incluait une journée complète à Bari, dans la région des Pouilles, en Italie du Sud.
Depuis la gare près de laquelle une consigne bagages m’a libérée de ma valise, j’ai pris un bus vers le magnifique village d’Alberobello (1h10 par trajet, 10 euros l’AR). Un village peuplé de trullos, ces habitations de pierre sèche dont la construction dispense de mortier. La technique est héritée de la préhistoire. Les habitations sont coiffées de toits pyramidaux, à croquer.
J’ai passé une demi-journée sur place, et j'ai même eu le temps de monter et d’envoyer la Newsletter de L’Echo touristique en déjeunant dans un sympathique bistro (Principotto)... Au retour, il me restait trois heures pour voir le « vieux » Bari et ses ruelles médiévales - trop court -. Avant de rejoindre le port pour prendre le ferry, pour un départ à 22 heures.
Testé pour le voyage retour depuis Tirana, l'avion représente un moyen de transport rapide et efficace. Des vols directs relient la France à la capitale albanaise (Transavia, Wizzair, Ryanair). Et justement, quid du temps de transport ? On vous dit tout, dans le détail, à la page suivante.
Notre cabine avec 4 lits couchettes à bord du train Intercity de Trenitalia. Confortable, même si la douche. © Linda Lainé
Le magnifique village d’Alberobello © Linda Lainé
Le temps et l’empreinte carbone
Entre le rail et les airs, c’est le jour et la nuit ! En train, comptez 48 heures chrono, en quatre étapes, en quittant Paris à 8h du matin. Après Genève et Milan en train de jour, cap sur Bari en train de nuit, puis Durrës en ferry de nuit. A noter : pas de douche à bord du train de nuit (en classe Comfort), mais un espace lavabo permet de faire une toilette de chat. En revanche, les cabines à bord du ferry de nuit comprennent une salle de bains complète avec douche.
Pour des personnes pressées, l’avion gagne le match haut la main. De Paris, le vol dure 2h15, et le passage à l’aéroport de Tirana est rapide grâce à un contrôle des bagages moderne qui dispense de vider son bagage cabine. Transavia exploite ainsi des liaisons directes d'Orly et, en juillet-août 2025, de Lyon.
Bien sûr, ces temps n’incluent pas les trajets jusqu’à la gare ou l’aéroport. Et surtout, les expériences sont tellement différentes.
En termes d’empreinte carbone, le train pèse environ 60kg (estimation), l’avion 350kg. Et côté prix ? C’est ce que nous allons maintenant comparer et décortiquer.
L'aéroport de Tirana a installé un système efficace de contrôle des bagages (Rapiscan Systems). © Linda Lainé
Le budget
Là aussi, train et avion ne jouent pas dans la même cour. Les billets d’avion peuvent être très compétitifs, notamment du fait de la concurrence. Nous avons trouvé un vol à 88 euros l’aller simple sur Transavia pour un départ au printemps ou pendant l'été 2025. Mais les tarifs dépassent 200 euros à certaines dates.
Avec l’option "train+ferry", la facture monte à 375 euros l’aller simple chez Nomade Aventure, incluant le transfert de Durrës à Tirana. Mais n’oublions pas que ce montant comprend deux nuits (un lit en cabine partagée dans le train, et une couchette en single sur le ferry).
Au regard du temps de trajet, de l’expérience, du prix et de l’empreinte carbone, comment choisir ? Je vous propose la dernière étape de ce comparatif, le bilan. Car en fonction des priorités et des préférences des voyageurs, l’avion peut gagner la bataille, ou pas.
La cabine (double ou single au choix), avec salle de bains complète, à bord du ferry. © Linda Lainé
Le bilan
Pour les voyageurs pressés, l’avion a l’avantage d’être efficace. C’est juste indiscutable, même si le rail présente des vertus.
Pour des voyageurs itinérants, et ceux qui scrutent leur bilan carbone, l’option du train est charmante. À condition de prendre le temps. Si je devais refaire ce voyage, je resterais au moins une nuit à Bari, au moins une autre nuit à Milan, une quinzaine de jours en Albanie. Un pays toujours authentique, qui s'ouvre actuellement au tourisme, avec de grandes ambitions. Mieux vaut le visiter maintenant, avant qu'il n'y ait foule. J’imagine ce voyage en petite tribu (deux couples, quatre amis, une famille avec deux enfants) puisque les cabines de train comptent 4 lits-couchettes. Pratique !
Personnellement, je me rendais à la convention des Entreprises du Voyage Centre Est, avec une petite angoisse : rater une correspondance de train, à cause d’une grève, de feuilles qui tombent sur les voies, d’un accident voyageur. Mais ces aléas n’arrivent jamais (LOL). En tout cas, par sécurité, je suis passée par une agence qui développe la vente de voyages en train. Un choix motivé pour m’appuyer sur son expertise, son aide en cas de correspondance manquée, et par confort (puisqu’il est impossible de trouver une plateforme permettant de tout réserver). N'oublions que mon itinéraire prévoyait des billets sur les chemins de fer suisses (CFF), italiens (Trenitalia) puis sur une compagnie de ferries. Pour ce type de voyage, je crois fortement à la valeur ajoutée d’une agence de voyages connaisseuse des voyages en train.
Dans la région du village médiéval de Kruja © Linda Lainé